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Blocage gouvernemental : Dommages collatéraux

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La croissance du PIB de 4,3% au premier trimestre, tirée principalement par l’activité agricole, ne doit pas cacher la situation difficile que vit le tissu économique à cause du retard dans la constitution du gouvernement. Chiffres et témoignages confirment les dommages collatéraux…

Les bonnes performances de l’économie nationale en ce début d’année ne doivent pas cacher les dommages collatéraux du «blocage» gouvernemental. Les statistiques du Haut-commissariat au plan (HCP) font état d’une croissance du PIB de 4,3% au premier trimestre 2017 contre 1,7% une année auparavant. Néanmoins, dans le détail, cette embellie est en grande partie l’œuvre de la valeur ajoutée agricole, qui aurait progressé de 12,9% au premier trimestre au lieu d’une baisse de 9% une année plus tôt. Le tissu économique, lui, a en réalité fait les frais des difficultés de constitution du gouvernement. Et si les opérateurs économiques attestent ce constat en chœur, l’on dispose des premiers chiffres qui confirment l’impact du «blocage» sur l’économie nationale.


Ainsi, l’investissement a battu de l’aile tout au long de la période des tractations infructueuses. Il aurait «décéléré par rapport au trimestre précédent, affichant un accroissement de 3% en variation annuelle au lieu de +3,3% un trimestre auparavant, contribuant ainsi pour près de 0,9 point à la croissance du PIB, au lieu d’un point un trimestre auparavant», indique le département de Ahmed Alami Lahlimi. Plus précisément, c’est l’investissement public, véritable locomotive qui tire plusieurs secteurs d’activité, qui a régressé.

Affaires courantes
«Les dépenses d’investissement du trésor auraient fléchi de 10,7% à fin février 2017», confirme le HCP. «Ce ralentissement serait particulièrement attribuable au relâchement des investissements publics dû, entre autres, au retard observé dans l’exécution budgétaire du Trésor et aux faibles performances qui caractérisent le secteur de la construction», poursuit-il. On le sait, pour gérer cette période transitoire, un gouvernement de gestion des affaires courantes a été mis en place. Les ministres en poste, dont certains chapeautent plusieurs départements à la fois, se sont donc contentés d’assurer la continuité du service public. Du coup, les grands chantiers programmés dans le cadre de la loi de Finances 2017 sont restés en stand-by en attendant le nouveau gouvernement. Et parce que «le temps, c’est de l’argent» dans le monde des affaires, plusieurs secteurs d’activité ont fait les frais de cet attentisme.

Le blocage comme argument
«Le premier secteur qui pâtit du recul de l’investissement public est celui de la construction et des travaux publics. Il est en effet fortement lié aux marchés publics et aux grands projets de l’État», indique Mostafa Miftah, DG de la Fédération nationale du BTP. Abdelhamid Souiri,  président de la Fédération marocaine des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (Fimme), abonde dans le même sens: «le retard dans la formation du gouvernement a eu des répercussions sur l’activité économique en général et sur notre secteur en particulier.
Les grands projets programmées et les marchés publics qui en découlent sont en effet restés lettre morte». Hakim Marrakchi, quant à lui, évoque un autre problème qui, donnant du fil à retordre aux entreprises depuis toujours, s’est aggravé ces derniers mois, celui des délais de paiement. «Nous avons constaté le blocage des procédures de remboursements liées aux marchés publics. Certaines administrations ont même pris le blocage comme excuse pour ne pas s’acquitter de leur dû vis-à-vis des entreprises», explique le vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Les yeux sont donc rivés sur le nouveau gouvernement pour accélérer le rythme. «Nous espérons que les montants budgétisés dans le cadre de l’investissement public soient débloqués afin de rattraper le temps perdu», souhaite David Toledano, président de la Fédération des industries des matériaux de construction. Pour lui, les projets de travaux publics programmés dans plusieurs secteurs (transport, maritime, aéroports…) devraient donner un coup de boost à l’activité économique et en particulier au secteur de la construction qui connaît une conjoncture difficile depuis un bon moment.


David Toledano
Président de la Fédération des industries des matériaux de construction

L’impact a été difficile, et le ralentissement de l’activité fortement ressenti. Ce que nous espérons, c’est que les montants budgétisés dans le cadre de l’investissement public soient débloqués afin de rattraper le temps perdu. En principe, les projets de travaux publics programmés dans plusieurs secteurs (transport, maritime, aéroports…) devraient donner un coup de boost à l’activité économique et en particulier au secteur de la construction qui connaît une conjoncture difficile depuis un bon moment».

Hakim Marrakchi
Industriel et vice-président de la CGEM

Ce qui est sûr, c’est que certaines procédures de remboursement liées aux marchés publics ont été bloquées. Certaines administrations ont même pris le blocage comme excuse pour ne pas s’acquitter de leur dû vis-à-vis des entreprises. Face à ce resserrement au niveau des dépenses de l’État, on a constaté une accélération du recouvrement des recettes, notamment à travers la multiplication des contrôles fiscaux».

Abdelhamid Souiri
Président de la Fimme

Notre secteur dépend de plusieurs intervenants, et l’investissement public en est une composante importante. Le retard dans la formation du gouvernement a eu des répercussions sur l’activité économique, puisque les grands projets programmés et les marchés publics qui en découlent sont restés lettre morte».

Mostafa Miftah,
DG de la Fédération nationale du BTP

Dès qu’il y a un recul de l’investissement public, le premier secteur qui en pâtit est celui de la construction et des travaux publics. Le secteur est intimement lié aux marchés publics et aux grands projets de l’État. Cela dit, nous n’avons pas de données pour quantifier cet impact pour le moment.

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