Éco-Business

Auto Hall. Eddouhbani : “Notre groupe a réussi à limiter l’impact négatif de l’approvisionnement”

Jamal Eddouhbani.
Directeur général du Groupe Auto Hall

À quelles contraintes du marché le groupe est-il confronté ?
Il faut savoir que les tarifs du fret ont accusé une très importante hausse à l’échelle mondiale : ils ont été multipliés par deux voire trois, surtout en provenance d’Asie. Nous supportons donc des charges supplémentaires sur ce volet. Nous espérons que la tendance reviendra très bientôt à des coûts moins importants. D’ailleurs, pour l’instant, nous n’avons pas répercuté la hausse des coûts sur les prix des véhicules, car nous espérons que cette période ne sera que transitoire. Nous essayerons d’ailleurs de ne pas le faire.


Nous sommes aussi confrontés à une autre contrainte, suite au déclenchement de la pandémie dans le monde : il y a eu une pénurie en termes d’approvisionnement des puces électroniques et semi-conducteurs. L’industrie automobile souffre aujourd’hui de l’indisponibilité de ces composants car plusieurs usines ont fermé leurs portes à cause de la pandémie. Toutefois, nous nous efforçons de mettre à la disposition de nos clients le matériel dont ils ont besoin.

Sur l’ensemble des marques du Groupe Auto Hall, lesquelles sont le plus impactées par ces problèmes d’approvisionnement ?
C’est une problématique générale dont pâtissent tous les opérateurs du secteur. Aujourd’hui, pratiquement toutes nos marques sont impactées par les problèmes d’approvisionnement. Nous arrivons tout de même à gérer la situation actuelle sans impacter les volumes. Notre groupe a réussi à limiter l’impact négatif de l’approvisionnement. D’ailleurs, l’avantage d’Auto Hall est qu’il investit dans les stocks. Nous sécurisons plus de 1 MMDH de stocks en véhicules, ce qui nous permet de couvrir les besoins de nos clients.

Où en êtes-vous dans le déploiement des véhicules électriques ?
Il faut savoir que le marché marocain est composé à environ 92% de véhicules diesel, même l’hybride n’a pas encore trouvé sa place sur le marché. Dans ce contexte, nous essayons d’abord de cerner les besoins du marché, pour pouvoir y répondre en toute efficacité. En effet, il y aura forcément une migration du diesel vers l’hybride dans un premier temps, puis vers l’électrique à terme. L’an dernier, nous avons d’ailleurs entamé une expérience pilote à travers le lancement du Ford Explorer sur le marché marocain, un grand SUV à 7 places proposé dans une seule finition très haut de gamme.

Nous comptons par ailleurs, d’ici la fin de l’année, introduire d’abord les véhicules hybrides et ensuite ceux électriques. Je précise par ailleurs que parmi les freins au développement de ce segment, il y a le manque d’incitations étatiques, à travers la mise en place de mesures structurelles et fiscales pour encourager le développement de ce segment. Ceci, sans oublier le manque d’infrastructures permettant l’utilisation des véhicules électriques, notamment les bornes de recharge.

Qu’en est-il de l’élargissement de votre portefeuille de marques ? Y aura-t-il une nouvelle marque dans le groupe, après Opel ?
Comme vous le savez, la réussite d’un groupe comme le nôtre est tributaire de la qualité des cartes et des marques qu’il commercialise. Il y a un mouvement perpétuel de recherche de nouvelles cartes. Il faut tout de même préciser que ceci se fait au moyen de démarches assez délicates et complexes, nécessitant du temps. De plus, c’est une relation qui se construit sur le long terme avec les constructeurs automobiles. Aujourd’hui, nous sommes toujours actifs et nous travaillons dans l’objectif d’apporter une valeur ajoutée à nos clients finaux.

La crise liée à la Covid-19 est-elle derrière vous ?
Au niveau de la commercialisation des véhicules neufs, nous pouvons espérer que la tendance actuelle se poursuive ; à ce moment-là, nous pourrons dire que la crise est derrière nous. Ceci, sous réserve que la problématique des semi-conducteurs soit résolue et que les coûts du fret régressent pour que nous puissions garder les mêmes prix de vente de nos véhicules et, ainsi, ne pas impacter le client final. Nous sommes toutefois optimistes car le marché évolue de façon intéressante et encourageante. Il faut aussi savoir que les opérateurs sont lésés par l’absence de salons, chose qui ampute les opérateurs automobiles d’une importante part de leurs chiffres annuels. 

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco

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