Maroc

Réfugiés au Maroc : la baisse du revenu, principale inquiétude liée au confinement

Une enquête, réalisée par le Haut-commissariat au plan début juin, révèle que la période du confinement a été très difficile pour les réfugiés.

En partenariat avec le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Haut-commissariat au Plan (HCP) a réalisé une enquête auprès des réfugiés au Maroc. L’opération, menée du 2 au 8 juin, avait pour objectif d’évaluer l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la situation économique, sociale et psychologique de cette population. Elle a ciblé un échantillon de 600 ménages, représentatif des différentes catégories de réfugiés, selon le pays d’origine, la ville de résidence, l’âge, le sexe et le niveau scolaire. «Les objectifs assignés à cette investigation consistent à recueillir des informations sur le comportement des réfugiés dans le contexte du confinement sanitaire et à évaluer leur accès aux produits de consommation et d’hygiène, aux sources de revenus, aux services de santé et à l’enseignement», indique le HCP.

La baisse du revenu et la perte d’emploi, les deux principales inquiétudes
Le nombre de ménages réfugiés au Maroc s’élève à 2.168. Près du tiers de ces ménages (32,3%) sont d’origine syrienne, 16,9% centrafricaine, 16,6% yéménite et 8,9% sud-soudanaise. La taille moyenne des ménages réfugiés est de 3,4 personnes. «Elle est plus élevée parmi les ménages syriens avec 5,2 personnes, et plus réduite parmi ceux d’origine sud-soudanaise (2,1)», indiquent les données collectées par le HCP. Durant la crise sanitaire, ce sont 7 ménages réfugiés sur 10 qui se sont confinés depuis l’adoption de l’état d’urgence sanitaire au Maroc et 23,3% depuis la date de fermeture des écoles. «Presque tous les réfugiés (99,3%) ont respecté les mesures de confinement sanitaire», indique le HCP. En ce qui concerne les motifs invoqués pour sortir de leur domicile, les réfugiés sondés ont affirmé que cela était justifié par la nécessité de s’approvisionner ou de régler des affaires personnelles. Loin derrière, d’autres considérations ont été évoquées, dont «la nécessité de régler des affaires personnelles et administratives (15,9%), de satisfaire les besoins sportifs et récréatifs (11,2%), d’accéder aux soins médicaux (10%) et d’aller au travail (9,4%)». Une large connaissance des symptômes de la pandémie par les réfugiés au Maroc a aussi été observée. D’un autre côté, les trois quarts des ménages réfugiés disposaient d’une autorisation exceptionnelle de sortie pour effectuer les courses de première nécessité pendant le confinement, dont 67,1% qui ont pu l’obtenir facilement, alors que 6,8% ne l’ont eu que difficilement. La part des ménages ayant obtenu l’autorisation exceptionnelle de sortie est de 89,1% parmi les Syriens, 83,4% pour les Ivoiriens, 75% parmi les Yéménites et 67,3% pour les Centrafricains. Concernant les inquiétudes exprimées, les réfugiés évoquent la baisse de revenu, notamment auprès des Syriens et des Sud-soudanais. Ils indiquent également la perte d’emploi (41%), la perturbation du mode de vie (24,6%), la privation d’activités de loisirs (22,7%), l’approvisionnement en produits de première nécessité (19,3%) et le suivi des études des enfants (15,4%). À noter que la quasi-totalité des réfugiés (98,5%) est arrivée sur le territoire national après 2000. La moitié d’entre eux (50,3%) sont ici depuis 2015, 34,3% entre 2010 et 2014 et 13,9% entre 2000 et 2009. L’ancienneté moyenne des réfugiés au Maroc est de 6,2 ans. «Elle est plus longue parmi les Ivoiriens (9,3 ans) et les Syriens (7,6 ans) et plus courte parmi les réfugiés du Soudan du Sud (2,4 ans), ceux du Yémen (3,3 ans) et de Centrafrique (4,4 ans)», précise l’enquête.

L’accès aux services médicaux garanti

Parmi les 31% de réfugiés souffrant de maladies chroniques, 62,8% ont accédé aux services de santé pendant le confinement. Cette proportion est de 56,2% parmi les Centrafricains, 59,8% parmi les Syriens, 64,7% parmi les Yéménites et 70,7% parmi les Ivoiriens. De même, parmi les 36,6% de réfugiés souffrant de maladies passagères, 73,8% ont accédé aux services de santé. La part des ménages réfugiés ayant des enfants à vacciner est de 10%, dont environ le tiers qui a accès aux médicaments pris en charge par le HCR. Enfin, l’anxiété, la dépression ou la peur ont constitué le principal impact psychologique du confinement sanitaire sur les réfugiés (52,5%). Le sentiment de privation de liberté d’action a été également ressenti par 50,8% des réfugiés. D’autres effets psychologiques ont altéré le bien-être des réfugiés dont les troubles du sommeil, que connaissaient 29,7% d’entre eux, l’hypersensibilité ou nervosité (14,4%) et les troubles de l’appétit (8,8%).

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco

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