Maroc

Maths, sciences, langues : la majorité des élèves sans acquis !

Le deuxième rapport du Programme national d’évaluation des acquis scolaires des élèves 2019 a été présenté hier par Rahma Bourqia, directrice de l’Instance nationale d’évaluation. En trois ans, rien n’a vraiment changé. Le niveau des élèves du primaire et du collège reste faible. Ils enregistrent, pour la majorité, un sérieux déficit d’apprentissage en langues, mathématiques et sciences. 

Encore un rapport qui enfonce des portes ouvertes ! L’Instance nationale d’évaluation auprès du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation vient de présenter hier son deuxième Programme national d’évaluation des acquis scolaires des élèves 2019 (PNEA). Un rapport qui relève, encore une fois, les lacunes du système éducatif marocain. Malgré certaines avancées, les élèves des différents cycles et niveaux scolaires enregistrent encore des déficits d’apprentissage et d’importants écarts de performances persistent, creusant les inégalités. Au niveau des acquis linguistiques, notamment la maîtrise de l’arabe, 31% des élèves ont assimilé moins de 42% du programme de 6e année primaire, tandis que 42% en ont assimilé plus de 92%. La proportion des élèves en 6e année primaire, qui sont dans l’incapacité de répondre correctement à la moindre question du test, est de 2%.


Selon le milieu, le score enregistré en langue arabe, dans les écoles publiques issues des zones urbaines, est plus élevé que celui obtenu dans les zones rurales. Les élèves des écoles communautaires enregistrent un score en arabe supérieur de 7 points à celui obtenu par les élèves ruraux. Au niveau de la troisième année secondaire collégiale, 46% des élèves ont assimilé moins de 36% du programme d’arabe contre 10% seulement qui en ont assimilé plus de 90%. Pour ce qui est du français, les lacunes sont aussi notoires. À peine 12% des élèves, en 6e année primaire, ont assimilé la totalité du programme. 41% des élèves n’ont pas acquis, au cours des années antérieures, les ressources linguistiques requises pour poursuivre les cours de français. Plus en détails, les résultats dévoilés révèlent que 4% des élèves de la 6e année primaire n’ont pu répondre à aucune question du test de français et 9% ont réussi un seul item alors que 28% en ont réussi trois.

«Ces derniers sont à peine capables de comprendre le statut des personnages dans un court texte narratif et le sens d’un mot dans son contexte textuel et d’exprimer un rapport logique de cause. Ces acquis représentent à peine 8% du programme de français prescrit, soit sa partie la plus facile», souligne l’Instance d’évaluation.

Sans grande surprise, les écoles primaires privées devancent les écoles publiques urbaines en français. Les écoles privées enregistrent ainsi 34% en termes de proportion d’élèves ayant assimilé la totalité du programme, contre seulement 10% dans les écoles urbaines publiques. Les écarts entre les deux milieux tendent à se creuser lorsque le niveau de compétences des élèves augmente.

En effet, à la fin du cycle collégial, l’écart dans les scores entre l’enseignement privé et l’enseignement public urbain, concernant le français, s’accentue. Il atteint 82 points contre 47 à la fin du primaire. Plus globalement, les ¾ des élèves en 3e année du collège ont assimilé moins de 1/5 du programme de français tandis que seuls 11% en ont assimilé plus de 91%. Le Programme national d’évaluation des acquis scolaires des élèves analyse, également, le niveau en mathématiques. Là encore, les résultats sont alarmants. Moins de la moitié des élèves en 6e année primaire ont à peine assimilé 23% du programme et seuls 27% en ont assimilé plus de 88%. En effet, 4% des élèves n’ont pas été en mesure de répondre aux questions du test et 15% n’ont pu traiter qu’une seule question portant sur la multiplication d’un nombre entier par un décimal. Près de 3 élèves sur 10 sont capables d’effectuer la multiplication d’un décimal par un entier, faire des conversions de mesures de capacité et mesurer un angle sur une figure, soit seulement 22% du programme des mathématiques prescrit à ce niveau scolaire.

Au niveau du collège, 44% des élèves ont assimilé moins de 23% du programme de 3e année et 12% seulement en ont assimilé plus de 85%. Au niveau compétences dans les matières scientifiques, l’évaluation portait d’une part, sur l’éveil scientifique au primaire et d’autre part, sur les sciences de la vie et de la terre (SVT) ainsi que la physique-chimie (PC) au secondaire collégial. 38% des élèves ont assimilé moins de 43% du programme d’éveil scientifique tandis que le tiers en a maîtrisé plus de 84%. Pour les collégiens, ils sont près de la moitié a avoir absorbé 38% du programme des sciences de la vie et de la terre et 24% en ont acquis plus de 55%. En physique-chimie, 74% des élèves n’ont pas acquis le niveau de compétences minimales requises pour la poursuite des études scientifiques au lycée. Ainsi, dans l’ensemble, une grande partie des élèves affichent des faiblesses d’apprentissage ne leur permettant pas de comprendre et d’assimiler leurs programmes. Seule une infime minorité est performante et maîtrise la totalité du programme prescrit. «Cela engendre des déperditions à travers l’abandon et le redoublement, impactant ainsi négativement la survie scolaire des jeunes, et anéantissant tous les efforts investis par les pouvoirs publics dans les réformes successives de l’éducation», indique l’Instance pilotée par Rahma Bourqia.

Tilila El Ghouari / Les Inspirations ÉCO

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