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Protection des mineurs : Le Maroc peut mieux faire

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Rares sont les actions de sensibilisation aux dangers de l’utilisation d’Internet par les mineurs. Le Maroc est appelé à renforcer le dispositif de protection des données personnelles des enfants et des jeunes aussi bien sur le plan opérationnel que législatif.

Les efforts déployés par le Maroc en matière de protection des données à caractère personnel des mineurs sur Internet doivent se renforcer. Le royaume part pratiquement à zéro dans ce domaine en dépit des dispositifs mis en place par la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP) qui ne peut pas, à elle seule, venir à bout du fléau de la cybercriminalité qui nécessite une approche innovante et multisectorielle. Le premier défi a trait à l’examen approfondi de l’usage des technologies de l’information et de la communication chez les enfants et les jeunes Marocains pour pouvoir cerner la problématique et pouvoir y répondre efficacement. Or, les données se font rares en la matière en dépit de leur importance dans la prévention contre toutes les formes de cybercriminalité. Conscient de cet enjeu, le Centre marocain de recherches polytechniques et d’innovation a mené une étude analytique pour comprendre l’état des lieux au Maroc en matière d’utilisation d’Internet par les enfants et les jeunes. Il en ressort que 28% seulement des jeunes internautes connaissent très bien le terme de cybercriminalité. Le mode d’utilisation d’Internet par les mineurs marocains les expose aux risques de la cybercriminalité. En effet, 58% des enfants interrogés utilisent Facebook alors que ce réseau social est interdit aux moins de 13 ans, ce qui risque de constituer un véritable danger pour la sécurité des mineurs. 6,7% ont reçu des demandes de rencontres et 4% des demandes d’activation de caméras. Il apparaît clairement que la sensibilisation est on ne peut plus cruciale pour protéger les mineurs. Certes, des actions ont été lancées au cours des dernières années comme le lancement de la campagne de lutte contre la cybercriminalité visant la sensibilisation des enfants aux dangers de la technologie moderne et la promotion d’une culture d’usage sécurisé et équilibré du web mais les efforts déployés restent insuffisants par rapport aux besoins. La prévention est la clé pour combattre le fléau de la cybercriminalité.


Toutefois, ni les parents ni les enfants et les jeunes au Maroc ne semblent assez conscients des risques de l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Une situation à laquelle tente de remédier la CNDP qui vient d’organiser une rencontre sur la protection des données à caractère personnel et des mineurs sur Internet. Cette institution estime que l’un des défis majeurs que les autorités doivent relever est celui de protéger les mineurs en ligne, au moyen de réponses innovantes et coordonnées. La concrétisation de cet objectif passe par une meilleure compréhension de la nature et de l’ampleur du phénomène pour mieux y répondre. Les autorités marocaines sont appelées à s’intéresser davantage à la lutte contre la cybercriminalité et plus particulièrement «les attaques commises contre les mineurs en ligne» et le renforcement de la protection des données à caractère personnel. La multiplication des actions sur le terrain s’imposent. Le renforcement de la législation n’est pas en reste. Le royaume est appelé à s’inspirer des expériences d’autres pays et à s’aligner sur les législations internationales. La CNDP va entamer l’étude de nombre de mesures juridiques internationales relatives à la protection des données personnelles des enfants pour une éventuelle introduction à la loi 08-09.

Le Maroc a demandé en 2012 à adhérer à la Convention de Lanzarote signée par les 47 pays membres du Conseil de l’Europe, qui est le premier instrument international érigeant l’abus sexuel d’enfants en crime. Néanmoins, cinq ans après cette initiative, le royaume n’a pas encore déposé les instruments nécessaires contrairement à la Tunisie qui s’apprête à compléter le processus de son adhésion à cette convention. Si rien n’est fait d’ici mai, la demande marocaine sera annulée. 


Les Marocains et Internet : liaisons dangereuses ?

Les résultats de l’étude menée par le Centre marocain des recherches polytechniques et d’innovation donnent un aperçu sur le comportement des enfants et des jeunes Marocains sur les réseaux sociaux et le degré de leur conscience quant aux dangers d’Internet. Celle-ci a porté sur deux échantillons d’enfants ayant entre 10 et 12 ans, 14 et 25 ans, laquelle a permis de   connaître la manière et le volume d’utilisation des nouvelles technologies ainsi que quantifier les menaces et localiser la catégorie des jeunes internautes qui risque d’être victime d’une cyberattaque. L’enquête révèle que les smartphones et les ordinateurs portables sont les équipements les plus manipulés par les jeunes pour se connecter à l’Internet, avec 71% utilisant   les Smartphones et 66% les ordinateurs portables. 66% des enquêtés utilisent Internet pour la messagerie instantanée, 60% écrivent et commentent des publications ou mentionnent leurs appréciations à destination d’autres publications, 49% partagent des publications appartenant à des pages ou à autrui. Environ 25% des jeunes internautes partagent très souvent leurs photos et vidéos personnelles, 41% partagent leurs convictions politiques sur les réseaux sociaux et environ 50% leurs croyances religieuses. Seulement 22% des jeunes considèrent que les réseaux sociaux présentent un risque très important. Le média social le plus populaire chez les enfants est YouTube avec 79%, suivi de WathsApp avec 58% et Facebook avec 52%.

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