Maroc

Une huile de table 100% « Made in Morocco », est-ce possible ? la réponse de Brahim Laroui (VIDEOS)

Brahim Laroui, Directeur général Lesieur Cristal, était l’invité des ECO. Dans ces deux extraits, il nous explique pourquoi le soja est essentiel dans la configuration actuelle pour produire de l’huile de table et va plus loin en évoquant le Made in Morocco. Extraits. 

Soja: quelles sont les sources d’approvisionnement ?

Alors que l’Amérique latine et les États-Unis sont de grands producteurs de graines, les Européens, eux, ne sont pas de grands producteurs de soja, mais ils en sont de grands triturateurs. Ainsi, le risque est réparti entre ces trois zones, en termes d’approvisionnement.

En fait, dans l’industrie des oléagineux, il n’ ya pas que l’agriculture qui est importante, il y a aussi la trituration. C’est le fait de prendre la graine et de la triturer physiquement ou chimiquement pour en extraire de la matière grasse, l’huile brute, que nous importons pour produire de l’huile de table. Mais il y a un résidu, qui est souvent utilisé pour d’autres industries, c’est du tourteau de la protéine végétale, il sert à l’alimentation du bétail.

Cette protéine végétale est en train de devenir très importante sur le marché mondial, notamment en Europe, car les habitudes alimentaires changent et conduisent certaines personnes à s’éloigner de la protéine animale.

Ceci dit, les Européens sont également de grands acheteurs de soja, pour subvenir à ce type de besoin, car ils ne consomment pas d’huile de soja, mais plutôt de l’huile de tournesol. En revanche, les triturateurs européens sont vendeurs de l’huile de soja.

Quel est l’intérêt d’avoir une culture locale et pérenne?

Une des actions que nous sommes en train de mettre en place, au niveau de l’interprofession, réside dans la réalisation d’une étude sectorielle pour démontrer l’intérêt économique de l’établissement d’une filière oléagineuse au Maroc permanente et rentable. Je pense qu’il faut traiter ce sujet en tenant compte de plusieurs paramètres : politique, social et surtout économique.

Pour revenir en particulier à la question de la production du soja. Si nous devions produire du soja, il faudrait qu’on le plante en été, or en cette saison il ne pleut pas. C’est une culture qui nécessite beaucoup d’eau, donc il faudra penser à des terres cultivées qui seront totalement irriguées. Ce qui s’avère difficile à concevoir, au vu du stress hydrique que connaît notre pays actuellement.

Ceci dit, il y a des solutions, notamment le recours au dessalement pour pouvoir relancer l’agriculture au Maroc. En tout cas, nos terres et notre climat se prêtent correctement à une culture de tournesol et de colza. Qui du point de vue habitude alimentaire n’est pas du tout en contradiction avec les attentes des Marocains.

Est-ce que dans votre filière, on peut parler du Made in Morocco ?
Dire que telle marque d’huile de table est 100% d’origine marocaine, de la terre jusqu’à la mise en bouteille, à mon avis, ce serait un argument formidable. Si on fait le parallèle avec l’huile d’olive, c’est tout à fait possible. Nous sommes très fiers de notre huile d’olive marocaine. Sur l’huile de table, on ne peut pas dire la même chose. Par contre, si on renforce l’amont agricole, on peut commencer à développer le label Made in Morocco. Qui, à mon avis, serait très percutant.

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