Maroc

Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Une région à fort potentiel (DOSSIER)

Tanger-Tétouan-Al Hoceima s’est hissée, depuis quelques années, parmi les régions les plus productrices de valeur ajoutée à l’économie nationale. Une montée en puissance qui s’est faite dans les règles de l’art grâce à des projets structurants.

Grâce à sa position géostratégique sur deux façades maritimes, la Région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTA) est devenue aujourd’hui un point de passage et d’échanges incontournable sur l’échiquier international. Il faut dire que la mise en place du projet pharaonique de Tanger Med a fortement contribué à cet essor. Mais cette ouverture sur l’international à travers le complexe portuaire n’est pas le seul point fort de la région.


En effet, TTA regorge d’un immense potentiel industriel. Preuve en est que de grandes multinationales s’y sont installées, offrant un véritable écosystème économique à la région, ainsi qu’un taux d’intégration local parmi les plus importants du pays. Et ce n’est pas tout : l’arrivée du train à grande vitesse (TGV) a également contribué au rayonnement de la région, la connectant avec les autres pôles industriels nationaux. TTA affirme également sa place importante dans d’autres secteurs, notamment l’agriculture et pêche, le tourisme, mais aussi l’artisanat. Enfin, le méga-projet de la Cité Mohammed VI Tanger Tech, en cours de réalisation, ne fera que confirmer, à terme, la dynamique économique de la région.

Le développement de la Région TTA est le résultat de la conjonction d’atouts géographiques (détroit de Gibraltar, situation aux portes de l’Afrique et de la Méditerranée) et historiques (Tanger ville internationale). Sa croissance est aussi, et surtout, le résultat d’une stratégie de développement national et territorial initiée par le roi Mohammed VI, visant à optimiser le rendement économique des infrastructures réalisées (port de Tanger Med, autoroute Rabat-Tanger, Ligne à grande vitesse, voies express, extension de la rocade méditerranéenne, mise à niveau des gares, etc.). La région a accéléré son rythme de croissance également à travers des projets structurants. Il s’agit, entre autres, de «Tanger-Métropole», lancé par le souverain en septembre 2013 et doté d’une enveloppe de 7,6 MMDH, du programme intégré de développement économique et urbain de Tétouan avec un budget de 5,5 MMDH, de «Al Hoceima, Manarat Al Moutawassit» (Al Hoceima, ville phare de la Méditerranée) dont le budget s’élève à 6,5 MMDH, et du Plan de développement régional (PDR) adopté par le Conseil de la région en avril 2017 annonçant plusieurs projets d’un montant global de 13 MMDH.

2e pôle économique national
Toutes les composantes de la Région TTA disposent d’un plan de développement qui s’inscrit dans une vision d’ensemble avec des objectifs bien définis. Aujourd’hui, la région est bien partie pour assurer une croissance pérenne, et selon les estimations des différents opérateurs de la région, elle s’érige comme étant le 2e pôle économique du royaume après Casablanca. Déjà, et selon la monographie de la région publiée par le Haut-commissariat au plan (HCP) en 2020, au titre de l’année 2018, l’économie de TTA a enregistré un produit intérieur brut de l’ordre 119.630 MDH, marquant un accroissement en valeur de 7,6% par rapport à 2017. Ce qui a permis à la région d’enregistrer le taux de croissance du PIB le plus élevé parmi les régions du royaume. En effet, en 2018, TTA avait contribué à hauteur de 10,8% à la création de la richesse nationale. Les comptes régionaux établis en 2018 montrent que les activités tertiaires (services marchands et non marchands) sont les mieux représentées dans la Région TTA, générant un PIB de 52.819 MDH. Elles contribuent ainsi pour 44,2% à la richesse régionale, et pour 9,5% dans le PIB national relatif à ce secteur. Ceci positionne TTA au 3e rang parmi les régions du royaume, derrière Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kenitra qui contribuent respectivement avec 31,1% et 18,9% au PIB national du secteur en question. Les activités secondaires (industrie, mines, électricité et eau, BTP) viennent en deuxième position avec une contribution de 32,2% au PIB régional, soit une valeur de 38.523 MDH. Elles permettent à la Région de TTA de s’établir au 2e rang au niveau national, à travers une contribution de 13,4% de la richesse nationale créée par ce secteur. Quant aux activités primaires (agriculture et pêche), elles représentent 10,6% du PIB régional et 9,4% du PIB national relatif à leur secteur, avec une valeur de 12.731 MDH.

Un marché du travail en évolution
Pour ce qui est de la situation du marché du travail au niveau de la Région TTA durant l’année 2020, le HCP rapporte la création de 14.339 emplois, résultant de la création de 14.859 postes en milieu urbain et la perte de 520 autres en milieu rural. La population active occupée âgée de 15 ans et plus est passée de 1.165.449 personnes en 2019 à 1.179.788 personnes en 2020, ajoute la même source, notant que le taux d’emploi au niveau de la région a atteint 41,7% en 2020, soit 38,3% en milieu urbain et 47,7% en milieu rural. Le secteur des services est le premier pourvoyeur d’emploi dans la Région TTA, accaparant 460.117 membres de la population active, suivi de l’agriculture, forêt et pêche (415.285), l’industrie (180.508) et le BTP (123.878). Par ailleurs, selon les données de l’enquête nationale sur l’emploi, 55,8% de la population active occupée de TTA est salariée, tandis que le taux d’emploi non rémunéré a atteint 17,2% de l’emploi total au niveau de la région. Par ailleurs, l’année 2020, marquée par la propagation de la Covid-19, a enregistré une baisse de 21,4% des heures travaillées, passant de 51 millions d’heures en 2019 à 42 millions d’heures en 2020, une régression qui correspond à 187.500 emplois à temps plein. Les heures hebdomadaires travaillées sont ainsi passées de 44 à 35 heures. Le taux de chômage au niveau de la région s’est, quant à lui, établi à 10,4%, soit moins que le taux de chômage national de 11,9%. Ce taux a atteint, au niveau de la région, 14,1% en milieu urbain et 4,7% en milieu rural.

Une richesse naturelle à prévaloir

La Région de TTA recèle des atouts importants pour le développement national. Ils s’articulent autour de plusieurs axes, notamment la richesse naturelle diversifiée au niveau de la région, dans la mesure où son positionnement géographique à la croisée de la Mer Méditerranée et l’océan Atlantique lui procure une longueur de côte de 400 km. Ce qui représente un capital considérable en termes de ressources halieutiques. La région est également caractérisée par différents milieux naturels formant des territoires hétérogènes, notamment les zones montagneuses (Jbala et Rif Central), les zones des collines douces (Le Tangérois et les zones de côte méditerranéenne), mais aussi les plaines situées au Bas Loukos. Par ailleurs, on y trouve un climat méditerranéen, avec des précipitations pouvant parfois être abondantes et dépasser 1.000 mm/an, spécialement dans les zones montagneuses (province de Chefchaouen et environs).

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco Docs

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