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Enseignement supérieur : Un bilan satisfaisant malgré les résistances

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Bilan Gouvernemental «4»

Enseignement supérieur : Un bilan satisfaisant malgré les résistances

Réforme universitaire, bourses généralisées, pour la première fois un pôle polytechnique, du ménage dans les accréditations, des partenariats pour lever plus de fonds pour la recherche, amélioration de l’employabilité des diplômés…, la liste n’est pas exhaustive des réalisations de Lahcen Daoudi à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur. Toutefois, son mandat n’aura pas été de tout repos, plusieurs bras de fer ont eu lieu et des résistances ici et là. Détails…


Ce n’est pas encore la révolution que tout le monde attendait, mais les choses ont pris un nouveau rythme dans le secteur de l’Enseignement supérieur. Le ministre de tutelle, Lahcen Daoudi, était venu avec l’enthousiasme qu’il faut pour changer la donne, à commencer par remettre de l’ordre dans son propre département. Il a surtout mis l’accent sur la recherche scientifique, comme levier de modernisation des universités marocaines. Des moyens supplémentaires avaient été débloqués à cette fin, mais la machine n’est pas encore bien huilée.

Daoudi a montré la couleur, en débloquant 20 millions d’euros pour la Recherche & développement, en partenariat avec les laboratoires européens dans le cadre du programme Prima. Ce programme octroie, en guise de soutien, le même montant investi. Un vrai levier pour la R&D au Maroc qui privilégie, de plus en plus, le partenariat dans le domaine de l’enseignement supérieur. L’ambition affichée était d’atteindre 1 MMDH d’investissement dans la recherche et la promotion des laboratoires. Pour Daoudi, ce n’est pas l’argent qui compte, mais l’usage qu’on en fait, mettant ainsi l’accent sur la gouvernance et la rationalisation.

Malgré le fait que le dernier classement universitaire de Shanghaï n’ait pas admis les universités marocaines, le ministre estime que les critères de choix ne correspondent pas aux efforts et à la réalité sur le terrain. Malgré un budget sectoriel de 9 MMDH, qualifié d’insuffisant par le ministre, ce dernier a privilégié de miser sur la qualité.

Le partenariat dope l’investissement dans la R&D
Les grandes ambitions de Daoudi se confrontaient souvent au manque de moyens accumulé depuis plusieurs années. Pour combler le déficit en enseignants, il faut au moins 1.000 nouveaux postes par an, ne cessait-il de répéter. Dans ce sens, la contractualisation devrait fortement entrer en jeu, en attendant que les choses prennent leur cours normal. Mais sur un autre registre, celui du partenariat, les réalisations auront été sans équivoque. Après la signature d’une convention de partenariat avec le géant des équipements aéronautiques, Safran, Daoudi a enchaîné avec des négociations avec le groupe Dassault, dans le domaine de la recherche en génomique, discipline de la biologie moderne. En interne, les conventions de financement et de partenariat ont fusé sous l’effet d’émulation. Citons-en 90 MDH avec l’OCP, 100 MDH avec l’Agriculture, 20 MDH avec les Eaux et forêts, 30 MDH avec la Fondation Lalla Salma, etc. Pour la rentrée précédente, ce ne sont pas moins de 570 MDH supplémentaires qui ont été injectés dans la recherche et le fonctionnement, de manière générale, des laboratoires universitaires. Le ministère a mis la main à la poche en injectant pas moins de 300 MDH, tandis que le reste devra faire l’objet de partenariats. Cette dynamique a permis aux universités de déposer 190 brevets en 2014, contre à peine 40 en 2010.

Plus de 2 MMDH pour les bourses
La réforme des bourses de l’enseignement est l’un des chantiers phares à mettre au crédit du ministère. Les chiffres se passent de tout commentaire. En atteste le fait que, durant la rentrée 2014-2015, le nombre des étudiants, bénéficiant d’une bourse, a augmenté de 48% par rapport à la rentrée 2011-2012. Ils ont atteint presque 330.000 alors qu’ils étaient 182.500, soit 81% d’augmentation. C’est presque un étudiant sur deux qui en bénéficie actuellement.

Quant au budget alloué aux bourses, il a évolué de 150%, pour dépasser les 2 MMDH. Même tendance pour ce qui est des étudiants profitant d’hébergements dans les cités universitaires, avec une hausse de 52%, passant de 36.077 à 55.000, durant la même période. Un rappel a été effectué aux alentours de 1.800 DH par trimestre dans plus de 24 provinces au profit des étudiants dont les dossiers n’ont pas été soumis à temps ou qui ont souffert de lourdeur. Outre la revalorisation du montant de la bourse, il ne faut pas perdre de vue une réalisation saluée qui est la généralisation du système de couverture médicale aux étudiants.

