Maroc

Prix du baril, Acier, Phosphate, Inflation: les projections de Bank Al-Maghrib

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Le Conseil de Bank Al-Maghrib a tenu la semaine dernière sa troisième session trimestrielle de l’année 2021. Lors de cette réunion, l’institution a analysé la conjoncture économique, aux niveaux national et international, à la lumière de l’évolution de la situation sanitaire, ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de la Banque centrale. Une certaine accentuation des pressions inflationnistes externes a été relevée.

Les opérateurs économiques marocains vont devoir redoubler de vigilance des mois encore, suite à l’entrée en application d’un certain nombre de décisions, dont la hausse du prix de l’électricité dans l’Union européenne et en Turquie ainsi que la menace de mesures contraignantes venant de Chine… Sur les marchés des matières premières, l’orientation à la hausse des cours se poursuit. Lorsque nous sondons le terrain pour recueillir l’avis des opérateurs, les réactions sont très diverses. Chez les professionnels de la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (Fenelec), spécialisés dans la fabrication de câbles électriques à base de cuivre, la hausse des cours du métal ocre «réduit considérablement les marges, empêche certains opérateurs d’honorer leurs contrats et provoque un phénomène de rationnement des ventes», nous indique Ali El Harti, président de la Fenelec. Dans le secteur de la sidérurgie, par contre, des opérateurs la voient d’un très bon œil, notamment la Sonasid.


Acier : l’horizon se dégage pour les sidérurgistes
Comment les sidérurgistes s’organisent-ils pour gérer ces hausses annoncées ? «L’augmentation des cours des matières premières est une excellente nouvelle pour l’acier. Il y a là un phénomène qui peut être encore bénéfique pour nous. Il s’agit de l’augmentation du prix de l’électricité en Europe, notamment en Allemagne et en Espagne», explique aux Inspirations ÉCO, Ismail Akalay, directeur général de la Sonasid et président de l’Association des sidérurgistes du Maroc.

Le concurrent turc, également, est touché par une hausse similaire du prix de l’énergie qui, sans aucun doute, devrait impacter sa compétitivité. Pour atténuer l’impact de la hausse du prix du gaz et de l’électricité, Bruxelles a dévoilé, mercredi 13 octobre, une série de mesures temporaires. L’Union européenne incite ainsi ses États membres à baisser leurs taxes sur l’énergie. Si la France a décidé un gel des prix du gaz jusqu’en avril 2022, cela est loin d’être le cas partout en Europe. «Il se peut que le marché européen devienne plus importateur qu’exportateur d’acier et produits dérivés.

D’un autre côté, nous, Marocains, avons déjà un acier vert, ce qui est de bon augure. Il se peut que le marché européen, intéressant à plus d’un titre, s’ouvre à nous. Pour nous, cela représente l’avantage d’un coût de logistique moindre à cause de la proximité», affirme Akalay. Pour les sidérurgistes marocains, la proximité avec le marché européen serait une opportunité à exploiter, d’autant plus que le congrès du parti communiste chinois vient de prendre la décision de réduire considérablement les exportations de produits semi-finis en acier. Ce qui annonce, d’ores et déjà, que le marché va connaître une baisse des volumes disponibles, du fait du retrait des produits chinois. «Ceci représente une deuxième opportunité pour nous. Autant d’éléments qui nous rendent optimistes, mais ce n’est pas encore gagné», souligne Akalay.

Le prix du baril va grimper
Selon Bank Al-Maghrib (BAM), le prix du baril ne devrait pas baisser de si tôt. Pour les produits énergétiques, le prix du Brent, en particulier, devrait passer de 42,3 USD/bl en moyenne en 2020, à 68,1 USD/bl en 2021, puis à 68,5 USD/bl en 2022.

Phosphate et dérivés :  hausse de la demande et  renchérissement des intrants tirent les prix vers le haut
S’agissant du phosphate et dérivés, l’amélioration de la demande et le renchérissement des intrants ont induit une augmentation importante de leurs prix au cours des neuf premiers mois de l’année, avec des progressions de 78,8% à 147,5 USD/t pour le phosphate brut et de 79% à 643,8 USD/t pour le DAP. Ces niveaux sont largement plus élevés que les dernières projections de la Banque mondiale, datant d’avril dernier, et qui tablent sur des prix respectifs de 90 USD/t et 450 USD/t en 2021 et de 91,9 USD/t et 425 USD/t en 2022, souligne BAM.

Les effets attendus sur l’inflation
Après une relative accélération à 1,6% en moyenne au deuxième trimestre de 2021, et à 2,2% en juillet, l’inflation est revenue à 0,8% en août, en lien avec la baisse des prix des produits alimentaires à prix volatils. Dans un contexte marqué par le renchérissement des produits énergétiques, le redressement de la demande intérieure et l’accentuation de l’inflation importée, elle devrait ressortir à 1,2% sur l’ensemble de cette année et s’établir à 1,6% en 2022 et ce, après un taux de 0,7% en 2020. Sa composante sous-jacente devrait passer de 0,5% en moyenne en 2020 à 1,4% en 2021 et atteindrait 2,1% en 2022, indique BAM.

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO

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