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Lutte anti-terrorisme : Le patron du BCIJ explique sa vision aux Espagnols

Abdelhak Al Khayam, directeur du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), évoque, dans un entretien publié dans la presse espagnole, la non implication de l’Algérie dans le travail de lutte contre le terrorisme mené par le Maroc et son partenaire espagnol dans la région.


Abdelhak El Khayam s’est volontiers prêté au jeu des questions-réponses sur les colonnes du quotidien conservateur Abc. Dans une interview publiée ce lundi par ce journal, proche du gouvernement (du PP), le directeur du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ) a livré une analyse détaillée sur la situation actuelle dans la lutte contre le terrorisme dans la région. Malgré la montée en puissance des opérations dans les rangs des jihadistes dans les enclaves et les régions limitrophes, Al Khayam se veut rassurant. «Nous avons démantelé récemment, dans le cadre d’une coopération avec nos collègues espagnols, quatre cellules jihadistes ayant des connexions avec Sebta et Melilia. Mais cette région est sous surveillance».

Selon le responsable marocain, ces cellules se sont spécialisées dans le recrutement des jihadistes désireux de rejoindre la Syrie ou l’Irak. Autre révélation d’importance livrée par le directeur du FBI marocain : celle portant sur la provenance des armes à feu interceptées lors de ces arrestations. Pour El Khayam, la plupart de ce matériel provient soit d’Algérie, «un pays avec lequel la coopération est inexistante, soit de Sebta et Melilia». Ces déclarations ne devraient pas plaire aux agents de la police espagnole affectés aux frontières. L’année dernière, El Khayam avait fait une déclaration du même genre, laquelle a été mal digérée par la police espagnole.

Toutefois, El Khayam nuance ses propos. Sebta et Melilia sont des villes de passage d’armes. Pour le chef du BCIJ, ce matériel provient majoritairement de Belgique, où il existe un réseau de trafic d’armes à feu, qui passe par la France pour arriver aux enclaves afin d’être par la suite introduites dans le royaume. Interpellé au sujet des combattants marocains dans les zones de tension, El Khayam a annoncé que le Maroc a repéré 1.570 combattants qui se sont rendus dans cette région. Parmi eux, 758 ont été enrôlés par Daesh, 100 par Harakat Sham-Al Islam et 52 par Jabhat Al-Nosra. Parmi ces combattants, 109 sont rentrés au Maroc, dont 59 femmes. De plus, 499 sont déjà morts dans les combats.

Le plus alarmant est qu’environ 300 enfants ont été emmenés par leurs familles dans cette zone. Seulement 13 d’entre eux ont rejoint le Maroc. Le directeur du BCIJ a saisi la tribune espagnole pour mettre l’Algérie devant ses responsabilités. À cet effet, le responsable marocain a fait part de son amertume quant au manque de coopération de la part des autorités algériennes. «Nous main est tendue.

L’échange d’information est indispensable. Nous sommes ouverts car la situation est très préoccupante». El Khayam met en garde contre ce manque de collaboration et appelle les pays du Maghreb à adhérer à celle-ci car la région de la Libye et devenue une poudrière susceptible d’affecter tous les pays de la zone. Sur le registre de la prévention, Al Khayam a proposé une collaboration entre le Maroc et l’Espagne en matière de contrôle des mosquées et des prêches radicaux de certains imams. De fait, le royaume espère offrir ses connaissances dans le domaine à l’Espagne. «Des discussions ont eu lieu, mais nous n’avons pas encore conclu d’accord dans ce sens», souligne le directeur du BCIJ.


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