Maroc

Hassan Filali: « Cette révolution technologique est une chance »

Entretien avec Hassan Filali. CEO Honoris United Universities Maroc.

Vous avez récemment lancé le certificat Honoris 21st Century Skills. Quel est son fondement ?
Au vu de la situation actuelle et grâce à toutes les innovations technologiques, le monde du travail connaît des changements profonds qui défient les méthodes d’éducation connues jusque-là. Dans ce contexte, Honoris United Universities met en place tous les moyens pour que nos étudiants soient en phase avec la réalité du marché du travail. La formation Honoris 21st Century Skills, lancée dans l’ensemble des institutions de notre réseau au Maroc (EMSI, Mundiapolis et École d’architecture de Casablanca) et sanctionnée par un certificat, vient compléter le curriculum classique pour l’obtention du diplôme par des compétences comportementales telles que la communication, la collaboration, la créativité et le design thinking, l’esprit critique, l’analyse de données et l’entrepreneuriat.


Qu’est-ce qui a conduit au développement de ce certificat ?
Les recherches se sont penchées sur les conséquences de cette révolution technologique sur les compétences requises par un monde du travail en mouvance et sur la meilleure manière d’acquérir concrètement ces compétences. Le digital nous permet d’accéder aux plus hautes références académiques sur ces sujets. Le travail mené par les experts du conseil académique d’Honoris a permis de sélectionner les meilleures ressources mondiales concernant chacun des domaines de compétence traités. Nous y ajoutons des projets de mise en application de ces compétences, encadrés par nos enseignants afin de s’assurer qu’elles sont bien intégrées par nos étudiants. Nous sommes satisfaits du travail réalisé et convaincus que nos étudiants y trouveront une valeur ajoutée certaine.

Comment s’organisera le nouveau programme d’études ?
Les 100 heures de formation sont réparties en 4 modules de formation, délivrés en e-learning. Un module de développement de compétences personnelles qui couvre l’intelligence comportementale, la créativité et le design thinking. Un module sur les compétences sociales pour développer la communication et la collaboration. Un module sur les compétences entrepreneuriales afin de donner des outils et une approche structurée à ceux qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat. Et enfin un module sur les compétences digitales. Nous dépendons de plus en plus d’Internet et d’outils digitaux dans notre vie personnelle et professionnelle. L’acquisition de compétences digitales permettra à nos étudiants de mieux comprendre comment ces outils fonctionnent et de les utiliser avec un sens critique et beaucoup de pragmatisme. De même, l’approche de design thinking apporte une méthodologie concrète et un cadre structuré pour l’innovation, favorisant l’émergence de nouvelles idées et solutions.

Ce certificat est-il accessible aux étudiants qui ne font pas partie du réseau ?
Actuellement, le programme Honoris 21st Century Skills est accessible uniquement au sein du réseau Honoris. Il est dispensé gratuitement aux étudiants en dernière année de cursus, juste avant leur entrée dans la vie active. Néanmoins, il n’est pas exclu que ce programme soit ouvert à l’avenir aux autres étudiants.

Quid de la révolution industrielle ? Pensez-vous que l’enseignement africain en général, et marocain en particulier, y soient préparés ?
Cette révolution technologique est une chance et elle permet une redistribution des cartes et des opportunités pour ceux qui sont prêts à les saisir. Les percées dans les domaines des technologies de l’information, des communications mobiles, de la robotique et des technologies numériques sont de plus en plus utilisées au service de l’industrie 4.0. Ces mêmes technologies impactent positivement le monde de l’éducation, dans la mesure où elles nous permettent d’avoir accès aux meilleures ressources pédagogiques mondiales à moindre coût. Nous avons donc décidé d’emprunter la même voie technologique pour l’Honoris 21st Century Skills. Nous restons toujours à l’écoute des exigences du marché afin de pouvoir nous adapter en continu.

Quels sont les défis à relever pour le Maroc ?
Le Maroc a connu une augmentation très importante du nombre d’étudiants, nous avons aujourd’hui plus d’un million d’étudiants dans l’enseignement supérieur. Ce qui est une bonne chose. Cependant, l’encadrement pédagogique et les infrastructures n’ont pas augmenté dans les mêmes proportions. Ce déséquilibre risque de se traduire par une détérioration de la qualité de l’enseignement. Aujourd’hui, la digitalisation offre l’opportunité d’améliorer rapidement la qualité de l’enseignement, malgré les contraintes en termes de ressources. L’e-learning est un nouvel outil qui nous donne accès aux enseignants des meilleures universités dans le monde à un coût compétitif, ainsi qu’une grande flexibilité avec le soutien du corps académique local. Le défi majeur est donc de réfléchir au meilleur moyen d’utiliser ces ressources pour assurer la qualité au plus grand nombre, malgré les contraintes budgétaires. D’autre part, le développement de la recherche scientifique, le rapprochement entre le monde académique et les différents écosystèmes économiques sont également des défis plus que jamais à l’ordre du jour. 

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco

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