Maroc

Souss-Massa/Afrique de l’ouest : une ligne maritime directe en discussion

Pour conférer une dimension africaine à la Zone d’accélération industrielle (ZAI) de la région, la CGEM Souss-Massa a entamé les consultations pour la mise en œuvre d’une première ligne maritime directe reliant le port d’Agadir à ceux de l’Afrique de l’Ouest, notamment Dakar et Abidjan. La section patronale ambitionne aussi de lancer une seconde ligne vers Douala au Cameroun.

Plus d’un mois après l’élection d’une nouvelle équipe dirigeante à la tête de la section patronale de Souss-Massa, le bureau élu a inscrit parmi ses priorités, durant ce mandat 2022-2024, le lancement de solutions logistiques directes reliant le port d’Agadir aux enceintes portuaires de l’Afrique de l’Ouest. A en croire Driss Boutti, président de la CGEM, Union régionale de Souss-Massa, les premiers contacts ont été déjà entamés, du 26 au 27 mars, lors de la visite, de la délégation d’ambassadeurs accrédités au Maroc représentant, entre autres, plusieurs pays africains afin d’explorer de futures pistes de coopération, de partenariat et d’investissement au niveau de la région Souss-Massa.

Parallèlement, les consultations pour la mise en œuvre de la première ligne directe reliant le port d’Agadir aux ports autonomes de Dakar, au Sénégal, et Abidjan, en Côte d’Ivoire, ont été initiées par le président de la CGEM avec les acteurs concernés, y compris les compagnies maritimes, notamment Maersk, MSC, Marsa Maroc et d’autres opérateurs étatiques ainsi que le tissu économique de la région.

«Cette première ligne régulière est soutenue par l’ensemble du tissu industriel régional. C’est une priorité pour la CGEM, mais aussi pour la région d’Agadir Souss-Massa afin de relier Agadir aux ports de l’Afrique de l’Ouest», explique Driss Boutti, président de la CGEM Souss-Massa.

En attendant l’aboutissement de ce processus de consultation et de négociation, l’idée, selon la présidence de la CGEM-Souss-Massa, est d’offrir aux opérateurs régionaux, ainsi qu’aux zones régionales avoisinantes, cette première solution logistique directe qui permettra d’exporter vers les pays voisins du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger. S’agissant de la seconde ligne, qui est aussi prévue, elle ambitionne de relier Agadir à Douala au Cameroun afin de desservir le Nigéria, le Togo, le Gabon et le Bénin.

Volumes exportés : le défi de la rentabilité économique

Dans le détail, la fréquence de la première ligne maritime permettra de réduire le temps d’acheminement grâce à cette liaison directe, chose qui évitera aux marchandises des transbordements via d’autres enceintes portuaires. Elle permettra aussi de capter une part des exportations acheminées par le trafic international routier (TIR) et l’amélioration des conditions de transport des marchandises, surtout celles périssables, au niveau des zones frontalières et éviter, de facto, les pertes potentielles qu’endurent ces produits tout au long de ces trajets.

Pour réussir cette ligne, l’ensemble des acteurs sont conscients de la nécessité de mobiliser les volumes nécessaires, aussi bien à l’export qu’à l’import, pour rentabiliser et pérenniser ces lignes dans le cadre d’une mutualisation et massification des volumes avec un transit time rapide.

Actuellement, les prévisions de chargement sont prometteuses, selon Driss Boutti, président de la CGEM-Souss-Massa, étant donné que la région est à forte vocation exportatrice, notamment à travers l’export des fruits et légumes, les conserves et les semi-conserves, les produits agroalimentaires et bien d’autres.

Il s’agit aussi de donner du temps aux exportateurs pour qu’ils puissent s’adapter à cette solution logistique, et de la prédisposition du Conseil Régional Souss-Massa à accompagner sa réussite et son installation à travers un appui financier en capitalisant sur les différentes conventions signées avec les pays de l’Afrique de l’Ouest lors des différentes visites royales.

ZAI du Souss-Massa : une vocation africaine

Une fois installée, ces deux premières lignes permettront de renforcer le positionnement de la Zone d’accélération industrielle (ZAI) de Souss-Massa à vocation généraliste, multisectorielle et multi-écosystème industriel réalisée dans le cadre de la déclinaison régionale à Souss-Massa du Plan d’accélération industrielle (PAI). D’une superficie de 350 ha, la 1ère tranche de cette zone, étalée sur 64 ha, a été déjà réceptionnée.

Elle est constituée de 80 lots industriels en plus de neuf lots dédiés aux services et une zone showrooms. L’idée est de conférer à cette ZAI une vocation africaine pour encourager les entreprises étrangères à s’installer dans cette zone et exporter vers l’Afrique de l’Ouest.

Par ailleurs, l’ensemble des études réalisées par Morocco Fodex (ancien EACCE), au sujet de l’Afrique de l’Ouest, ont constaté une absence quasi totale de lignes directes de transport maritime, entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest. Ce qui génère des surcoûts et limite incontestablement la compétitivité-prix des produits exportés en relation avec le transit time.

Aujourd’hui, les tendances des importations mondiales montrent que l’Afrique de l’Ouest se place comme un marché prometteur en termes de dynamisme, après l’Asie, tandis que les grands bassins d’importation, en termes de chiffres d’affaires, sont l’Union européenne, l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Afrique en dernier, après la Russie et l’Amérique du Sud.

Les fruits et légumes sont les premiers produits importés par l’Afrique de l’Ouest alors que les quatre principaux pays importateurs sont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Nigéria et la Mauritanie. Ces pays côtiers réexportent essentiellement vers les pays enclavés, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Toutefois, les principaux fournisseurs qui profitent de cette dynamique sont le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Afrique du Sud.

Pour rappel, un protocole d’accord a été déjà conclu, depuis 2018, pour l’aménagement, le développement et la gestion de la plateforme logistique marocaine pour la commercialisation des fruits et légumes au Port autonome d’Abidjan. En principe, la gestion de ce projet, qui se fait toujours attendre, devra être confiée à l’Agence Spéciale Tanger Med «TMSA».

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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