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APEBI-AMRC : le dossier de l’offshoring proche du dénouement

Lors de la réunion tenue récemment avec la CGEM, l’APEBI aurait déclaré ne pas s’opposer à la transformation de l’AMRC en fédération. Sa seule exigence, c’est que cette dernière n’utilise pas le terme «offshoring» dans sa future appellation.

Le dossier portant sur l’intégration de l’offshoring comme fédération professionnelle à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) serait tout proche du dénouement. C’est ce que l’on pourrait croire sur la base des propos d’un membre de l’APEBI (Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring), à l’issue de la réunion tenue récemment entre cette fédération et le bureau du patronat. Selon cette source très impliquée dans le dossier, mais qui a requis l’anonymat, «via la CGEM, notre fédération a soumis une proposition très équitable aux membres de l’Association marocaine de la relation client (AMRC) qui souhaitent partir de l’APEBI». Lors de la réunion tenue début octobre avec la CGEM, l’APEBI a déclaré ne pas s’opposer à la transformation de l’AMRC en fédération. «Notre seule réserve, c’est que cette dernière n’utilise pas le terme offshoring dans sa future appellation».


Autre terme que l’offshoring…
Autrement dit, l’APEBI rejette catégoriquement la proposition mise sur la table par l’AMRC de devenir la Fédération marocaine de l’offshoring (FMO). Pas question, disent ses membres, parce que cela risque de prêter fortement à confusion au Maroc, l’un des rares pays au monde à utiliser le terme d’offshoring. En tout cas, la proposition est actuellement à l’étude au sein de la CGEM et les «scissionnistes» de l’AMRC. Pour Youssef Chraïbi, le président d’Outsourcia, «nous n’avons pas besoin de l’approbation de l’APEBI pour constituer notre fédération. La CGEM a décidé, lors de son dernier conseil d’administration, que notre secteur méritait d’exister indépendamment, étant donné qu’il ne se limite pas seulement aux métiers des technologies de l’information représentés par l’APEBI». En effet, défend-il, 75% des revenus et 85% des emplois de notre secteur ne sont pas représentés par l’APEBI. Et Chraïbi d’expliquer qu’«il s’agit d’une décision dictée uniquement par du bon sens visant à développer un secteur vital pour notre pays. Pour ne parler que du secteur des centres d’appels, qui représente de loin le premier segment de l’outsourcing au Maroc, il a toujours été représenté par l’AMRC, qui n’a jamais fait partie de l’APEBI et qui n’aurait jamais eu vocation à l’être, pour la simple raison qu’il ne s’agit absolument pas du même métier».

Ce sera outsourcing !
Enfin, concluant sur le terme offshoring, Chraïbi déclare que lui et ses collègues s’orienteraient plutôt vers le terme d’outsourcing. FMO signifierait donc Fédération marocaine de l’outsourcing. Une appellation que Chraïbi explique d’abord par le fait que «le terme d’offshoring n’a de sens qu’au Maroc. Partout, ailleurs, dans le monde, notre secteur est défini par le terme d’outsourcing – ou d’externalisation des métiers de services -, que nous avons naturellement décidé de retenir pour désigner notre fédération. La filière de l’externalisation offre un énorme potentiel de développement. Nous avons décidé d’insérer durablement le Maroc dans la carte mondiale de ce secteur, qui n’était, à ce jour, représenté par aucune fédération. Nous avons ainsi développé les métiers porteurs du CRM, du BPO, du KPO qui méritent de se structurer autour d’une fédération dédiée». Réagissant à la situation, un expert de l’offshoring, membre de l’APEBI qui a également requis l’anonymat, déclare «regretter cette scission qui n’a pas de raison d’être». Selon lui, «les professionnels du secteur de l’outsourcing peuvent tout faire à partir de l’APEBI. Avec la création de cette future fédération, nous allons être deux entités à poser les mêmes problématiques à résoudre aux autorités. Cela amoindrit notre crédibilité». 

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco


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