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Chiffre des ventes / Octobre : le business au ralenti avant le sprint final !

Un mois à l’image de l’exercice en cours. Terne ! Les statistiques de ventes globales relatives au mois d’octobre, publiées récemment par l’AIVAM, font état d’un repli de 2,22% versus octobre 2022, à 12.805 unités écoulées, contre 13.096 ventes un an plus tôt. À mettre en perspective avec le retard de 2,83% que le marché accuse à fin octobre. Un gap qui semble difficile à combler d’ici la fin de l’année, à moins d’un coup de collier décisif lors des deux prochains mois, avec des campagnes de promos de fin d’année musclées.

Depuis le début de l’année, après 10 des 12 tours de piste, le sigma des marques a écoulé 130.214 véhicules. Le delta par rapport aux temps de passage enregistrés à fin octobre 2022 est d’un peu moins de 3.800 véhicules. Cela représente une contraction de 2,83%. Il faudrait réaliser deux derniers tours dignes d’un Verstappen, envoyer l’aiguille du compte-tours s’écraser violemment contre la zone rouge et grimper rageusement sur les vibreurs pour finir l’année dans le vert. Qui sait ? Novembre et décembre ont souvent été des mois décisifs, les marques participant en nombre au bal de promos de fin d’année pour soigner leurs stats. Ne tirons pas de plans sur la comète, d’autant que l’heure n’est pas à l’optimisme béat.

En octobre dernier, le marché a reculé de 2,22% en glissement annuel  (12 .805 ventes, soit 291 transactions de moins qu’en octobre 2022). Une septième contre-performance annuelle ; la troisième de rang. La tendance est baissière, mais c’eût été un miracle qu’il en fût autrement. Le contexte est clairement défavorable. Le pouvoir d’achat se réduit comme peau de chagrin et les prix des véhicules ne cessent de grimper… Nous sommes partis prendre la température du marché du neuf auprès de patrons du secteur. «L’année dernière, les ventes ont subi une forte baisse par manque de stocks.

Début 2024, on voyait qu’il y avait un momentum favorable, on commençait à espérer, mais il y a eu, ensuite, un ralentissement des ventes, accentué par le séisme. Cette année, il y a les stocks, pourtant. Mais il faut composer avec une nouvelle variable : les augmentations de prix», nous a confié l’un d’entre eux. «Je pense qu’il y a un peu d’attentisme sur le marché par rapport aux offres de fin d’année, qui sont en train de sortir, d’ailleurs. Je ne vois pas un meilleur marché que l’année dernière. Dans le meilleur des cas, il atterrira à peu près au même niveau. Il faut dire qu’on est en transition en termes d’offres. Ça crée peut-être un peu de confusion et de l’attentisme, là encore, dans la tête des consommateurs», relève un autre importateur. Cela n’a pas dû vous échapper : ces derniers mois, les line-up des marques présentes sur le marché marocain, ont subi de profonds bouleversements. Les lancements de modèles électrifiés, hybrides et surtout 100% électriques, s’enchaînent.

