Maroc

Protection du consommateur : le corps associatif veut davantage se faire entendre

Ces dernières années, nombreux sont les nouveaux droits conquis par les consommateurs marocains sous l’impulsion royale. Mais en dépit de ces acquis indéniables, beaucoup reste à faire, raison pour laquelle le mouvement consumériste se bat aujourd’hui pour gagner en influence.

Si la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC) se réjouit des avancées enregistrées en matière de protection du consommateur, elle estime néanmoins qu’une meilleure implication du tissu associatif dans la prise de décision peut encore être opérée.

L’organisme salue, dans un communiqué parvenu à notre rédaction, l’élargissement du cercle d’influence du mouvement des consommateurs par l’intensification des campagnes de sensibilisation, «compte tenu de l’ouverture large et croissante des institutions de l’État et de la société à la culture de consommation et aux associations de protection des consommateurs».

Malgré toutes ces avancées majeures, «nous aimerions être plus écoutés et mieux considérés», souligne Bouazza Kherrati, président de la FMDC.

Sollicité par Les Inspirations ÉCO, notre interlocuteur, qui met en avant la création progressive des guichets consommateurs volontaires puis professionnels, dont le nombre dépasse aujourd’hui la cinquantaine, insiste sur la nécessité pour le Royaume d’avoir un mouvement consumériste plus influent pour mieux défendre les intérêts des consommateurs au niveau des centres de décision.

En effet, le corps associatif, qui vise une plus grande force de frappe, siège seulement au niveau de quelques états-majors d’organismes comme celui de l’Institut marocain de normalisation (IMANOR), du conseil consultatif de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), du Conseil économique social et environnemental et du Conseil de la concurrence (où le président de la FMDC siège en tant qu’expert indépendant et non en tant que consumériste).

«Les conseils d’administration doivent rester à égale distance des fournisseurs et des consommateurs.

Pour ce faire, il faut que les représentants des deux côtés soient présents», souligne Kherrati.

Les associations de défense des droits des consommateurs, dont aucune ne jouit d’une reconnaissance d’utilité publique, de l’avis du président de la FMDC, plaident pour une représentativité effective au niveau de certaines instances nationales.

Il s’agit, notamment, de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) du Conseil de la concurrence, de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA).

À cette liste, qui est loin d’être définitive, s’ajoute l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) qui se substitue au Conseil déontologique des valeurs mobilières.

Ce n’est pas tout. À l’image de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), association patronale, les défenseurs des droits des consommateurs, qui regrettent leur impuissance face à la «hausse ahurissante de certains prix», plaident pour avoir des députés à la Chambre des conseillers… à défaut d’intégrer d’autres institutions représentatives.

Des acquis à préserver
Selon Kherrati, le cadre législatif est assez avancé pour permettre aux associations consuméristes de jouir pleinement de leurs droits au niveaux des différentes instances de décision.

En effet, le discours du 20 août 2008, commémorant la révolution du Roi et du peuple, avait suscité un réel espoir.

Il s’agit d’une date importante pour la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC) qui considère l’évènement comme une ligne de démarcation entre une période où le fournisseur jouissait de tous les droits et une autre où l’équilibre avec le consommateur a été établi.

Sur le terrain, il a constitué un tournant décisif dans la marche du mouvement consumériste dans notre pays, «comme nous l’avons évoqué à maintes reprises, car il a eu un impact significatif sur l’équilibre des pouvoirs par rapport à la situation existante, caractérisée par une disparité notable dans la relation entre le fournisseur et le consommateur», se réjouit la FMDC.

L’organisme salue, dans le communiqué parvenu à notre rédaction, l’élargissement du cercle d’influence du mouvement des consommateurs par l’intensification des campagnes de sensibilisation, «compte tenu de l’ouverture large et croissante des institutions de l’État et de la société à la culture de consommation et aux associations de protection des consommateurs».

La loi 12-104 relative à la liberté des prix et de la concurrence, la loi 07-28 ayant trait à la sécurité sanitaire des produits alimentaires et la loi 09-24 portant sur la sécurité des produits industriels et de service, sont venues renforcer ces acquis.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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