Maroc

Report de la rentrée scolaire : les élèves et leurs familles dans le désarroi

La rentrée scolaire au titre de l’année scolaire 2021-2022 a été reporté au 1er octobre prochain. La décision du ministère de tutelle concerne l’ensemble des établissements scolaires et universitaires, aux centres de formation professionnelle, aux établissements d’enseignement traditionnel aussi bien privés que publics, ainsi qu’aux écoles des missions étrangères. Les élèves et leurs familles sont déboussolés par ces multiples reports.

L’annonce officielle du ministère de tutelle de reporter la rentrée scolaire au 1er octobre suscite nombre d’interrogations, à commencer par l’utilité d’un tel report ainsi que ses répercussions pédagogiques. D’après nos informations, le ministère de l’Éducation nationale a examiné tous les scénarios et a finalement opté pour cette décision qui vise à favoriser l’égalité des chances entres les élèves, quitte à prolonger l’année scolaire en juillet. Dans les conditions actuelles, faute d’immunité collective, les élèves de l’enseignement public seront lésés, car ils seront contraints de suivre un mode d’enseignement hybride qui alterne entre le présentiel et l’auto-apprentissage.


Sauf qu’il a été constaté que ce n’était pas un système égalitaire, car nombreux sont les établissements privés qui arrivent à mettre en place les règles de distanciation et à dispenser, ainsi, l’enseignement en présentiel. Certaines écoles privées notamment dans les grandes villes sont aussi équipées des moyens nécessaires pour dispenser un véritable enseignement à distance alors que l’enseignement public peine à mettre sur les rails ce type d’enseignement à cause du manque d’équipements.

Durant l’année scolaire précédente, la plupart des élèves dans les écoles publiques n’étudiaient que la moitié du temps et étaient, ainsi, livrés à eux-mêmes pour compléter leur formation. Ce que Saaid Amzazi appelle «auto-apprentissage» s’avère une mission difficile, notamment pour les élèves dont les parents n’ont pas les compétences nécessaires pour les accompagner au niveau scolaire ou les moyens pour leur payer des cours de soutien. Conscient des insuffisances de ce mode d’enseignement, le ministère de l’Éducation nationale veut visiblement démarrer la nouvelle année scolaire en présentiel.

Le communiqué du département de tutelle est, en effet, clair en la matière, précisant que le report «permettra de réunir les conditions appropriées pour l’adoption du mode de l’enseignement présentiel pour tous les élèves, les étudiants et les stagiaires de la formation professionnelle». Cet ajournement s’explique aussi, d’après le ministère, par «le souci de généralisation de l’accès à la vaccination pour tous les élèves ciblés par cette opération, qui ouvre la voie à la réalisation de l’immunité collective». Peut-on, ainsi, comprendre que la vaccination sera obligatoire pour les enfants qui suivront l’enseignement en présentiel ? D’après nos sources, le gouvernement ne peut pas imposer la vaccination aux élèves, mais l’espoir est que les parents répondent massivement aux appels de vaccination.

En tout cas, l’optimisme est au rendez-vous. Les premiers chiffres sont rassurants, d’après une source gouvernementale. Par ailleurs, quid de l’enseignement privé ? Les parents, seront-ils contraints de payer les frais de scolarité de septembre ? Saaid Amzazi a vite tenu à dissiper les craintes à cet égard soulignant, dans différentes sorties médiatiques, que les familles seront dispensées des frais de scolarité de ce mois. Ce qui n’arrangerait pas les professionnels de ce secteur dont les représentants devaient se réunir avec le ministre, hier après-midi, pour discuter ce dossier.

Juridiquement, le département de l’Éducation nationale a-t-il le droit de prendre cette décision et surtout de l’imposer ? Amzazi a, à plusieurs reprises, souligné que son ministère n’a aucune marge de manœuvre sur les tarifs des écoles privées. Il faudra attendre l’adoption du décret relatif à cette question pour pouvoir agir sur les frais de scolarité des établissements privés. Le Comité de veille économique pourrait être sollicité, le cas échéant, pour soutenir le secteur et alléger la pression sur les parents.

Jihane Gattioui / Les Inspirations ÉCO

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Bouton retour en haut de la page