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Tournée royale en Afrique : Coopération renforcée avec Abidjan et Conakry

Après le Ghana et la Zambie, le souverain a effectué en fin de semaine dernière deux visites officielles en Guinée-Conakry et en Côte d’Ivoire. Au menu figuraient entretiens bilatéraux et signature d’accords de coopération.


Le souverain poursuit sa tournée africaine à un rythme effréné. Après le Ghana et la Zambie, le roi Mohammed VI a visité, en fin de semaine dernière, la Guinée-Conakry et la Côte d’Ivoire. Au menu, figurent des entretiens bilatéraux avec les chefs d’État et la signature d’accords bilatéraux de coopération. La visite en Côte d’Ivoire revêt d’ailleurs une importance particulière étant donné le partenariat stratégique développé avec ce pays. Le souverain a multiplié, ces dernières années, les visites en terre ivoirienne. La dernière remonte au mois de juin 2015. Ces visites ont permis la conclusion d’une soixantaine d’accords de coopération dans des domaines aussi variés que les finances, les TIC, les BTP, les mines, le tourisme, l’agriculture, le commerce, etc. Cette volonté conjointe s’est traduite au fil des années -depuis 2009 plus précisément- par une nette augmentation des échanges commerciaux tant en volume qu’en valeur, marqués par une montée excédentaire à fin 2014 au profit du royaume, avec un solde commercial estimé à 1,10 MMDH. Un tel élan s’est poursuivi tout au long de l’année 2015, permettant au Maroc de se positionner en tant que premier investisseur étranger en Côte d’Ivoire avec 22% du total des investissements agréés. La récente visite du souverain devrait permettre de donner un nouvel élan au partenariat avec Abidjan. À l’heure où nous mettions sous presse, le détail des conventions bilatérales n’avait pas encore été rendu public. Selon le programme annoncé, le souverain devrait notamment inaugurer le centre de formation en médecine d’urgence du centre hospitalier et universitaire CHU de Youpougon et visiter le point de débarquement aménagé pour la pêche artisanale dans le port d’Abidjan. Il lui sera également présenté les plans d’exécution du projet du village de pêche financé par la Fondation Mohammed VI pour le développement durable. Avant la Côte d’Ivoire, le roi Mohammed VI avait effectué une visite tout aussi stratégique en Guinée-Conakry. Il s’agit de la deuxième visite du roi Mohammed VI à Conakry, après 2014. Elle intervient juste après la désignation du chef de l’État guinéen, Alpha Condé, à la présidence tournante de l’Union africaine (UA) et le retour apprécié et triomphal du Maroc au sein de l’organisation continentale après 33 ans d’absence. C’est dire que cette visite d’affaires et d’amitié demeure fortement symbolique et revêt un intérêt diplomatique certain pour le royaume.

La Guinée et le Maroc ont pu signer, à cette occasion, plusieurs accords notamment sur l’assainissement et l’agriculture. Au total, huit conventions de coopération et mémorandums d’entente ont été signés. Il s’agit de la convention relative à la mise à niveau de la ville de Conakry, de la convention pour la mise en place d’un projet d’agrégation de petits agriculteurs guinéens autour de la filière de maïs ou encore de la convention de création d’un système de cadastre. Les accords ont également concerné la réalisation d’un projet d’aménagement hydro-agricole d’une superficie de 200 à 300 hectares et la coopération relative au projet d’assainissement liquide de la ville de Conakry.

La signature de ces accords et conventions a été faite par les ministres guinéens et marocains de l’Économie et des finances, de la Ville et de l’aménagement du territoire, de l’Agriculture et de la Pêche maritime, sans oublier des directeurs et présidents du Groupe de la Banque Centrale Populaire du Maroc, dont l’implication est nécessaire pour la matérialisation desdits accords. Les deux pays ont également signé un accord de fourniture de 100.000 tonnes d’engrais par OCP à la Guinée. L’objectif de ce protocole d’accord est de permettre au groupe OCP et au gouvernement guinéen d’assurer l’approvisionnement de la totalité des besoins d’engrais phosphatés de la République de Guinée, estimés à 100.000 tonnes pour l’année 2017, et de s’engager à fournir une offre promotionnelle à caractère exceptionnel incluant un don de 20.000 tonnes. Il s’inscrit dans le cadre du partenariat Sud-Sud entre les deux pays et vient consolider la collaboration initiée en 2014 entre le groupe OCP et l’État guinéen en faveur de la dynamisation du secteur agricole guinéen, afin d’assurer un meilleur rendement agronomique à travers, notamment, l’élaboration de la Carte de fertilité pour la Guinée et l’organisation de la Caravane agricole Guinée. Concernant le projet d’assainissement liquide de la ville de Conakry, celui-ci constitue un chantier structurant s’inscrivant dans le cadre de la démarche du progrès et du développement global et intégré conduite par la République de Guinée. Il s’agit du fruit d’un partenariat entre l’ONEE et le ministère guinéen de la Ville et de l’aménagement du territoire. Il porte sur la réalisation et la réhabilitation des réseaux sur un linéaire de 36 kilomètres (bassins de Madina et Landréah, construction de deux stations de pompage et d’équipements d’hygiène et mise à niveau de la station d’épuration (STEP) actuelle et/ou réalisation d’une nouvelle STEP avec valorisation énergétique).

Selon des sources officielles guinéennes et marocaines, les deux dirigeants se sont aussi informés sur l’avancement d’infrastructures financées par les Marocains: un complexe de formation professionnelle en bâtiment et travaux publics, hôtellerie et tourisme, d’un coût d’environ 6,5 millions de dollars (plus de 6,15 millions d’euros) et un hôpital dédié à la mère et à l’enfant d’une capacité de plus de 80 lits. Ils ont aussi procédé au lancement de la construction d’une nouvelle mosquée Mohammed VI.


Dynamique maroco-ivoirienne

La coopération entre le Maroc et la Côte d’Ivoire a été particulièrement dynamique ces derniers mois; en témoigne le bilan des relations entre les deux pays durant l’année 2016. L’année a été marquée par l’arrivée de nouveaux investisseurs privés dans certains secteurs jugés névralgiques et dans lesquels le Maroc dispose d’une expérience avérée, en l’occurrence le domaine pharmaceutique avec, à titre d’exemple, l’implantation prochaine d’un groupe pharmaceutique marocain. Dans l’objectif de permettre aux relations économiques bilatérales un réel épanouissement, les deux pays ont procédé, lors de la dernière visite royale en 2015, au lancement du groupe d’impulsion économique maroco-ivoirien, structure dédiée à la promotion du partenariat économique bilatéral. La réunion du groupe a été l’occasion, pour les deux parties, d’exprimer leur détermination à tout mettre en œuvre pour booster leur partenariat économique. Les deux parties avaient convenu de la tenue de deux rencontres annuelles, alternativement au Maroc et en Côte d’Ivoire, dans l’optique de pouvoir évaluer le travail accompli et de relever les imperfections et les difficultés, tout en se penchant ensemble sur les moyens à mettre en œuvre pour apporter les solutions idoines.


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