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Agadir/Dessalement : l’espagnol Abengao accomplit avec succès les tests contractuels

L’étape des tests contractuels marque le début de la formalisation des documents préalablement à la déclaration de l’exploitation commerciale de l’usine. À noter que cette dernière produit déjà, depuis le début de l’année, de l’eau dessalée.

Réceptionnée sur le plan industriel en septembre 2021, l’unité mutualisée de dessalement d’eau de mer, destinée à l’approvisionnement du Grand Agadir en eau potable et à l’irrigation de la plaine de Chtouka a accompli l’ensemble des tests contractuels. Cette station est le fruit d’un Partenariat public-privé (PPP) entre le ministère de l’Agriculture, l’ONEE et deux filiales du groupe espagnol Abengao, à savoir Aman el baraka et la Société d’eau dessalée d’Agadir (SEDA).


Elle offre une capacité initiale de 275.000 m3/jour, à raison d’un débit de 125.000 m3/jour pour les besoins en eau d’irrigation et de 150.000 m3/jour pour l’eau potable. Pour rappel, l’entreprise espagnole développe des solutions technologiques en matière de développement durable en faveur des secteurs des infrastructures, de l’énergie et de l’eau. Selon ses représentants, «cette étape marque le début de la formalisation des documents qui conduisent à la déclaration de l’exploitation commerciale de l’usine.

D’ailleurs, celle-ci produit déjà de l’eau dessalée, répondant à tous les standards de qualité et atténuant les effets du stress hydrique dont souffre la plaine du Souss-Massa», depuis le début de l’année. Les installations de l’usine permettront à terme de produire 400.000 m3/jour d’eau dessalée, partagée équitablement entre eau potable et eau d’irrigation. Ce projet, réalisé dans le contexte de la pandémie, a coûté globalement 4,48 MMDH, soit 2,35 MMDH pour l’irrigation et 2,05 MMDH pour l’eau potable.

Le contrat de PPP pour la conception, la construction, le financement, l’exploitation et la maintenance, qui porte sur une durée de 30 ans (construction incluse), a été attribué à Abengoa en 2017. Son bouclage financier avait été conçu en juin 2019, conformément aux contrats de concessions et de délégation, selon le modèle «DBOT» (Design, Build, Operate, Transfer).

L’exploitation assurée par deux filiales d’Abengao
Selon Abengao, l’usine de dessalement d’Agadir est un projet de référence dans le monde, conçu pour l’utilisation combinée de l’eau potable et d’irrigation, avec utilisation de la technologie de l’osmose inverse. Le chantier englobe aussi la construction d’un réseau d’irrigation sur une superficie de 15.000 ha. Il s’agit d’un projet unique en son genre qui a été récompensé par l’Association internationale de dessalement avec le prix du «meilleur Partenariat public-privé» (PPP).

Concrètement, la mission d’exploitation est assurée conjointement par deux sociétés distinctes d’Abengao. Il s’agit d’Aman el baraka, concessionnaire d’eau d’irrigation avec laquelle deux accords ont été conclus. Le premier consiste en un contrat de concession entre cette société et le ministère de l’Agriculture et le second la lie à l’ORMVA Souss-Massa via une convention de gestion déléguée.

Pour le projet d’Alimentation en eau potable (AEP) du Grand Agadir, la convention de gestion déléguée d’eau potable et le cahier des charges ont été conclus entre l’ONEE et son concessionnaire privé, la Société d’eau dessalée d’Agadir (SEDA), également filiale d’Abengao. Pour rappel, les deux partenaires avaient initialement envisagé de réaliser une unité de dessalement d’eau de mer au nord d’Agadir (à proximité du Cap Ghir).

Dans le détail, pour l’AEP d’Agadir, c’est l’ONEE qui est l’acheteur de l’eau dessalée qui sera livrée à la RAMSA (Régie autonome multiservices d’Agadir) alors que dans le cas de l’eau d’irrigation, ce sont les agriculteurs, essentiellement les producteurs exportateurs de primeurs de Chtouka qui sont les acheteurs, à travers des contrats d’abonnement à la fourniture d’eau dessalée.

Non-réalisation du projet : une perte de 9 MMDH
Sur le plan économique, l’usine de dessalement d’Agadir est un projet vital pour sauvegarder les investissements agricoles dans la région. Sa non-réalisation a représenté une perte de 9 MMDH de valeur ajoutée pour le secteur des fruits et légumes, de 3 MMDH d’investissement et d’1 million d’emplois journaliers réguliers.

L’objectif recherché, à travers le recours au dessalement d’eau de mer, est également d’accompagner le développement socio-économique des populations par le renforcement et la sécurisation de l’alimentation en eau potable du Grand Agadir et des localités voisines, au profit d’une population d’environ 1,6 million d’habitants. Il est question aussi d’assurer le développement des activités économiques telles que le tourisme, l’industrie et la conservation de la nappe phréatique de la zone qui a fait l’objet de surexploitation.

Sur ce dernier point, la plaine de Ctouka a été couverte par le décret de sauvegarde de la nappe qui a instauré un régime de limitation quantitative des prélèvements sur la nappe conformément aux dispositions de la loi n° 36-15 sur l’eau. Selon la société espagnole, la conception du projet a pris en compte l’efficacité énergétique du procédé.

Pour réduire le coût, il a été procédé aussi au couplage entre les énergies renouvelables et le dessalement d’eau mer. D’importants travaux de collecte et de rejets des effluents ont été entrepris avec l’implémentation d’un prétraitement par ultrafiltration qui s’adapte aux conditions variables de l’eau brute avec l’installation d’une turbine pour le captage de l’énergie.

Par ailleurs, Abengoa a dévoilé que les travaux de mise en service ont nécessité plus de 2,4 millions d’heures de travail. Ils ont été réalisés sans accident entraînant un arrêt de travail, atteignant les niveaux de prévention des risques professionnels les plus élevés, et respectant les objectifs de santé et de sécurité en vigueur.

Selon l’entreprise espagnole, qui dispose actuellement de cinq usines en construction et d’une capacité totale installée de 2,3 millions de m 3 /jour, une attention particulière a été accordée aux Objectifs de développement durable (ODD), notamment sur le plan de la disponibilité de l’eau et de sa bonne gestion, avec l’adoption de mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques et de préservation de la vie des écosystèmes terrestres. Au total, la capacité de l’entreprise est répartie sur plus de 30 usines de dessalement dans 13 pays.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO


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