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Pacte mondial des migrations. Le Maroc peaufine son plan d’action

Le plus grand défi pour la communauté internationale qui se réunira, en décembre à Marrakech,  pour adopter le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières est celui de la mise en œuvre de ce cet accord, premier du genre. Les Etats sont appelés à présenter des engagements clairs. Le Maroc  finalise sa feuille de route.

À la veille de l’adoption du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, la question migratoire est au cœur des débats au Maroc qui tend à contribuer activement à apporter des solutions à ce dossier épineux à caractère transfrontalier. Et c’est dans ce cadre que s’inscrit le séminaire, organisé vendredi, par  l’OCP Policy Center en partenariat avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration autour d’une thématique d’une actualité brûlante : «migration : réconcilier les visions du Nord et du Sud». Le royaume qui porte un intérêt particulier au sujet au cours des dernières années est bien conscient de la nécessité pour les pays du Sud de coordonner leurs actions pour défendre une vision claire en la matière. Il est temps de mutualiser les efforts notamment sur le plan africain pour pouvoir parler d’une même voix avec les blocs internationaux tels que l’Union européenne qui n’a pas encore ratifié la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants. L’adoption du pacte mondial qui est très attendue va-t-elle permettre d’entamer une nouvelle phase dans la gestion des affaires de la migration notamment dans les pays développés ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que le pacte n’est pas contraignant. Le plus grand défi est celui de la mise en œuvre de cet accord. Tout dépend de la volonté des pays d’opérer des changements concrets au niveau des procédures et des législations. Du côté du Maroc, l’on apprend que le gouvernement s’attelle activement sur l’élaboration d’un plan d’action national comportant nombre d’engagements ayant trait à la concrétisation des objectifs du pacte mondial sur les migrations. Le Maroc ne part pas de zéro ; son plan d’action devra comporter des mesures déjà entamées ou mises en œuvre dans le cadre de sa stratégie migratoire, comme le souligne aux Inspirations ÉCO Ahmed Skim, directeur des affaires de la migration au ministère chargé des MRE et des Affaires de la migration.

En principe, tous les pays qui vont ratifier l’accord devront présenter des engagements clairs. De grands espoirs sont nourris dans le plan d’action de l’Union européenne pour l’amélioration de la gouvernance internationale du dossier migratoire. Il faut dire que l’accord est premier dans son genre et couvre toutes les dimensions des migrations internationales d’une manière globale. La réunion de Marrakech est une étape importante en vue d’améliorer la coopération internationale autour d’un dossier qui divise au niveau international et qui nécessite des solutions novatrices et consensuelles pour non seulement garantir des conditions de vie décentes aux migrants partout dans le monde, mais aussi promouvoir le développement résultant des mouvements migratoires. Il s’avère désormais nécessaire de changer l’image biaisée que l’Opinion publique se fait des migrants qui ne sont pas tous vulnérables. Le monde est aujourd’hui à la croisée des chemins en matière de gestion des questions migratoires. Au lieu d’appréhender la migration en tant que facteur de tension, il faut plutôt l’analyser et la traiter de l’angle du développement, comme le soulignent les intervenants au séminaire de l’OCP Policy Center. Les migrants, comme en attestent les chiffres, contribuent fortement à la richesse mondiale contrairement aux idées reçues. Alors qu’ils ne représentent que 3,4 % de la population mondiale, ils contribuent à hauteur de 9,4 % du PIB (environ 6 700 milliards de dollars). La gestion de la question migratoire devra se faire de manière collective. Aucun pays, à lui seul, ne peut stopper la migration qui est «un droit», tient à préciser Teresa Botella, directrice adjointe de l’Organisation internationale de la Migration au Maroc. Il s’avère nécessaire de mettre en place de nouveaux mécanismes pour mieux gérer ce dossier à l’échelle internationale. Pour atteindre cet objectif, la coopération s’impose. C’est, d’ailleurs, l’axe phare du pacte mondial sur les migrations qui prend en compte les différentes facettes du phénomène dont les causes, les besoins des migrants et le renforcement de leur contribution dans le développement durable… 


La migration intra-africaine : un phénomène souvent méconnu

Il s’avère important d’attirer l’attention sur une question essentielle, mais souvent méconnue : le mouvement migratoire international sud-sud est plus important que le mouvement sud-nord. Les mouvements migratoires sont en effet d’abord interrégionaux. C’est le cas en Afrique : plus de la moitié des migrants internationaux africains résident sur ce continent, et le plus souvent dans les pays limitrophes. Aussi, faut-il développer le dialogue interrégional sur cette question afin de conclure des accords régionaux bien ciblés et mettre en œuvre des stratégies bien étudiées. Pour que les décisions soient efficaces, l’Afrique doit développer ses propres indicateurs sur les migrations. À ce titre, l’observatoire africain des migrations qui aura pour mission de collecter des informations et développer la coordination devra être un outil efficace pour mieux comprendre le phénomène et pouvoir, ainsi, anticiper et agir.

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