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Urbanisme : à quoi ressemblera la ville de demain ?

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Dans le cadre de son cycle de webinaires «Regards vers le futur», l’institut CDG a tenu sa première rencontre de 2021 sous le thème : «La ville de demain sera inclusive, verte et intelligente». Une occasion pour les invités de débattre des différents modèles de développement urbain.

L’institut CDG entame l’édition 2021 de son cycle de webinaires «Regards vers le futur» avec une première rencontre tenue, mardi 20 avril, sous le thème : «La ville de demain sera inclusive, verte et intelligente». pour débattre de cette question, l’institut CDG a invité Aziza Akhmouch, cheffe de la division «Villes, politiques urbaines et développement durable» à l’OCDE, Amine El Hajhouj, directeur général de la société d’aménagement de Zénata, Mohamed Sefiani, maire et président de la commune de Chefchaouen, et Isam Shahrour, professeur en génie civil et smart city à l’Université de Lille. «La ville de demain est une ville choisie et non subie. Je pense que nous avons beaucoup travaillé ces dernières années à documenter ce qu’on appelle bénéfices de l’agglomération», a affirmé Aziza Akhmouch. La responsable fait également savoir qu’aujourd’hui, notamment dans le cadre de la crise sanitaire, beaucoup de citadins se posent la question de savoir s’ils vivent en ville parce qu’ils n’ont pas le choix et qu’en gros, ils doivent y être pour travailler, ou s’ils y vivent parce qu’ils estiment y avoir une meilleure qualité de vie et un meilleur accès au bien-être.


Pour sa part, Mohamed Sefiani définit la ville de demain comme une ville qui n’accepte pas les inégalités et les disparités, donc une ville dans laquelle les habitants ont les mêmes droits et les mêmes obligations. «C’est aussi une ville qui rationalise ses ressources naturelles, qui valorise son patrimoine matériel, culturel et qui privilégie l’économie locale, solidaire et responsable ainsi que l’économie séculaire», ajoute-t-il. Quant à Amine El Hajhouj, il estime que «la ville verte et inclusive au sens social et économique, c’est d’abord la ville durable. Et cette ville durable est une ville qui met au centre de ses préoccupations l’Homme, ses besoins et son avenir.» En outre, le directeur général relève que cette question de la ville doit être contextualisée, considérant qu’une ville durable diffère d’un pays à un autre et d’un continent à un autre. «Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’une ville durable de demain, c’est une ville qui essaie d’équilibrer entre les trois composantes du développement durable, à savoir le développement social, économique et environnemental en le mettant dans le contexte géographique», souligne-t-il.

De son côté, Isam Shahrour laisse entendre que la ville de demain est forcément une ville fluide, verte et une ville où on retrouve tous les services (eau, logements, énergie, transport, santé…) avant de noter qu’il y a un consensus à faire par rapport à tout ceci.

Cependant, le professeur n’a pas manqué d’appeler à adapter les programmes dans les universités afin que les étudiants et diplômés puissent travailler plus tard en étant en phase avec les technologies. Il exhorte également les populations travaillant dans les villes et collectivités à adapter leurs connaissances à travers des formations.

Revenant sur l’impact de la pandémie, Aziza Akhmouch explique que «de tout temps, les crises sanitaires ont donné lieu à des réflexions sur les paradigmes urbains, et les conditions sanitaires ont mis la loupe sur les problèmes structurels de nos villes. Et la Covid-19 n’a pas été une exception.» Mais, affirme-t-elle, cette crise n’a pas révélé grand-chose de nouveau dans les problèmes structurels des villes et notamment les grandes agglomérations. Cependant, elle a mis la loupe ou amplifié des défis qui existaient déjà de longue dater. Aziza Akhmouch attire notamment l’attention sur la nécessité de passer d’une logique de mobilité à une logique d’accessibilité : «Cependant, il faut faire attention parce qu’on observe, de pair avec ces réflexions, un discours un peu élitiste sur ce que doit être la ville et qui risque à mon sens de recréer de nouvelles formes de ségrégation spatiale». Pour elle, «la lutte contre les inégalités est la patate chaude que les gouvernements ne savent pas encore gérer». À ce propos, Mohamed Sefiani espère que la ville de demain sera basée sur une démocratie locale et participative et intégrant les différentes composantes de la société et surtout qu’elle évoluera plus en vertical qu’en horizontal. 

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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