Maroc

Protection sociale : les artisans trépignent d’impatience

Alors que les contours de la future généralisation de la protection sociale se dessinent petit à petit, les potentiels bénéficiaires, dont les artisans, se réjouissent de ce chantier.

Aucun superlatif n’est de trop pour qualifier la généralisation de la protection sociale qui suscite déjà de nombreux espoirs. Une véritable révolution sociale au Maroc, selon un analyste tunisien. Un projet «sans précédent» dans l’histoire du Maroc et de toute la région, s’exclame un journaliste mauritanien. Et c’est peu dire ! En effet, la mise en œuvre du projet de généralisation de la protection sociale, lancée par le roi Mohammed VI, mercredi 14 avril à Fès, vient répondre à de nombreuses attentes, en particulier dans le domaine social, a souligné Abdelali Filali, professeur de sciences politiques et constitutionnelles à la Faculté polydisciplinaire d’Errachidia.


Dans une déclaration accordée jeudi à la MAP, Filali, coordinateur de la filière droit et de la licence professionnelle «Le droit et l’acteur de développement», explique que ce projet permettra d’intégrer le secteur informel et de le réhabiliter, dans le cadre du processus de structuration et d’organisation de plusieurs secteurs où les professionnels souffrent de nombreux problèmes.

Ces catégories bénéficieront ainsi de la protection sociale au même titre que les adhérents aux différentes caisses de sécurité sociale et de retraite. Un point de vue que partage largement Redouane Hanoune, président de la commission technique au sein de l’Instance nationale des artisans et de l’industrie artisanale. Convaincu de la pertinence du projet, il souligne la réalisation en cours d’actions allant dans le sens de la concrétisation du vœu royal, à savoir la mise en place d’un registre national pour les artisans. Ce qui permettra d’identifier l’intégralité des travailleurs du secteur. «Ainsi, poursuit-il, tout artisan adhérant à ce registre pourra être identifié avec un numéro d’identification unique.» S’agissant des mécanismes de déclarations, Hanoune souligne que ceux-ci permettront d’assurer une forme d’intégration de l’informel dans l’économie formelle, avant d’ajouter que cotiser, c’est contribuer à l’économie globale tout en bénéficiant d’une couverture sociale et d’une retraite. Il faut noter que le secteur de l’artisanat, qui emploie plus de 2 millions de personnes et représente 7% du PIB du Maroc, avec un chiffre d’affaires à l’export de 1 milliard DH en 2019, a été durement impacté par la Covid-19. Cet effondrement a été marqué par l’arrêt quasi-total de l’activité des artisans ainsi qu’une baisse des commandes et des ventes aux niveaux national et international. En 2020, les exportations du secteur ont reculé de 34% durant les quatre premiers mois. Il s’est donc avéré nécessaire d’accélérer la restructuration du secteur de l’artisanat et d’améliorer les conditions de vie et de travail des artisans traditionnels.

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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