Maroc

Les 6 partis s’engagent pour le reste du mandat

La charte de la majorité s’articule autour de 5 axes majeurs et canalise les divergences via une commission permanente qui devra émettre des communiqués portant la signature des leaders des 6 partis. Le RNI et le MP ont tenu leurs conseils nationaux durant le week-end dernier et l’USFP début février, pour dépasser les malentendus avec le chef de file de la majorité.


Finalisé depuis le 8 septembre 2017, à l’issue des 100 premiers jours du gouvernement d’El Othmani, le projet de la charte de la majorité devait être officialisé hier par les 6 leaders des partis formant l’actuelle équipe de l’Exécutif. Le timing de la signature reste crucial puisqu’il intervient le lendemain du remaniement gouvernemental qui a été dicté par l’activation du principe de la reddition des comptes. La nouvelle charte, qui sera la 2ème du genre après celle du gouvernement de Benkirane, s’articule autour de 5 axes généraux, dans l’optique de renforcer l’harmonisation entre les différentes composantes de la coalition gouvernementale. Pour consacrer le principe de la reddition des comptes et de l’autoévaluation, la charte de la majorité préconise l’organisation de séminaires destinés «au diagnostic commun de la conjoncture politique, économique, sociale ou à la présentation du bilan de l’action gouvernementale et parlementaire», souligne le document. La seconde grande priorité est l’instauration de «la plateforme adéquate pour la mise en œuvre du modèle de développement régional ainsi que l’accélération du rythme des réformes structurelles jugées prioritaires, selon les nouvelles orientations du programme du gouvernement».

Nouvelles instances
La charte opère via le procédé des structures qui seront créées entre les 6 partis pour rester sur les mêmes ondes, sans que cela ne provoque une absence de débat autour des questions qui suscitent des divergences entre les composantes de la majorité. Parmi ces nouveaux mécanismes se trouve la création d’une instance de la présidence de la majorité, «qui englobe les secrétaires généraux des partis ou ceux qui les remplacent, ainsi que 6 autres représentants», indique le projet. Cette instance devra tenir une réunion tous les deux mois et «à chaque fois que cela s’avérera nécessaire» avec des missions de pilotage et d’anticipation sur tous les sujets nécessitant une forte coordination. Le renforcement du cadre structurel de la majorité passera aussi par la mise en place de commissions permanentes ou provisoires, qui devront aussi voir le jour et qui seront chargées «de missions précises comme la communication et l’information et devront émettre des communiqués de presse», peut-on lire dans le projet finalisé par les 6 partis. La commission permanente de la majorité sera donc la seule habilitée à émettre des avis sur toutes les questions qui peuvent surgir et qui peuvent porter atteinte à l’esprit de la solidarité gouvernementale. La charte insiste également sur la coordination avec les députés et les conseillers via la nomination d’un coordonnateur chargé d’établir les priorités législatives. Deux propositions ont été émises dans ce sens : la création de deux instances séparées de la majorité au sein de la Chambre des représentants et celle des conseillers ainsi que la nomination d’un coordonnateur de la majorité au sein des commissions des deux chambres en vue de coordonner les positions à propos des projets et propositions de loi et la présentation d’amendements communs. La coalition menée par le PJD a fait en sorte que, dans la version finale de la charte, plusieurs structures voient le jour en vue d’éviter le piège des conflits insolubles durant ce mandat, ainsi que pour maximiser le temps législatif durant cette 2ème moitié de l’année législative. La charte a listé dans ce sens le renforcement des attributions des instances élues (les communes et les régions) à travers l’élaboration de la Charte de déconcentration administrative. La question sociale a figuré aussi en tête de liste des objectifs de la majorité, essentiellement «le renforcement de l’employabilité des jeunes afin de leur permettre d’accompagner les nouveaux métiers mondiaux du Maroc» ainsi que d’œuvrer pour «la réhabilitation de l’enseignement et l’appui à la formation professionnelle et ceci en plus de la révision des programmes actuels de promotion de l’emploi et l’activation de nouveaux programmes».

La majorité en rangs serrés
La signature de la charte intervient dans un contexte ou les partis ont finalisé plusieurs actions au niveau interne. C’est le cas du PJD qui a tenu son 8ème congrès national ainsi que la finalisation par le RNI de la nouvelle identité du parti qui a été débattue le 17 février par le bureau politique avant d’être proposé aux membres du conseil national. Pour l’USFP et lors du conseil national tenu le 2 février, le climat de la tension au sein de la majorité semble être dépassé, avec des décisions prises qui vont dans le sens «de la participation du parti au processus de la réforme en tant que membre actif». Pour le MP, le même esprit de mobilisation pour faciliter le travail commun de la majorité a été affiché lors du conseil national tenu le 17 février à Bouznika et dans lequel le rapport politique a insisté sur le cours normal de l’action gouvernementale suite à la signature de la charte pour ne pas entraver la marche normale des chantiers de la réforme. La nouvelle charte aura une portée obligatoire pour tout ce qui touche le volet de la communication des 6 partis, en dotant la commission permanente qui sera créée de missions exclusives dans ce sens. L’urgence de mettre en place les nouvelles unités de concertation avant mars prochain dicte les exigences contenues dans la feuille de route qui a été tracée pour les propositions des loi émanant des groupes parlementaires des 6 partis  ainsi que par le bilan d’une année d’exercice pour le gouvernement d’El Othmani en mai 2018.


Ce que prévoit le préambule

Tout en étant «un cadre de référence politique et éthique de l’action collective de la majorité», la charte vise cinq objectifs que sont «l’action commune, l’efficience dans les réalisions, la transparence de la gestion, la responsabilité solidaire et le dialogue avec les partenaires». La défense commune des intérêts des partis formant le gouvernement devra aussi porter sur la convergence des projets annoncés par le programme gouvernemental dans l’objectif d’assurer l’efficience des actions menées séparément par chaque ministre. Au niveau de la coordination, le préambule de la charte insiste sur l’alignement de tous les partis aux décisions de la majorité, «et de revenir à la charte chaque fois que des divergences apparaissent». La solidarité implique également que chaque parti défende les autres partis composant la majorité, y compris au sein des deux chambres du Parlement.

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