Les BEV ont pris le pouvoir au sein des showrooms automobiles ayant pignon sur rue au Maroc, suivis de près par le clan des PHEV, HEV et MHEV ! La prochaine étape ? Les FCEV, probablement, l’hydrogène, les véhicules équipés de piles à combustible, la sportive autonome qui drifte toute seule, comme une grande, sur le Nürburgring, les taxi-drones… En attendant, cela dit, l’électromobilité ne fait pas recette au Maroc. Pas encore. L’offre est là, parce que les constructeurs ont des échéances proches à respecter, notamment sur le marché européen, mais la demande peine à suivre de ce côté-ci de la Méditerranée. Allez convaincre un client biberonné au Diesel de sauter le pas, d’être un pionnier de la transition énergétique sous nos latitudes. Seul moyen, lui taper dans le portefeuille ! Le litre de mazout à 20 DH et plus. On y arrive. Ajoutez à cela des pincées d’incitations étatiques pour rouler écolo et saupoudrez le tout d’un réseau robuste de stations de recharge rapide et vous obtenez la recette parfaite pour pousser les automobilistes locaux à adopter enfin le rythme de la marche du temps. Quand on consulte les chiffres de l’AIVAM dans le détail, on constate que c’est le véhicule utilitaire léger (VUL) qui plombe le marché cette année, avec un recul de 16,49% versus la performance réalisée à fin octobre 2022. Le VUL est un baromètre du climat des affaires, a-t-on coutume de dire. En d’autres termes, la “pression atmosphérique” est au plus bas. Avis de mauvais temps. Le véhicule particulier (VP) affiche, pour sa part, un bilan de santé bien moins préoccupant à ce stade de l’année, faisant quasiment du surplace, et enregistrant un différentiel positif de 9 véhicules par rapport aux dix premiers mois de l’année dernière, une hausse rikiki de 0,08 %.

Dacia en méforme
En ce qui concerne le classement des ventes des marques généralistes, Dacia a connu un mois d’octobre difficile (2.472 véhicules vendus, soit -18,92% et une part de marché de 21,9%, très éloignés des standards de la marque avant 2024. L’année en cours est globalement à oublier pour le “king” des ventes sur notre marché. La marque n’est pas près d’abandonner son trône et de mettre fin à son règne de 14 ans. Mais elle a montré des signes d’essoufflement lors du présent exercice (27.416 transactions, contre 32.484 un an plus tôt, ce qui représente une déflation de 15,60% et une PDM de 23,35%). Second du classement, Renault a également souffert le mois dernier (1.874 immatriculations, en repli de 5,11% par rapport à octobre 2022), mais sa performance annuelle demeure positive.

Avec 18.810 ventes réalisées, la marque est en avance de 6,43% par rapport aux temps de passage enregistrés après 10 tours au cours de la saison 2022. Enfin, Peugeot grimpe sur la troisième marche du podium mensuel. Une première, cette année. Les 930 exemplaires écoulés par la force de vente locale de la marque le mois dernier représentent un bond de 37,78% par rapport à l’année dernière au cours de la même période. D’autres marques ont également fait montre d’une santé de fer en octobre. C’est le cas de Volkswagen (+13,3%), cinquième, de son poursuivant Opel (+40%), de Citroën (+13,72%), septième, ou encore de la marque qui lui colle au train, Kia (+34,33%), tandis que Hyundai, habituel pensionnaire du Top 3 depuis le début de l’année et quasiment assuré d’occuper ce rang à l’arrivée, à l’issue de 2023, a échoué au pied du podium en octobre, ses ventes ayant reculé de manière substantielle (-29,43%).

Le premium en force !
Côté premium, Audi n’en finit pas de briller, qui a vu ses ventes bondir de 67,61% en glissement annuel le mois dernier, avec 414 unités vendues et une PDM de 3,67%. Une performance qui place la marque au neuvième rang des marques les plus vendues du marché en octobre, toutes “obédiences” confondues. Un exploit ! La marque aux anneaux a ainsi écoulé davantage d’exemplaires que des marques généralistes comme Toyota et Fiat, le mois dernier. Deuxième du classement premium et douzième du classement mensuel élargi, devant Skoda ou Seat, BMW a écoulé 288 véhicules (+24,14% par rapport à octobre 2022), tandis que Mercedes-Benz, respectivement troisième et quinzième desdits classements, a réalisé 246 transactions (+30,16%). Les autres spécialistes du luxe ont également connu, pour la plupart d’entre eux, un mois d’octobre prolifique. Jeep, quatrième de la “battle” premium en octobre, a écoulé 104 unités (+89,09%), quand Porsche a carrément affolé les compteurs, vendant 69 bolides et affichant une croissance à trois digits (+123%).

Mehdi Labboudi / Les Inspirations ÉCO

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