Maroc

Investissements : les CRI reprennent les choses en main

Après sept mois de gel de l’activité, les Centres régionaux d’investissement devront renouer avec un semblant de normalité, en attendant «d’atteindre leur vitesse de croisière», selon les attentes de l’Exécutif.

L’impact de la crise économique sur le rendement des conseils régionaux de l’investissement est loin d’être minime. Les centres régionaux d’investissement (CRI) ont en effet été sévèrement impactés par le scepticisme qui prévaut depuis le déclenchement de la crise sanitaire. Au sein de la deuxième Chambre, les groupes parlementaires ont interpellé le gouvernement sur le dispositif prévu pour permettre aux CRI de reprendre leur activité. «Malheureusement, la pandémie a impacté de manière significative l’activité des CRI au cours des derniers mois. Toujours est-il que, durant les jours qui viennent, les centres régionaux d’investissement pourront atteindre leur vitesse de croisière», a indiqué Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, devant la Chambre des conseillers. Le responsable gouvernemental a surtout dévoilé, lors de la séance hebdomadaire des questions orales, que plus de «50 attributions ont été transférées du centre vers les régions, avec comme objectif de résoudre toutes les problématiques d’investissement au niveau local». L’État compte aussi, avant la fin de l’année, assurer l’opérationnalisation de plusieurs attributions propres aux conseils régionaux avec en ligne de mire, la convergence des plans de développement régionaux (PDR) avec les orientations d’investissement tracées par les CRI. À noter que le plan de relance des centres s’appuie aussi sur la contractualisation entre l’État et les régions, avec deux contrats signés jusqu’à présent (Fès-Meknès et Dakhla-Oued Eddahab) qui seront généralisés courant 2021. Il faut dire que, du côté des élus, 2020 tient de l’année blanche pour les CRI, ce qui devra pousser l’Exécutif à activer, dans les plus brefs délais, une batterie de mesures légales et réglementaires pour accélérer le traitement des dossiers d’investissement.


Le premier plan d’action pluriannuel
Le délai pour la finalisation du plan d’action qui couvre les trois prochaines années est fixé à fin 2020. Le gouvernement a déjà procédé à l’installation des organes de direction des nouvelles commissions régionales. Les composantes du conseil d’administration des nouvelles instances sont l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), l’Agence nationale pour la promotion de la PME (Maroc PME), l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), l’Agence pour le développement agricole (ADA) et l’Agence nationale de développement de l’aquaculture (ANDA) pour les régions ayant une façade maritime. La Caisse centrale de garantie (CCG) et l’agence urbaine du chef-lieu de la région concernée sont également membres du conseil d’administration, de même que les présidents des quatre catégories de chambres professionnelles. Pour assurer une large présence de l’ensemble des acteurs, l’organisation professionnelle des employeurs la plus représentative et tout autre personne indépendante à titre consultatif ont aussi droit de siège. En plus de cette réforme structurelle, les missions urgentes figurant sur la feuille de route du gouvernement, qui a été remise aux conseillers, consistent à tracer les orientations des centres, en tenant compte de la période creuse intervenue cette année. Il faut dire que la loi sur les CRI oblige la tenue, avant la fin de l’année, de la réunion de l’instance décisionnelle des centres en vue d’approuver le programme prévisionnel, ce qui laisse suffisamment de temps pour mettre en place de nouvelles entités. Les normes, nouvellement entrées en vigueur, obligent les centres à soumettre à la commission interministérielle de pilotage une évaluation annuelle de performance. Cette obligation permet à la commission interministérielle de superviser l’offre d’investissement au niveau régional et, surtout, d’évaluer les actions prévues pour la simplification des procédures et de «régler les éventuelles difficultés rencontrées dans l’accomplissement des missions des commissions régionales», comme le prévoit le décret d’application de la loi 47-18.

Une nouvelle génération de procédures

La reprise des activités des CRI se fera selon de nouvelles normes procédurales qui accordent des délais de réponse précis, de même qu’elles offrent aux porteurs de projets une plus grande visibilité en cas de refus. La reprise devra aussi se faire selon un nouveau cadre d’échange des données entre les régions et les CRI, dans l’optique de conférer aux projets une plus grande utilité sur le quotidien des habitants de région concernée. À noter que l’une des principales exigences, présentement, est la clarification des cas où les commissions régionales d’investissement seront appelées à prendre des décisions, donner des avis ou émettre des avis conformes sur la base des décisions prises par d’autres instances.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco


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