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Innovation éducative, où en est le Maroc ?

L’État marocain, à travers le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, a placé l’éducation au cœur du projet sociétal du pays. Une vision dont l’un des leviers déterminants consiste dans l’encouragement de l’innovation en matière éducative. Toujours est-il que le Royaume est encore loin du compte.

L’éducation et l’innovation sont comme les côtés pile et face d’une monnaie. L’un ne peut aller sans l’autre. Celui qui possède les deux, dispose des solutions les plus novatrices susceptibles d’être apportées aux défis et enjeux qui se posent aux systèmes éducatifs actuels. Pour le cas du Maroc, ces derniers riment avec deux dysfonctionnements fondamentaux, à savoir les limites du rendement interne de l’école et la faiblesse de son rendement externe. Un bref rappel dans le détail s’impose.


Pour les limites du rendement interne, comme l’a souligné dans un vieux rapport, mais qui reste toujours d’actualité, le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), il est question, essentiellement, de la faible maîtrise des langues, des connaissances, des compétences et des valeurs, de l’efficacité restreinte des performances des acteurs pédagogiques, des lacunes de la formation initiale et continue, de la persistance des déperditions qui affectent aussi bien les systèmes scolaire et universitaire, que la formation professionnelle, de l’accès limité à l’apprentissage par le biais des technologies éducatives et du faible rendement de la recherche scientifique.

S’agissant de la faiblesse du rendement externe, elle est synonyme de difficultés d’insertion économique, sociale et culturelle des lauréats, de la faible interaction de l’École avec son environnement local, national et mondial, aggravée par sa capacité réduite d’accompagner ou d’intégrer, rapidement et pertinemment, les évolutions de cet environnement.

Il semble que le Royaume est, désormais, conscient de ces dysfonctionnements et de l’importance de l’innovation dans la dynamisation et l’accompagnement des mutations pédagogiques et éducatives qui s’imposent à l’ensemble des acteurs engagés dans la transformation de l’école marocaine, comme en témoignent les efforts visant l’encouragement des initiatives et des pratiques innovantes en matière d’éducation, de formation et de recherche.

En effet, l’État marocain, à travers le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, a placé l’éducation au cœur du projet sociétal du pays, en raison des missions qu’elle se doit d’assumer dans la formation des futurs citoyens et dans la réalisation des objectifs du développement humain durable (CSEFRS, 2015). C’est ce qui est documenté dans une recherche de l’International Social Sciences & Management, ayant pour objectif de mesurer les innovations pédagogiques des enseignants marocains et de comprendre les déterminants qui influencent ou freinent ces innovations chez les enseignants.

L’ambition éducative portée par le CSEFRS, à travers sa Vision Stratégique de la réforme 2015- 2030, est-il expliqué dans cette enquête de 23 pages, se traduit par deux grandes finalités : l’équité et l’égalité des chances ainsi que la qualité pour tous. Une vision dont l’un des leviers déterminants consiste dans l’encouragement de l’innovation en matière éducative (CSEFRS, 2015).

Cette expression «innovation en éducation» n’a jamais été autant utilisée dans les discours pédagogiques et politiques qu’aujourd’hui. L’enquête souligne que si la notion a été attachée, pendant des années, à l’économie et l’industrie, elle a été considérée comme un facteur qui maintient la compétitivité des entreprises et qui peut donner une nouvelle vie aux marchés stagnants, en constituant un mécanisme d’amélioration des capacités de toute organisation à s’adapter aux changements de l’environnement.

Toujours est-t-il que les défis auxquels l’école marocaine est confrontée, en matière d’innovation, restent nombreux, comme le montrent, d’ailleurs, les résultats de l’enquête. Sur 256 enseignants du primaire retenus, couvrant 62 écoles dans 17 communes de la province d’El-Kelaa des Sraghna, les résultats font ressortir un niveau d’innovation pédagogique faible chez 44.1% des enseignants, 37.1% des écoles et 47% des communes.

Ainsi, ils font ressortir que la plupart des enseignants disposent d’un niveau faible d’innovation dans l’organisation de la classe (62%), dans l’utilisation des TIC (63%), dans l’utilisation des manuels scolaires (55%) et dans les pratiques pédagogiques (46.80%). L’innovation dans la remédiation et l’accompagnement des élèves (52%), ainsi que dans la prise d’initiative (34%), est généralement élevée chez les enseignants. En ce qui concerne l’innovation dans les méthodes d’évaluation, plus de 63% des enseignants ont un niveau moyen, estiment les enquêteurs.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO


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