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Commerce extérieur : Le déficit reprend du poil de la bête

Le bilan des échanges extérieurs à fin juillet inquiète. Les chiffres de l’Office des changes font état d’une hausse considérable des importations (+10,7 MMDH) que les exportations (+3,5 MMDH) peinent à contrebalancer. Ceci se traduit par une aggravation du déficit de 7,2 MMDH.


Déjà 103 MMDH de déficit pour la balance commerciale ! La fin d’année promet d’être dure pour l’équilibre des échanges extérieurs. Après une année 2015 plus qu’encourageante, marquée par une baisse du déficit de 35 MMDH pour s’établir à 152,27 MMDH, 2016 devrait renouer avec des carences avoisinant les records du début de la décennie. En 2012, le déficit avait atteint son plus haut niveau pour s’établir à 201 MMDH. Les résultats préliminaires des échanges extérieurs au titre des sept premiers mois de l’année en cours font ressortir un déficit commercial à 103,6 MMDH contre 96,4 MMDH un an auparavant. Par conséquent, le taux de couverture s’établit à 55,8% contre 56,9%. Les importations ont connu une hausse (+10,7 MMDH) plus importante que celle des exportations (+3,5 MMDH), ce qui se traduit par une aggravation du déficit de 7,2 MMDH. Autrement dit, pendant que l’importation prend l’ascenseur, les exportations prennent l’escalier.

L’import incompressible
La hausse des importations se chiffre à 4,8% (234,3 MMDH contre 223,7 MMDH). Celle-ci se justifie de nouveau par des besoins structurels de l’économie marocaine. L’import est principalement constitué de besoins incompressibles à l’instar des biens d’équipement (qui augmentent de 11,9 MMDH), de produits finis de consommation (6,2 MMDH), de demi-produits (3,6 MMDH) et de produits alimentaires (3,5 MMDH). Il s’agit principalement d’importations de blé et d’orge justifiées par la faiblesse et l’insuffisance de la campagne agricole 2016. Il est à noter que le royaume continue de profiter d’une baisse de la valeur des approvisionnements en produits énergétiques (-12,6 MMDH) et en produits bruts (-1,9 MMDH) notamment justifiée par l’écroulement des prix du baril à l’international. Hors produits énergétiques, les importations enregistrent une augmentation de 12,8%, soit une hausse de 23,2 MMDH.

S.O.S export !
Parallèlement, les exportations enregistrent une légère hausse de 2,7% s’inscrivant à 130,7 MMDH au lieu de 127,3 MMDH à fin juillet 2015. Cette évolution ne permet pas de compenser la hausse des importations. En attendant la montée en puissance des différents contrats-programmes industriels, le secteur secondaire peine à peser sur la balance commerciale. L’analyse de la structure de l’export démontre une légère progression des ventes de la quasi-totalité des secteurs.

Il s’agit notamment du secteur automobile qui enregistre une hausse des expéditions de 5,1 MMDH avec des performances surtout dans la filière construction qui enregistre une hausse de 30,8%. Pour sa part, le secteur de l’agriculture et des produits agro-alimentaires tire à peine son épingle du jeu avec une hausse des exportations d’1,9 MMDH. Le secteur du textile et cuir enregistre également une légère hausse d’1 MMDH qui demeure très insuffisante par rapport au réel potentiel du marché. Notons que la baisse des expéditions des phosphates et dérivés se poursuit à un rythme inquiétant. Une baisse de 7,9% qui équivaut à 2 MMDH a été constatée à fin juillet 2016 au lieu de 12,1% ou 2,7 MMDH un mois auparavant.

Parallèlement, les flux financiers enregistrent également de faibles performances avec des recettes de MRE s’établissant à 34,9 MMDH contre 34,1 MMDH un an auparavant, en amélioration de 2,3%, soit à peine 800 MDH. De même, les recettes touristiques augmentent d’à peine 2,5%, soit également 800 MDH. Elles s’affichent à 32,6 MMDH contre 31,8 MMDH une année auparavant. Ce résultat est atténué toutefois par l’augmentation des dépenses de 4,8% ou + 0,4 MMDH. Par conséquent, la balance voyages laisse apparaître un excédent de 24,7 MMDH contre 24,3 MMDH un an auparavant, en légère hausse d’1,8% ou 400 MDH. Les investissements directs étrangers ne permettent pas non plus de remonter la pente en s’inscrivant en baisse de 34,9%, soit une baisse de 6,6 MMDH. Le flux d’IDE s’est établi à 12,3 MMDH contre 18,9 MMDH à fin juillet 2015. Cette diminution provient du recul des recettes (-17,5% ou – 4,2 MMDH) conjugué à la hausse des dépenses (+49,2% ou +2,4 MMDH). 

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