Maroc

Inflation : 2020, année de la cherté ?

Dans sa récente note d’information relative à l’Indice des prix à la consommation, le Haut-commissariat au plan souligne que l’IPC moyen annuel a enregistré une augmentation de 0,7% par rapport à 2019. Une hausse qui s’explique notamment par celle de l’indice des produits alimentaires et non alimentaires.

L’Indice des prix à la consommation (IPC) annuel moyen a enregistré, au terme de l’année écoulée, une augmentation de 0,7% par rapport à 2019, a indiqué le Haut-commissariat au plan (HCP) dans sa récente note d’information. Il explique que cette hausse résulte de l’augmentation de l’indice des produits alimentaires de 0,9% et de celui des produits non alimentaires de 0,5%. Selon la même source, les variations enregistrées pour les produits non alimentaires vont d’une baisse de 1,6% pour le transport à une hausse de 2,7% pour l’enseignement. Sur cette base, poursuit le HCP dans sa note, l’indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatiles et les produits à tarifs publics, aurait connu une progression de 0,5% au cours de 2020 par rapport à l’année précédente.


Par ailleurs, le HCP fait savoir que les hausses les plus importantes par ville ont été enregistrées à Guelmim avec 2,1%, Béni Mellal avec 1,3%, Tanger et Laâyoune avec 1%, Agadir, Rabat et Meknès avec 0,9%, Marrakech, Settat et Al Hoceima avec 0,8%, et enfin Errachidia avec 0,7%. Le HCP note également que l’IPC a baissé de 0,5% pour le seul mois de décembre 2020 par rapport à novembre de la même année. «Cette variation est le résultat du repli de 1,4% de l’indice des produits alimentaires et de l’augmentation de 0,1% de l’indice des produits non alimentaires».

Pour ce qui est des baisses des produits alimentaires observées entre novembre et décembre 2020, elles concernent surtout les légumes (6,5%), les fruits (5,2%), les viandes (1,2%) et les poissons et fruits de mer (0,5%). En outre, les prix ont augmenté de 0,6% pour les huiles et graisses et de 0,2% pour le lait, fromage et œufs. En ce qui concerne les produits non alimentaires, la hausse concerne principalement les prix des carburants avec 3,5%. S’agissant de l’indicateur d’inflation sous-jacente, il aurait connu une hausse de 0,1% au cours de décembre par rapport au mois précédent, selon le HCP.

El Mehdi Fakir
Économiste

Pour l’économiste El Mehdi Fakir, qui considère que cette inflation est tout à fait normale dans le contexte actuel, il n’y a pas lieu de s’alarmer. L’économiste a rappelé que 2020 a été une «année exceptionnelle durant laquelle il y a eu une forte récession». Il a ajouté qu’il y a eu plus de consommation que de production, et plus de circulation d’argent portée par les aides étatiques et par une tendance unilatérale à la consommation. «Ce qui fait que la masse monétaire a augmenté, ainsi que la tension inflationniste que nous avons relevée tout au long de cette année, conjuguées au contexte sanitaire un peu particulier et à l’arrêt des structures.» Pour l’économiste, il s’agit donc «d’une situation ponctuellement normale». «L’inflation, en tant que phénomène, serait inquiétante pour les économies hyper inflationnistes et nous ne sommes pas une économie inflationniste. Pour moi, tenant compte des derniers indicateurs publiés, l’inflation devrait revenir en 2021 à un niveau normal», a-t-il conclu.

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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