Maroc

Un référentiel des emplois et ­­des compétences en vue

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Enfin, le référentiel des emplois et des compétences de l’Administration sera mis sur les rails. Ce mécanisme qui sera incessamment mis en ligne permettra non seulement la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences mais aussi l’unification des critères de recrutement et la facilitation de la mobilité.


La modernisation de la gestion des ressources humaines est un élément-clé dans la réforme administrative escomptée. Pour y arriver, il faut agir sur différents fronts à commencer par la mise en place d’un référentiel unifié des emplois et des compétences de l’administration publique. Cet outil est déjà finalisé et devra bientôt être mis en ligne, selon le département de Mohamed Benabdelkader. Ce sera une sorte de standardisation des métiers de l’administration publique à travers la description de tous les emplois communs au sein de la fonction publique mais aussi de ceux qui sont spécifiques à certains départements. En somme, ledit référentiel devra identifier et décrire de façon harmonisée les emplois et les compétences dans l’administration. La mission n’a pas été de tout repos en raison, d’une part, de l’existence d’une différence significative dans les méthodes de préparation des référentiels des emplois et des compétences entre les départements ministériels et la difficulté de les actualiser, d’autre part de la variation dans la terminologie et les intitulés des compétences, des emplois et des activités attribuées à chaque emploi. Le référentiel devra inciter les départements à l’adoption de la gestion prévisionnelle des compétences qui n’est pas appliquée actuellement dans les pratiques de gestion des ressources humaines au sein de l’administration publique. Il s’avère en effet important pour les directions des ressources humaines d’avoir une idée claire des besoins pour déterminer les emplois nécessaires à la mise en œuvre des différentes missions. La gestion prévisionnelle permettra d’asseoir un système de motivation et de formation continue afin de faire progresser les compétences des cadres au sein de l’administration.

Le référentiel en tant qu’outil interministériel permettant d’avoir une lecture commune des emplois de l’État devra être évolutif et dynamique pour répondre aux mutations que connaît l’administration marocaine qui n’est pas figée et connaît des changements au fil du temps. Alors que de nouveaux métiers émergent, d’autres deviennent dépassés voire disparaissent. L’exemple le plus éloquent est celui du poste de secrétaire qui était dominant il y a quelques années et qui est en train de disparaître en raison de l’évolution technologique. Certains métiers ont été externalisés et ne font presque plus partie de la fonction publique comme les femmes de ménages et les agents de sécurité. Tous les départements sont appelés à s’approprier ce référentiel qui n’aura pas au départ un caractère opposable. L’espoir est que toutes les administrations l’adoptent dans leur gestion bien qu’il ne soit pas contraignant. Il faudra peut-être attendre la réforme du statut général de la fonction publique (qui régit l’ensemble des fonctionnaires des administrations centrales de l’État et des services déconcentrés qui en dépendent et s’étend également aux fonctionnaires des collectivités territoriales) pour y inclure cet outil, ce qui risque de prendre du temps et de déteindre sur les retombées escomptées du référentiel. L’objectif, à terme, est de lutter contre les injustices en matière de rémunération entre les départements ministériels et de mieux gérer les parcours professionnels dans une perspective interministérielle de mobilité qui tarde à être mise sur les rails en dépit de l’adoption d’un décret y afférent en 2015. Dans le cadre de l’élaboration de son projet professionnel, le fonctionnaire pourra grâce au référentiel mieux cerner son emploi et ses besoins en formation ou s’inscrire ainsi dans une démarche de mobilité.


65% des fonctionnaires sont des cadres

Au cours de la période 2007/2017, l’effectif budgétaire du personnel civil de l’État est passé de 525.049 à 570.165 fonctionnaires, soit une augmentation globale de 8,59% avec un taux d’accroissement annuel moyen de 0,83%. Ce taux dépasse légèrement l’évolution constatée de la population active qui est de 0,7%. La fonction publique est dominée par la catégorie des cadres (échelle 10 et plus) avec un taux de 65,83%. Quant aux effectifs du personnel d’exécution (échelles 5 et 6) et du personnel de maîtrise (échelles 7 à 9), ils se sont stabilisés respectivement aux alentours de 17,2% et de 16,97% de l’effectif civil total. Près de 90% de ces effectifs sont concentrés au niveau de six départements ministériels : l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur (54%), l’Intérieur (21%), la Santé (8%), la Justice (3%), l’Économie et les finances (3%) et l’Administration pénitentiaire (2%). Les jeunes fonctionnaires ayant moins de 35 ans constituent 44% de l’effectif global des fonctionnaires civils de l’État, ce qui traduit la tendance au rajeunissement des ressources humaines dans l’administration.

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