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E-gouvernement : Les projets phares pour dématérialiser l’administration

L’administration publique est appelée à revoir sa façon d’opérer pour offrir ses services. La concrétisation de cet objectif passe par la mise en place d’une administration électronique efficace. Le chantier est déjà entamé et plusieurs projets sont prévus. Une étude s’impose sur ce qui est déjà fait pour avoir des indicateurs fiables permettant de rectifier le tir et d’avancer dans ce chantier.

Pour réconcilier l’administration avec le citoyen, le gouvernement de Saâd-Eddine El Othmani s’est engagé à prendre bon nombre de mesures dont la mise en place d’une réforme globale et profonde axée essentiellement sur le volet électronique et la gestion basée sur les résultats. Visiblement, c’est un projet prioritaire pour le ministère de tutelle que la modernisation de l’administration, l’accélération et l’opérationnalisation de ses chantiers de nature transverse et interministérielle. L’objectif global étant principalement la contribution à la réforme de l’administration publique, néanmoins le département de Mohamed Benabdelkader a-t-il les moyens de ses ambitions ? Le chantier de dématérialisation de toutes les administrations et de la mise en ligne de tous les services publics est, certes, à saluer, mais n’est pas de tout repos. Jusque-là, les indicateurs officiels sur la situation actuelle manquent  même si plusieurs services en ligne sont lancés depuis des années et que certains ont plus ou moins été salués par les citoyens. Aussi, une étude s’impose-t-elle pour évaluer le degré de pénétration de l’administration électronique et tracer le chemin de l’avenir à court et moyen termes à la lumière des résultats obtenus. Une stratégie est à mettre en place car la promotion de l’administration électronique nécessite de grands efforts sur le plan non seulement logistique mais aussi celui des ressources humaines. Il est certain qu’en donnant un coup de fouet aux nouvelles technologies au sein de l’administration publique, celle-ci devra changer de fonctionnement. En effet, des métiers vont disparaître et d’autres vont naître. Un tel changement est difficile à opérer face aux résistances. C’est ainsi qu’aucun horizon n’est encore fixé pour dématérialiser totalement l’administration marocaine bien que le chantier soit déjà entamé. Plusieurs projets sont prévus par le ministère de la Réforme de l’administration et de la fonction publique pour atteindre les objectifs escomptés.


Portail des réclamations
Il s’agit notamment du portail national des réclamations qui est en phase finale de développement. L’amélioration de la performance de l’administration publique et de son image écornée passe inéluctablement par un bon traitement des plaintes. Jusque-là, chaque département gère la question selon ses propres mécanismes. Ce n’est que le 1er juin que la gestion des réclamations des citoyens au niveau de la fonction publique vient d’être réglementée grâce à l’adoption par le Conseil de gouvernement d’un décret visant à pallier la quasi-vacuité organisationnelle relevée à cet égard au niveau de l’administration publique. La mise en place du portail vise, selon le ministère, le renforcement de l’intégrité publique dans le cadre de la stratégie de lutte contre la corruption.

Outils de simplification des procédures
Outre ce projet, il est envisagé de développer un ensemble d’outils prenant en compte le rôle incontournable des technologies de l’information et de la communication dans la simplification des procédures administratives. C’est ainsi qu’un module d’interfaçage des systèmes d’information des administrations avec la gateway gouvernementale est né. Il permettra aux administrations d’interfacer leurs systèmes d’information avec la gateway gouvernementale afin d’échanger entre eux tout type d’informations nécessaires au traitement des procédures administratives initiées par les usagers. Le but étant de minimiser le nombre des documents administratifs demandés, de réduire les déplacements des usagers et d’alléger la charge de travail de l’administration. À cela s’ajoute un module de signature électronique qui permettra l’intégration de la signature électronique dans les applications métiers des administrations, quelle que soit la nature de l’application ; un module de dépôt et de suivi des demandes en ligne pour la dématérialisation des télé-services administratifs initiés par le dépôt d’une demande par l’usager et nécessitant le suivi du traitement par l’administration ainsi qu’un module de workflow de traitement et de validation pour la dématérialisation du processus métiers avec une gestion appropriée des habilitations. Dans le cadre de ce même projet, le ministère accompagnera également les administrations publiques dans la réingénierie de leurs processus métiers afin d’identifier les mesures et solutions numériques pour la simplification et la dématérialisation des procédures administratives.

Évaluation des services électroniques
Par ailleurs, il est prévu le recueil des services publics électroniques et l’évaluation de leur niveau de transformation électronique à travers une enquête de collecte de données relatives aux services publics électroniques développés par 298 administrations entre départements ministériels et établissements publiques. Cette mesure vise l’unification de la terminologie et des définitions relatives aux services publics, la mise en place d’un tableau de bord des services publics électroniques au Maroc ainsi que l’évaluation du degré de leur développement et par conséquent la création de l’émulation entre administrations en identifiant les meilleurs services électroniques.

SI commun des RH
Parmi les projets phares figure aussi le système d’information commun de la gestion des ressources humaines de l’administration publique qui s’assigne pour objectif la dématérialisation de l’ensemble des processus de gestion des ressources humaines dans la fonction publique. Il est conçu en partenariat avec douze départements ministériels. On s’attend à ce que ce système améliore nettement l’efficacité des administrations dans la gestion des ressources humaines et permette d’extraire des indicateurs consolidés et partagés qui renforceront la prise de décision ayant trait aux différentes stratégies en la matière dans l’administration publique.


Une dématérialisation pour améliorer l’efficience de l’administration

La mise en place de l’administration électronique vise à améliorer les performances et l’efficience du système de gouvernance du secteur public. Elle permet, selon le ministère de tutelle, d’atteindre bon nombre d’objectifs à commencer par la simplification des procédures administratives et l’amélioration, par conséquent, du service orienté vers le citoyen et l’entreprise. À cela s’ajoute la dématérialisation des échanges entre l’administration et les usagers ainsi que la facilitation de l’accès aux services publics par différents canaux (internet, mobiles, bornes interactives…). Certaines administrations ont déjà relevé ce défi. La promotion de l’administration permet aussi de réduire les coûts, de développer l’efficacité des services publics, d’accélérer et de fiabiliser le traitement de l’information, d’améliorer la communication avec le citoyen, l’entreprise et les administrations et de lutter contre le fléau de la corruption en raison de la réduction de l’interaction physique des usagers avec les fonctionnaires de l’administration. En outre, le renforcement de la transparence et du droit d’accès à l’information détenue par l’administration n’est pas en reste.

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