Maroc

Hausse des prix de l’huile au Maroc, ce qu’il en est vraiment

L’Association professionnelle des fabricants d’huile du Maroc apporte de nouveaux éclairages sur la hausse des prix de l’huile de table. Elle rappelle également l’importance du contrat-programme de la filière.

Il y a quelques jours, l’Association professionnelle des fabricants d’huile du Maroc faisait le point sur la hausse des prix des huiles alimentaires au Maroc, qui a suscité l’ire des consommateurs jusqu’à faire planer une menace de boycott sur le marché. Les industriels regroupés sous l’égide de cette entité soulignaient que ce relèvement des prix a été dicté par la flambée des matières premières à l’internationale, et que la répercussion de cette cherté a été écartée pendant de longs mois avant d’être activée.


Une autre solution aurait-elle pu être envisagée, se demandait-on ? Il s’agit d’une mesure de dernier recours que les opérateurs du secteur ont activé là, nous explique-t-on au sein de l’Association professionnelle des fabricants d’huile du Maroc. À une série de questions adressées par la rédaction des Inspirations ÉCO, les représentants de cette entité nous expliquent que «les opérateurs ont dû gérer en fonction de leurs niveaux de stocks. Généralement, la répercussion des charges sur les prix de vente est vraiment une mesure de dernier recours». Toutefois, ajoutent nos sources, dans les circonstance de crise actuelles, il faut agir et vite ! Et quoiqu’une hausse de prix n’a jamais rien de satisfaisant pour le consommateur, l’Association des fabricants d’huile défend que cet ultime recours a été déployé afin d’éviter une nouvelle pression plus grande sur le pouvoir d’achat du Marocain, déjà asphyxié par les dégâts de la crise sanitaire.

Casser la dépendance
La filière des oléagineux est-elle à ce point suspendue aux aléas du marché international? Rappelons-le, le contrat-programme signé par la filière dans le cadre du plan Maroc Vert en 2014 avait, justement, inscrit parmi ses principaux objectifs le relèvement de la compétitivité de ce segment agricole, fortement dépendant des évolutions des cours mondiaux. «Notre but est justement d’œuvrer pour casser la dépendance vis-à-vis de la fluctuation des prix des intrants, en créant une filière solide, capable de répondre à terme aux besoins internes. Tout notre travail verse dans la sensibilisation de toutes les parties prenantes à ce sujet», affirment les responsables de l’association représentant les fabricants d’huile.

Un contrat programme déjà mis en place…
De prime abord, il faut savoir que, dans le cadre du Plan Maroc Vert, le contrat-programme signé par la FOLEA (Fédération interprofessionnelle des oléagineux) tablait sur la mise en place d’une batterie de mesures visant à dynamiser la production nationale. Plusieurs actions ont découlé de ce plan, mais la dépendance du marché internationale est plus que jamais pesante L’autosuffisance en termes de production agricole, toutes filières confondues, est effectivement très importante pour assurer la sécurité alimentaire du pays et se défaire de la dépendance vis à vis des importations, et ne pas avoir à subir les fluctuations des matières premières sur les marchés internationaux, soutient-on auprès des professionnels. «En ce qui concerne les huiles de table, le Maroc importe aujourd’hui la grande majorité de sa consommation, malgré les progrès réalisés dans le développement de la filière oléagineuse locale», souffle-t-on auprès de l’association regroupant les éminentes structures du secteur national, à savoir Lesieur Cristal, le Groupe Belhassan, Savola et Siof. A elles seules, ces quatre enseignes engrangent un chiffre d’affaires avoisinant les 9 MMDH.

… pour assurer moins de dépendance
Dans la perspective de substitution des importations, comment la filière s’organise-t-elle opérateurs ? Le contrat-programme signé entre le ministère de l’Agriculture et la FOLEA «vise l’accroissement des surfaces cultivées et à accroître le taux d’intégration des graines locales dans la production des huiles de table et réduire la dépendance de l’industrie à l’importation des huiles brutes», souligne-t-on au sein de l’Association. Pour atteindre ces objectifs, le contrat-programme prévoit un certain nombre de mesures, avec notamment une garantie du prix d’achat de la récolte, un accompagnement, des conseils et formations aux meilleures pratiques agricoles (portés par l’ONCA et les agropôles). Le contrat-programme prévoit aussi de fournir une aide à l’accès au financement grâce aux conventions conclues avec le Crédit Agricole du Maroc. Ceci, sans oublier la simplification de l’accès aux semences mieux adaptées au climat local et intrants (FNIS), l’assurance multirisque climatique (auprès de la MAMDA), ainsi que le renforcement de la recherche & développement pour l’amélioration des rendements, et la création du G.I.O.M (Groupement des industriels des oléagineux au Maroc). Malgré ces efforts, la filière a encore besoin d’accompagnement, martèlent les opérateurs. «Ne serait ce que dans le cadre de l’amélioration de la performance des cultures oléagineuse et la rentabilité des exploitations agricoles nationales», conclut notre source. 

Sanae Raqui / Les Inspirations Éco

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