Maroc

Safer Internet Day : le Maroc mobilisé pour un monde digital plus sûr

Le Centre marocain de recherches polytechniques et d’innovation (CMRPI) se fait le champion d’une cause cruciale en organisant la conférence nationale du Safer Internet Day 2024. Le rendez-vous met en lumière l’importance de la sécurité en ligne et la protection des enfants dans un monde de plus en plus façonné par les technologies numériques et l’intelligence artificielle.

Le Safer Internet Day a fleuri en un mouvement mondial grâce au réseau Insafe, tissant une toile de sensibilisation et d’action pour un Internet plus sûr. Désormais, cette initiative déploie ses ailes numériques au-delà des frontières européennes, touchant près de 200 nations et territoires, portée par la Commission européenne et le réseau Insafe/INHOPE. C’est en 2018 que le Maroc a rejoint officiellement ce mouvement mondial, guidé par le Centre marocain de recherche Polytechnique et d’Innovation (CMRPI), sous l’égide du ministère de l’Économie numérique.

En avant toutes !
L’édition 2024 de Safer Internet Day a pour ambition de mettre en place un plan d’action. Au cœur de cette initiative se trouvent trois piliers fondamentaux : la sensibilisation, la formation et les études. Un triptyque stratégique qui vise à éclairer, éduquer et comprendre les enjeux complexes de la sécurité sur Internet.

Le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports prend les devants en lançant la septième édition de sa campagne de sensibilisation, déployant ses efforts tout au long du mois de février pour toucher chaque école à travers le Royaume. Mais la sécurité ne s’arrête pas à la sensibilisation. Elle exige également une préparation adéquate. C’est pourquoi des sessions de formation sont prévues, visant à armer les professionnels du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication dans la lutte contre la cyberviolence et le cyberharcèlement. Une armure de connaissances et de compétences qui renforcera leur capacité à affronter les défis numériques contemporains. Ce n’est pas tout, une autre annonce résonne dans la salle.

Le CMRPI s’apprête à lancer une étude approfondie sur les abus sexuels en ligne contre les enfants au Maroc. Une initiative cruciale qui révélera les contours sombres de cette réalité virtuelle, menée en partenariat avec le Centre international pour enfants disparus et sexuellement exploités (ICMEC).

Augmentation constante des signalements
Le tableau des réalités numériques au Maroc se dévoile à travers les statistiques du portail du signalement de l’Espace Maroc Cyberconfiance. Depuis son lancement en février 2021, cet espace digital s’est dressé comme un rempart protecteur pour les internautes marocains, surtout les plus jeunes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, témoignant d’une augmentation constante des signalements de contenus de cyberviolence et de cyberharcèlement, atteignant plus de 1.745 signalements jusqu’à octobre 2023.

Parmi ces cas, des témoignages poignants révèlent des réalités difficiles à digérer, avec 98 signalements liés à des photos et vidéos d’abus sexuels contre des enfants, une triste réalité qui nous rappelle l’urgence de l’action. Les menaces en ligne sont diversifiées, allant de la diffamation à l’exploitation sexuelle en passant par le chantage et l’usurpation d’identité.

Les réseaux sociaux tels que Facebook, WhatsApp et Instagram servent de toile de fond à ces actes répréhensibles, avec une prédominance des vidéos comme moyen de propagation. Il convient de noter que la tranche d’âge de plus de 26 ans est la plus active dans le signalement des cas de cyberviolence et de cyberharcèlement, représentant 59% des signalements, suivie par les 18-25 ans avec 28,4%. Les adolescents de 12 à 17 ans représentent 7,32% des signalements, tandis que les enfants de 5 à 12 ans en représentent 5,26%, totalisant ainsi 15,58% des signalements concernant la cyberviolence et le cyberharcèlement en ligne à l’encontre des enfants.

En outre, 3% des signalements concernent les photos et vidéos d’abus sexuel en ligne, enregistrés par le portail Internet Watch Foundation IWF-Maroc. Plus de 60% des victimes souhaitent rester anonymes lorsqu’elles signalent des contenus de cyberviolence et de cyberharcèlement, mais cela ne signifie pas qu’elles restent silencieuses. La demande croissante d’accompagnement juridique ou psychologique souligne un besoin urgent de soutien pour ceux qui ont été touchés par ces actes destructeurs.

La période de septembre 2023 a été marquée par une augmentation significative des signalements, en réponse à l’appel du CMRPI pour signaler les contenus relatifs aux enfants sinistrés et victimes du séisme. Cette mobilisation rapide et efficace souligne la capacité de la communauté en ligne à se rassembler pour combattre les injustices numériques.

Kenza Aziouzi / Les Inspirations ÉCO



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