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Formation de la majorité : Cent jours de solitude

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L’élection du nouveau président de la Chambre des représentants devra se faire aujourd’hui sans implications sur la future majorité et marque l’adhésion de l’ensemble des partis à l’objectif de l’intégration à l’UA. 100 jours après la désignation de Benkirane, la mise en marche du Parlement pourrait être le déclic à l’issue des orientations du vote qui se dégageront aujourd’hui sous la coupole.

Les tractations autour de la formation du nouveau gouvernement marquent une pause aujourd’hui et jusqu’au 20 janvier, date à laquelle la Chambre des conseillers devra donner son feu vert à l’issue de la 2e lecture du projet de loi portant statut de l’Union africaine. La séance d’aujourd’hui est donc un moment où tous les partis politiques auront à mettre de côté leurs divergences pour procéder à la mise en place des structures dirigeantes de la 1re chambre, notamment le bureau et les présidents des commissions.


Le secrétariat général du parti de la lampe, qui s’est réuni samedi dernier à l’issue des rencontres de Benkirane avec les représentants des partis politiques représentés au Parlement menés par Abdelwahed Radi, a indiqué que la position prise par le PJD s’inscrit en continuité des positions déjà exprimées à propos du soutien à toutes les initiatives du roi «visant le reprise de la place du Maroc au sein de l’UA». «À l’issue du rapport présenté par le secrétaire général sur les dernières évolutions et spécialement la rencontre du 13 janvier destinée à examiner les mesures qui doivent être prises pour mettre en place les structures de la Chambre des représentants, le secrétariat général renouvelle sa décision de donner au SG l’exclusivité des déclarations pour tout ce qui a trait à l’opération de ratification et le délègue aussi pour poursuivre les concertations pour la formation du gouvernement», a indiqué le parti de la lampe à la veille de la séance de désignation du nouveau président de la Chambre des représentants.

Dans sa réaction succincte après l’accord donné à l’ouverture des travaux du Parlement, le PJD ne dit rien à propos de l’impact attendu de la séance d’aujourd’hui sur le déroulement des tractations, en laissant seulement entendre que ce sont les anciens statuts des partis qui devront prévaloir pour la séance d’aujourd’hui avec le PJD, le PPS, le MP et le RNI d’une part et le PAM, l’USFP et l’UC de l’autre. La position exprimée par l’Istiqlal après les élections communales de septembre 2015, et qui consiste en «un soutien critique» de la majorité, reste logiquement valable.

La reconduction des anciennes alliances héritées du gouvernement sortant devra également faire détacher le RNI et l’UC, qui ont décidé de former un seul groupe parlementaire, de même qu’elle écarte tout candidat du PAM de la course, vu que les coutumes parlementaires veulent que les deux chambres du Parlement ne soient pas accaparées par un seul parti, même s’il a une majorité absolue. C’est pour dire que l’accord trouvé entre Abdelwahed Radi, le président provisoire de la Chambre des représentants, et le chef du gouvernement désigné a voulu se limiter à l’aspect procédural de la ratification de l’adhésion à l’UA et a pu fixer un délai de 5 jours pour que le projet de loi épuise le circuit législatif. Par contre, après le double vote des deux chambres du Parlement, les partis politiques concernés par les concertations devront retourner au dialogue, sans compter sur la capitalisation des résultats de l’élection de la présidence. 


Chronologie des tractations stériles

10 octobre 2016. Trois jours après les législatives du 7 octobre, le roi Mohammed VI nomme le secrétaire général du PJD pour former un nouveau gouvernement.

17 octobre 2016. Le secrétaire général du PJD rencontre ses homologues du PPS et du MP. Une entrevue avec Hamid Chabat (Istiqlal) est prévue dans l’après-midi, laquelle a désigné le 12 octobre ses négociateurs avec le PJD.

29 octobre 2016. Aziz Akhannouche est porté à la tête du RNI, suite à un congrès extraordinaire.   Dès lors, démarre un long chapitre de rudes négociations avec le PJD.
 
27 décembre 2016.  Suite à une «maladroite» sortie de Hamid Chabat sur la marocanité de la Mauritanie, le communiqué diffusé par le ministère des Affaires étrangères a recadré le débat, mais a aussi pesé lourd dans la balance des négociations avec le PJD.

29 décembre 2016.  Après une rencontre dans la soirée avec le chef du gouvernement désigné, Akhannnouche et Mohand Laenser (MP) accordent un délai de 48 heures à Benkirane pour se défaire de l’Istiqlal.

31 décembre 2016. Les 48h sont échues et  le Secrétariat général du parti de la lampe émet un communiqué dans lequel il partage sa décision de continuer sans le parti de la balance.

4 janvier 2017. Abdelilah Benkirane reçoit Aziz Akhannouche et lui donne, cette fois, un délai de 48 heures pour une réponse tranchée sur sa participation ou pas au gouvernement.

8 janvier 2017.  En plus du RNI et du MP, l’UC et l’USFP publient un communiqué dans lequel ils expriment leur position commune concernant les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement.

13 janvier 2017.  Benkirane rencontre Abdelawahed Radi et les représentants des partis représentés sous la coupole et accepte la mise en marche du Parlement après avoir longtemps écarté cette option.

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