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Aéronautique : Elalamy en opération de séduction aux Etats-Unis

Malgré la crise, les perspectives du secteur aéronautique au Maroc sont prometteuses. C’est ce que le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, était parti rappeler à ses partenaires américains, dans le cadre d’une visite de travail durant laquelle il s’est entretenu avec les plus hauts responsables du géant Boeing.

Le secteur aéronautique n’a pas été épargné par la pandémie de la covid-19. La crise a cloué au sol de nombreux appareils, impactant toute la chaîne de valeur industrielle mondiale. Si, pour l’heure il y a un semblant de reprise qui commence à se faire sentir, la cadence des vols reste encore faible face à un gros mur d’incertitudes. Toutefois, les constructeurs et leurs partenaires sont loin de baisser les bras. C’est le cas de l’américain Boeing, allié stratégique du Maroc, lequel a annoncé, fin juillet, son premier bénéfice trimestriel. Une convalescence dopée par une augmentation des livraisons d’avions de ligne commerciaux alors que les compagnies aériennes commençaient à peine à se remettre d’une crise pandémique et d’une augmentation des ventes dans les autres divisions de la société.


Le CNBC rapporte que le constructeur d’avions a enregistré six trimestres consécutifs de pertes, passant à un bénéfice de 567 M USD pour le deuxième trimestre, contre une perte nette de 2,96 MM USD au cours du même trimestre de l’année écoulée, alors que les voyages en avion plongeaient en début de pandémie. Les revenus ont augmenté de 44%, à près de 17MM USD contre 11,8 MM USD, un an plus tôt, dépassant les estimations des analystes de 16,54 milliards. «Bien que nous ayons encore du chemin à parcourir avant un rebond complet, il est encourageant de voir le marché commercial s’améliorer, grâce à la distribution continue de vaccins et à l’augmentation de la demande de voyages, en particulier sur les marchés intérieurs», a déclaré récemment le PDG Dave Calhoun dans une note de service.

«À l’avenir, nous surveillerons de près les taux de vaccination, la distribution de vaccins, les protocoles de voyage et le commerce mondial, en tant qu’indicateurs clés de la reprise », a-t-il ajouté. Boeing a annoncé, l’année dernière, qu’il supprimerait 130.000 emplois d’ici fin 2021, mais Calhoun a déclaré, mercredi, que l’effectif actuel d’environ 140.000 personnes ne serait probablement pas impacté, en raison de l’amélioration de la demande, a expliqué la même source. C’est dans ce contexte de reprise que le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, s’est rendu, lundi 09 août 2021, aux Etats-Unis. Un déplacement qui s’inscrivait dans le cadre d’une visite de travail visant à promouvoir le potentiel du secteur aéronautique marocain auprès des investisseurs américains.

Dans le détail, cette visite avait pour objectif de faire connaitre les atouts de la plateforme industrielle nationale et, plus particulièrement, l’écosystème Boeing, auprès des fournisseurs de l’avionneur américain dans la perspective de renforcer la supply-chain locale par l’implantation de nouveaux projets d’investissement. Au programme de sa visite de travail, le ministre s’est entretenu avec le Vice-Président Exécutif de la Société Boeing et Président Directeur Général de la filiale Boeing Commercial Airplanes (BCA), Stanley A. DEAL, sur les avancées de l’écosystème et les perspectives de sa propulsion. «Avec le Président et CEO de Boeing Commercial Airplane, Stanley A. Deal, nous nous sommes entretenus à Seattle sur les perspectives de développement de l’écosystème Boeing au Maroc», a posté, mardi, MHA sur sa page Facebook. Le même jour, il informe ses 126.000 abonnés que les opportunités qu’offre la plateforme aéronautique marocaine a fait l’objet de la réunion de travail tenue le 10 août, à Seattle, avec le directeur développement des fournisseurs à l’international du Groupe Collins, Robert Hupfer. Accompagné de représentants du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) et de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), le membre du gouvernement a tenu également, durant ce roadshow, une série de rencontres B2B avec des responsables de haut niveau représentant, notamment, des fournisseurs de Boeing dans les deux pôles aéronautiques américains de Seattle et Wichita. Ces dernières années, le Maroc a pu édifier une base aéronautique de qualité, diversifiée et compétitive, se vante la tutelle sur son site, avant d’ajouter que le secteur connait un essor considérable et un dynamisme qui n’est plus à démontrer. Le département de MHA met en avant les métiers nouveaux, et à forte valeur ajoutée, qui se sont développés au Maroc, lesquels couvrent des filières variées, dont le câblage, la mécanique, la chaudronnerie, le composite et l’assemblage mécanique. Des majors mondiaux, à l’exemple de Boeing, Safran, Hexcel, Eaton, Alcoa ou encore Stelia, ont opté pour la destination Maroc. Des acteurs de référence, tels que Mécachrome, Le Piston Français, LISI, Daher… ont aussi fait le choix du royaume. Ces implantations sont la parfaite illustration de l’émergence d’un secteur qui ne fait que gagner en performance et en compétitivité. En 2019, le secteur comptait 142 entreprises. Celles-ci ont créé un grand nombre d’emplois directs, et réalisé 15.6 MM DH de chiffre d’affaire en 2019. Il faut noter que le Maroc n’a pas lésiné sur les moyens pour attirer les géants mondiaux de l’aéronautiques, en mettant en place un dispositif d’accompagnement intégré et novateur au profit des entreprises des écosystèmes aéronautiques, lequel comprend un soutien financier adapté, à savoir des subventions aux «locomotives», des primes aux premiers investissements dans les métiers pionniers définis par écosystème, un appui financier aux investissements de création ainsi qu’un soutien financier aux investissements d’extension. A cela s’ajoute une offre de formation destinée à qualifier des profils cibles, avec l’octroi d’aides directes pouvant atteindre 6.000 euros/personne ainsi qu’une offre de foncier locatif à des prix attractifs. Le Maroc a aussi mis en place des incitations fiscales portant sur l’exonération du droit d’importation et de la TVA pour les biens d’équipement, matériels et outillages, nécessaires à la réalisation d’un projet d’investissement dont le montant est supérieur à 200 M DH, et ce pendant les 36 mois suivant la signature de la convention d’investissement. 

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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