Maroc

Suspension de la Samir : Le Niet des boursicoteurs

Dans un sondage online exclusif de FLM pour Les  Inspirations ÉCO, il ressort que la quasi-totalité des 200 internautes sont opposés à la longue suspension en Bourse de la Samir.

98% des 200 internautes sondés par FLM sont opposés à la longue suspension en Bourse de la Samir quand seulement 2% ont approuvé cette longue suspension. Il semble qu’avec plus de 5 mois de suspension, la Samir confirme la jurisprudence de la CGI qui est restée sans cotation pendant 7 mois. Sans le dire, le CDVM semble instaurer une nouvelle doctrine empêchant la cotation des sociétés en difficulté, susceptibles d’initier et/ou de faire l’objet d’une offre publique. Si la seule difficulté impliquait une suspension, le CDVM aurait agi de la même manière pour Alliances, Med Paper voire Zellidja. Par ailleurs, à chaque reconduction de la suspension, le CDVM évoquait l’attente de publication d’informations importantes. Pourtant, la Samir a publié 8 communiqués depuis la suspension de son titre en Bourse. Ainsi, en forçant les traits, comme pour la CGI, les investisseurs en savent davantage actuellement sur la Samir que sur d’autres sociétés en situation dite normale. Avec ces différents paramètres, les investisseurs sont assez informés pour décider de brader le titre Samir, de s’y renforcer à bas prix ou d’attendre une éventuelle opération sur titre.


Manque de liquidités !
La réponse des boursicoteurs est donc probablement motivée par le fait que cette longue suspension crée au moins deux dysfonctionnements majeurs sur le marché boursier. Le premier est relatif à l’absence de liquidités pour les investisseurs ayant le titre dans leur portefeuille. Le second dysfonctionnement est relatif à la valorisation des OPCVM avec une différence de performance entre ceux détenant une position importante dans la Samir avec une valeur stable et ceux exposés aux autres titres ayant pu subir une forte correction. Enfin, un autre élément important est à signaler en relation avec l’impossibilité pour Corral de vendre sa participation dans la Samir, vu la non cotation du titre. Une telle situation renforce la crainte des investisseurs étrangers sur le manque de liquidités du marché boursier marocain. En conclusion, en voulant protéger les petits porteurs, le CDVM doit aussi penser à prendre en considération les intérêts des autres catégories d’investisseurs ainsi que l’impact du manque de liquidités. Rappelons enfin que l’activité de la Samir est à l’arrêt, notamment à cause de la réclamation par la Douane du paiement de la dette cumulée de 13MMDH, en préalable à la reprise de l’import de pétrole brut. En effet, le bras de fer avec l’État s’est durci depuis la décision unilatérale de la Samir de procéder à la suspension du raffinage. Ainsi, actuellement, avec 43MMDH de dettes, le dossier est entre les mains du Tribunal de commerce, surtout que le gouvernement s’est montré ferme vis-à-vis de Corral, exigeant une forte recapitalisation, sachant que la Samir avait validé le principe d’une augmentation de capital de 10MMDH. 


 

Farid Mezouar
Directeur de FL Markets

Les ÉCO : Que pensez-vous des réponses des internautes ?
Farid Mezouar : Encore une fois, les boursicoteurs font preuve de bon sens car le principe même de la cotation est de donner aux actionnaires une liquidité pour leurs investissements. Suspendre un titre pendant plusieurs mois plombe la liquidité et renforce l’incertitude .

Quelle serait l’alternative ?
La suspension peut durer quelques jours. Aussi, même pour informer les investisseurs les moins avertis, le CDVM peut demander aux commissaires aux comptes d’informer le grand public sur la situation de la Samir. Enfin, le CDVM ne peut être une assurance contre les fortes moins-values, les investisseurs en actions étant avertis du profil risqué de leurs placements.

Quelle sera l’issue de l’affaire ?
La fermeté de l’État et l’impossibilité d’un apport de 4 MM$ par Corral, l’affaire Samir semble s’enliser. La demande d’arbitrage international de la part d’Al-Amoudi risque de durer des années vu la complexité de ce genre de litiges. L’autre solution pour Corral serait de trouver un chevalier blanc capable de reprendre la Samir, tout en étant agréé par l’État. 


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