Équivalence des diplômes, un goût d’inachevé
Le débat sur l’équivalence des diplômes, accordés par écoles privées, a récemment pris une autre tournure. À telle enseigne qu’un groupe de diplômés d’une école privée ont saisi la justice pour exiger l’obtention de l’équivalence de leurs diplômes. En effet, il n’y a pas vraiment de passerelle entre l’enseignement public et privé, pour des raisons apparentes et d’autres sous-jacentes.

Il n’y a pas longtemps donc, les écoles de l’enseignement supérieur privé ont exprimé leur courroux contre le ministère de tutelle exigeant, à travers une lettre ouverte, l’application de l’article 52 de la loi 01-00, qui permet aux étudiants, inscrits dans des filières accréditées, de bénéficier de l’équivalence de leurs diplômes. Ainsi, les lauréats des écoles privés accréditées peuvent intégrer des écoles publiques ou le master en université. Les perspectives s’ouvrent également sur la fonction publique. Toutefois, le dossier n’est pas encore ouvert par le ministère et les lauréats du privé doivent prendre leur mal en patience jusqu’à nouvel ordre. Une simple circulaire du ministère pourra débloquer la situation. Mais entre-temps, un nouveau cahier des charges a été mis en place concernant l’accréditation des écoles privées d’enseignement supérieur.

Désormais, en respect d’un décret d’application, publié le 27 août 2015, le ministère a placé la barre plus haut. Il exige 30% d’enseignants permanents, les professeurs du niveau master doivent être titulaires d’un doctorat et ceux du niveau licence doivent avoir un master. Par ailleurs, les locaux doivent répondre à certaines exigences de qualité dédiées à l’enseignement, un personnel qualifié et déclaré à la CNSS, etc. Ce n’est pas fini. Un minimum de 400 étudiants inscrits dans une école privée et 2.000 dans le cas d’une université privée, est exigé.

Par ailleurs, toutes les filières doivent être accréditées et 60% d’enseignants permanents, dont la moitié est constituée de docteurs. Rappelons qu’au début de son mandat à la tête de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi s’est fortement attaqué au non-respect par certains établissements de l’enseignement supérieur privé des dispositions des autorisations qui leur sont délivrées. Pour cause, ces écoles lancent des campagnes publicitaires mensongères, selon les termes du ministère à l’évoque. Elles font la promotion de diplômes, indiquait une note ministérielle, dans des spécialités auxquelles elles ne doivent pas avoir accès, selon les termes de l’autorisation. Cela était valable aussi pour les établissements qui proposent des diplômes étrangers dans le cadre du transfert.

Polytechniques, un souci de rationalisation
C’est une nouveauté qui n’a pas manqué de provoquer l’ire de certaines catégories de lauréats des grandes écoles. La création d’instituts polytechniques, à travers la fusion des EST, ENSA et des FST, s’inscrit dans cette dynamique de ramassage et de rationalisation voulue par le ministère. À l‘horizon 2030, ce ne sont pas moins de 18 instituts du même genre qui verront le jour au Maroc. La création de l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique s’inscrit dans cette même dynamique. Objectif, garantir une meilleure gouvernance de la qualité du système marocain, tant pour le public que pour le privé. Il est aussi d’optimiser les moyens entre les différentes écoles publiques, mutualiser les ressources et donner plus de visibilité de partenariat et de coopération scientifique à l’échelle internationale. Le département de tutelle estime que la multiplicité génère des redondances au niveau des matières enseignées et des déperditions de moyens de l’État. Il y a beaucoup d’efforts de constructions, d’équipements, de gestion, d’enseignement et un manque patent de coordination.

Employabilité des diplômes, un grand pas franchi
Plusieurs actions ont été menées, durant les trois dernières années, pour améliorer l’employabilité des diplômés avec un renforcement des filières professionnalisantes. À titre d’exemple, pour l’année 2015-2016, le pourcentage des filières professionnalisantes, de niveau bac+3, est de 52% et celui des filières bac+5 est de 56%. La capacité d’accueil des établissements universitaires a été, par la même occasion, élargie avec la construction de nouveaux amphithéâtres, laboratoires et salles de cours ainsi que leur équipement. Le taux d’encadrement a été également renforcé par le recrutement de plus d’enseignants, la transformation de postes pour les fonctionnaires titulaires d’un doctorat, afin qu’ils intègrent le corps des enseignants-chercheurs ainsi que le recrutement de doctorants contractuels.


 

Lahcen Daoudi,
ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres

Malgré les évolutions constatées, le système d’enseignement supérieur et de recherche scientifique reste confronté à plusieurs défis, notamment, la massification du système liée à la pression de la demande sociale pour l’enseignement supérieur et l’insuffisance des moyens d’accompagnement, en termes d’infrastructures d’accueil et d’encadrement pédagogique.

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