Maroc

Modèle de développement : le sport, un “vaccin” efficace contre le chômage

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Pour atteindre ses objectifs, le Nouveau modèle de développement du Maroc doit davantage mettre en avant le sport, levier apte à insérer socialement, mais surtout professionnellement, les jeunes défavorisés et en dehors des circuits scolaires et des formations.

C’est un document de 170 pages qui suscite beaucoup d’espoirs. Remis le 25 mai au roi Mohammed VI, le rapport de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) est un condensé de recommandations, qui une fois mises en application, pourraient propulser le Maroc dans une profonde transformation économique, sociale et politique. Ces solutions, formulées par les Marocains eux-mêmes en interaction directe avec la Commission à travers des auditions et séances d’écoutes, de contributions écrites ou transmises physiquement, montrent à suffisance l’urgence d’un Nouveau modèle de développement.


En effet, si cette démarche interactive a permis de lister les insuffisances du système socio-économique, elle a été l’occasion de mettre sur la table les leviers propices au futur changement. Et parmi les propositions considérées comme prioritaires par les Marocains, figure notamment la création par l’économie nationale de plus de valeur ajoutée et d’emplois de qualité, bénéficiant à l’ensemble des territoires et des jeunes en particuliers.

3 millions de jeunes hors du système
Pour ce faire, le pays doit s’appuyer sur un levier important, mais souvent négligé, qui est le sport. C’est du moins l’avis de Mohamed Amine Zariat, président-fondateur de l’ONG TIBU Maroc, pour qui le sport est un levier apte à insérer socialement, mais surtout professionnellement, des jeunes défavorisés et en dehors des circuits scolaires et des formations.

«Actuellement, le Maroc compte environ 3 millions hors du système. Ils ne sont ni au travail, ni en études, ni en formation», souligne Zariat.

Regroupés sous l’acronyme «Neet», qui signifie en anglais «Not in Education, employment or training.», ces jeunes ont entre 15 et 34 ans et ont complètement quitté le système scolaire ou professionnel. Si la plupart n’ont aucun diplôme et n’ont jamais connu le monde du travail, ils sont pourtant à la recherche d’un emploi activement, mais désespérément. Or, avec un peu d’effort et volonté politique, la plupart de ces jeunes désœuvrés pourraient être facilement absorbés par le système, ajoute le président-fondateur de l’ONG TIBU Maroc avant de saluer la belle part réservée aux préoccupations des jeunes, notamment en matière de sport, dans les propositions recueillies par la commission dirigée Chakib Benmoussa. «Souvent, lorsqu’on parle de sport, on a tendance à penser aux matches du dimanche.

«Or, le sport peut être un levier de plus que l’État peut mobiliser à travers des politiques publiques ciblées afin de faire émerger des industries locales», explique Mohamed Amine Zariat.

Cette méthode a d’ailleurs déjà fait ses preuves. Le secteur du sport, par ailleurs vecteur d’émancipation pour les jeunes, en particulier les femmes, a permis au Maroc de création de 240.000 emplois. Le Maroc est le premier pays en Afrique en termes d’investissements dans le sport avec une contribution au PIB en croissance passant de 0,64% en 2008 à 1,1% en 2018. Des acquis à consolider dans ce contexte de crise de la Covid-19, laquelle alimente un sentiment d’inquiétude quant à l’avenir, au vu de l’ampleur de ses impacts négatifs sur le plan économique et social, notamment en termes de pertes d’emplois, et accentue encore davantage le besoin de changement, comme le souligne le rapport de la CSMD.

En effet, selon les rédacteurs du dit document, «Dans ce contexte de détérioration de la confiance et d’aggravation des inégalités, des tensions sociales sont apparues, notamment dans les petites et moyennes villes, où l’intermédiation de proximité s’est érodée». Il convient donc de donner davantage de confiance aux jeunes marocains en quête d’un avenir meilleur qui, souvent, se sentent exclus du débat public. « Les élections législatives qui se profilent à l’horizon devraient constituer une belle occasion pour rectifier le tir», estime notre interlocuteur. Si les réseaux sociaux, en forte expansion durant cette période, ont libéré la parole et ont permis d’avoir un baromètre supplémentaire de la situation économique et sociale du pays, l’engagement des jeunes marocains dans les partis politiques et instances de prises de décisions demeure faible.

Tibu, un modèle de réussite d’intégration des jeunes par le sport

Fondée en 2011, TIBU est une entreprise sociale dont la mission est de former et d’insérer des jeunes défavorisés et souffrant d’exclusion sociale à travers le sport et le développement personnel. Elle a développé un modèle économique pérenne, au service d’un besoin social grâce à des revenus auto-générés et à la mobilisation de partenariats publics et privés. Principal acteur de l’insertion et de l’éducation des jeunes par le sport, TIBU gère aujourd’hui 19 centres au Maroc, répartis sur 14 villes, dans 8 régions.

Cette entreprise sociale ambitionne de couvrir les 12 régions du Royaume, d’accompagner la stratégie nationale en Afrique par le biais d’une diplomatie par le sport et de devenir « la locomotive du sport pour le développement en Afrique à horizon 2030 ».

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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