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Immobilier : reprise très attendue pour 2021

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Déjà en difficulté, le secteur de l’immobilier s’est davantage fragilisé avec l’avènement de la crise sanitaire. Si le quatrième trimestre se place sous le signe de la reprise, les principaux indicateurs des différents promoteurs se maintiennent dans le rouge. Les opérateurs restent toutefois confiants et tablent sur un bon redémarrage dès cette année.

Avec le tourisme, l’immobilier fait partie des secteurs les plus malmenés par la crise sanitaire. Déjà en proie à des problèmes de trésorerie, les opérateurs ont dû faire face à l’effet combiné de l’arrêt total des chantiers et de la baisse du volume des préventes, ainsi qu’à la dégradation du pouvoir d’achat des ménages. La crise sanitaire n’a fait que creuser davantage le déficit auquel les promoteurs devaient faire face. Si le quatrième trimestre laisse entrevoir une reprise de la dynamique commerciale des différents opérateurs, les réalisations financières au terme de l’exercice semblent se complaire dans le rouge.


Pour le groupe Addoha, le décalage de production et la baisse des ventes de produits finis ont fait plonger de près de 65% le chiffre d’affaires consolidé du groupe. Celui-ci se limite à 1,2 MMDH à fin 2020 contre 3,45 MMDH un an auparavant. Sur le quatrième trimestre 2020, le chiffre d’affaires s’est établi à 457 MDH contre 976 MDH durant le même période de l’année précédente. L’écart aurait pu être plus conséquent sans la bonne prestation des activités africaines du groupe. «Les préventes du T4 2020 du groupe ont dépassé celles enregistrées sur la même période de 2019, grâce à la contribution des préventes réalisées en Afrique de l’Ouest», affirme le top management d’Addoha.

Ces dernières ont connu une hausse de 77% par rapport au à la même période en 2019. En 2020, les projets dans les pays de l’Afrique de l’Ouest ont contribué à hauteur de 29% aux préventes du groupe, contre 17% en 2019. Niveau rentabilité, le résultat net du groupe suivra la même tendance que celle des revenus. Seul l’endettement net du groupe a pu se rétracter à fin 2020 pour s’afficher à 4,8 MMDH, et ce, grâce au maintien de la politique de gestion visant à maîtriser son BFR couplé au plan de désendettement initié il y a plusieurs années.

De son côté, le groupe Alliances, «qui a réussi son plan de restructuration avant l’arrivée de cette crise», se targue d’avoir un faible niveau d’endettement net. Celui-ci se limite à 2,38 MMDH à fin décembre 2020, traduisant une structure financière équilibrée et des fondamentaux solides. D’un point de vue commercial, le niveau de préventes a augmenté de 11% au terme du quatrième trimestre. Il limite ainsi la baisse du niveau des préventes annuelles à 20%. Le chiffre d’affaires s’inscrit également dans cette tendance en passant de 654 MDH en T4 2019 à 286 MDH en T4 2020. Les revenus consolidés à fin 2020 s’affichent, quant à eux, en repli de 38% à 1,27 MMDH. Côté production, le groupe assure avoir maintenu un rythme de production lui permettant d’avancer dans les chantiers lancés malgré le contexte difficile. Ainsi, 1.155 unités ont été produites au quatrième trimestre 2020 contre 1.200 unités à la même période de l’année précédente, ce qui permet au groupe de rester plutôt confiant pour les exercices à venir.

«Doté aujourd’hui d’une structure financière saine, le groupe Alliances reprendra son dynamisme dès la sortie de cette crise sanitaire», déclare son top management. Le retard de production a, de son côté, provoqué un décalage des livraisons dans le temps pour le groupe Résidences Dar Saada (RDS), impactant ainsi la réalisation prévue de son chiffre d’affaires annuel. Une politique de destockage -des unités finies avant 2020- a ainsi été mise en place en vue d’une génération plus rapide de cash. Le chiffre d’affaires est ainsi passé de 1,38 MMDH à fin 2019 à 608 MDH en 2020, soit une baisse de 56%. Ce niveau d’activité n’a cependant pas permis de couvrir les charges supportées par le groupe. Il en résulte une perte nette enregistrée au terme de l’exercice. «Toutefois, nous sommes très confiants par rapport à la reprise du secteur et de l’effet de rattrapage durant l’exercice 2021», affirme le groupe. Idem auprès de l’opérateur public et bras armé de l’État dans la mise en œuvre des politiques nationales en matière d’habitat et d’aménagement, Al Omrane.

Le groupe a affiché, au terme du quatrième trimestre, un chiffre d’affaires consolidé de 1,54 MMDH contre 2,7 MMDH enregistrés à la même période de l’exercice précédent. Sur l’ensemble de l’année, le groupe Al Omrane a réalisé un chiffre d’affaires de 3,3 MMDH, en retrait de 27%. «Les efforts déployés par le groupe à partir du deuxième trimestre, en réponse aux perturbations majeures des chantiers de construction et d’aménagement durant la période de confinement, ont permis de redynamiser les mises en chantier de manière significative durant le quatrième trimestre», confirme le groupe. À ce titre, pas moins de 46 projets pour 16.920 unités de production nouvelle ont été réalisés en 2020, contre 15.456 unités en 2019. 

Aida Lo / Les Inspirations Éco

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