Opinions

Retail : l’importance du digital et de la fintech

Ismail Bargach
CEO et co-fondateur de WafR

Le digital, notamment la fintech, permet aux FMCG (Fast-moving consumer goods-produits de grande distribution) d’augmenter leur part de marché, leur volume de ventes et leur profit, et d’être en avance sur leurs concurrents dans un secteur en mutation.


Grande distribution : quelles problématiques ?
Les marques du secteur de la grande distribution sont confrontées à une forte pression sur leur marché en raison d’une concurrence exacerbée.A l’échelle nationale, les FMCG rencontrent diverses problématiques et l’une d’entre elles est leur incapacité à orienter le choix des clients chez les épiciers. N’étant pas en mesure de mettre en place des promotions chez les épiciers, il est compliqué – voire impossible – pour les FMCG d’y orienter le choix des clients.

Les marques de la grande distribution ne disposent donc pas de ce levier pour diriger le choix des clients vers leur marque plutôt que la marque concurrente. Par ailleurs, pour les FMCG, il est primordial d’octroyer des marges plus importantes aux épiciers qui mettent plus en avant leurs marques. Mais, il est extrêmement complexe de rémunérer un épicier sur un apport d’affaires particulier car la chaîne de distribution est principalement dominée par des grossistes.

Aussi, le seul moyen de «récompenser» un épicier est d’opter pour un système de gratuités. Néanmoins, la chaîne de distribution étant ultra fragmentée (grossiste, demi-grossiste…), les marques de la grande distribution ne sont pas en mesure d’avoir une relation privilégiée avec les épiciers, relation qui leur permettrait de faire en sorte que les épiciers soient prescripteurs de leurs marques.

Aujourd’hui, le digital contribue à jouer un rôle crucial auprès des FMCG en apportant des solutions concrètes à ces problématiques.

De l’importance du digital…
Le digital permet la traçabilité et offre ainsi la possibilité à l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur de réaliser de plus grandes marges. Avec plus de traçabilité, il devient alors possible de faire de la promotion. Et en faisant de la promotion, les leviers pour orienter le choix des épiciers et, in fine, celui des clients deviennent alors «actionnables».

… et de la fintech
A l’heure actuelle, les épiciers au Maroc ne se sont pas encore orientés vers des moyens de paiement dématérialisés car cela n’est pas dans leur intérêt, étant donné qu’ils n’ont pas d’autre solution que de retirer l’argent de leur porte-monnaie virtuel et que ce retrait va leur coûter de l’argent.

En revanche, si un cercle vertueux se forme et qu’un «effet de réseau» se met en place, l’argent disponible sur le porte-monnaie virtuel – aussi bien de l’épicier que du client – pourra être utilisé autrement, notamment pour faire ses courses. Selon le Haut Commissariat au Plan, 37% des dépenses des Marocains sont destinées au poste «alimentaire» et, en outre, 85% du FMCG se fait en épicerie.

Il revient à dire que la majorité des dépenses des Marocains se font chez l’épicier. Aussi, une chose est sûre c’est que tous les acteurs de la chaîne de valeur ainsi que les clients ont tout intérêt à ce que les FMCG se dirigent vers des solutions de fintech.

Conscientes de cela, les marques de la grande distribution s’orientent déjà vers de nouveaux modèles économiques et adoptent des stratégies de transformation digitale et de coopération, avec les startups, pour intégrer à leurs business models et à leurs services financiers des solutions de fintech.

En conclusion, les marques de la grande distribution qui opteront pour le digital sont sur la voie rapide du succès dans ce paysage retail en constante mutation.


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