Maroc

Valorisation des déchets : Le secteur carbure

La valorisation des déchets était au centre d’un débat organisé, hier à Casablanca, dans le cadre de la préparation du salon «Pollutec Maroc».  La mise en place des décharges contrôlées et la professionnalisation quasi-complète du secteur sont des avancées majeures.

Où en est-on avec le programme de gestion des déchets et quel avenir pour ce nouveau secteur ? Ce sont, quelques unes des questions auxquelles a tenté de répondre une brochette d’experts, lors d’une conférence de presse organisée par Forum7 et Reed Exposition France, mardi 20 septembre. La rencontre qui intervenait dans le cadre de la préparation du salon «Pollutec Maroc» a tout d’abord permis de faire le point des acquis. «La gestion des déchets au Maroc a connu une évolution très rapide depuis la promulgation de la loi 28.00 en 2006», a déclaré docteur Loubna El Abed, chef de service des déchets non dangereux au ministère délégué chargé de l’Environnement.


Pour étayer son avis, la responsable a notamment rappelé que le programme a permis la réhabilitation de 24 décharges sauvages et à entamer celle d’une vingtaine d’autres et de créer 24 Centres d’élimination et de valorisations (CEV). Ce qui devrait permettre de passer d’un niveau de recyclage de moins de 10 à 20%, dont 30% de valorisation. «Pas que des mots mais une réalité», a insisté François Pyrek, directeur général de Suez environnement – Recyclage et valorisation des déchets Maroc, partenaire principal de l’État dans ce programme. Le directeur est, à titre illustratif, revenu sur la récente réhabilitation de la décharge de Meknès, ainsi que sur la réalisation de son CEV. Il a mis en avant l’intégration des 15 chiffonniers dans des coopératives trieuses ainsi que la formation des collaborateurs de Suez à de nouveaux métiers liés au domaine, entre autres. Toujours en termes de professionnalisation du secteur, El Abed a indiqué que le Maroc est passé aujourd’hui d’un taux de 44 à 80%. Un chiffre qui, pour Pyrek, est révélateur des opportunités d’emploi et de formation.

Cet appel aux universités et aux grandes écoles, Hind Baddag, directrice activité traitement de déchets de Lafarge Holcim Maroc, s’en est également fait l’écho:«le marché marocain représente à peu près 1,6 million de tonnes de déchets industriels, dont 250.000 tonnes de déchets dangereux». Un segment où, le groupe s’est spécialisé à travers sa filiale Ecoval, qui traite à ce jour 20.000 tonnes de déchets industriels par an au niveau de Casablanca. «Nous disposons par ailleurs de 2 autres plateformes dont une à Bouskoura et une à Tanger, d’une capacité installée respective de 50.000 et 20.000 tonnes», a annoncé la directrice. Des tonnages drainés qui, reconnaît-elle cependant, restent bien en dessous du gisement de 1,6 million. «Pour que nous puissions mieux jouer notre rôle, il est nécessaire que les instances de contrôle soient renforcées», plaide Baddag. Un appel appuyé par Touria Rehouane, présidente de Serp, qui a insisté sur la ré-opérationnalisation de la police environnement en vue de discipliner les opérateurs réfractaires à l’application de la loi. Pour rappel, le salon Pollutec Maroc tiendra sa 8e édition du 5 au 8 octobre prochain, à Casablanca. Le salon attend au moins 160 exposants et 6.000 visiteurs issus de 13 pays. 

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