Maroc

Gestion hydraulique : une instance nationale en projet

C’est la logique de l’urgence qui devrait animer l’action de l’État en matière de gestion des ressources en eau, avec une série de réglages institutionnels et normatifs prévus au cours de ce mandat.

Le rapport économique et social élaboré par le gouvernement, au début de ce mandat, reflète la forte prise de conscience de l’Exécutif concernant la nécessité de passer à l’acte en vue d’améliorer la gestion hydraulique du pays. C’est toujours la stratégie nationale 2009-2030 qui forme le cadre de référence du plan d’action finalisé par le gouvernement. Par ailleurs, les mesures préconisées par le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation, qui s’étend jusqu’en 2027, ont, également, été prises en considération.

«La coordination des politiques publiques de l’eau est le principal objectif», selon la feuille de route du gouvernement. Le rapport soumis à l’appréciation des parlementaires, lors de l’examen du PLF 2022 par la Commission des finances de la Chambre des représentants insiste sur «l’adoption d’une approche renouvelée, pour la gouvernance de l’offre et la demande en eau, en vue d’améliorer la sécurité hydraulique du pays». La principale mesure, projetée par le gouvernement, consiste à créer une instance nationale chargée de l’eau, qui devra déterminer les dotations nécessaires, en fonction des orientations du Conseil supérieur de l’eau et du climat. «Cette instance sera chargée de la gestion selon une approche intégrée et qui couvre toutes les étapes», indique la feuille de route relative à la mise en place de cette structure intermédiaire entre le Conseil supérieur de l’eau et les Agences des bassins hydrauliques du pays.

L’objectif recherché à ce stade, est d’avoir une plus grande visibilité sur les investissements à réaliser en matière d’infrastructures «en vue d’atténuer les inégalités en matière d’implantation des investissements dans les projets hydrauliques et qui résultent de la gratuité des services offerts par les barrages d’irrigation», souligne la même source. Pour le bras hydraulique de l’État, en l’occurrence l’ONEE, la feuille de route du gouvernement insiste sur «la nécessaire séparation budgétaire entre la gestion de l’eau et celle de l’énergie électrique, dans le cadre d’une réforme profonde de l’office, avec comme finalité, l’autonomie de la gestion des deux branches». À souligner que le gouvernement reste favorable à l’adaptation des tarifs en faveur des couches défavorisées, selon une approche qui garantirait la transparence des prix et mettrait en avant le soutien financier de l’État, selon des mesures adaptées.

Mobiliser les ressources non conventionnelles
Le dessalement de l’eau de mer forme le noyau dur de la stratégie de mobilisation des ressources en eau. «De nouveaux investissements seront mobilisés et des partenariats, entre public et privé, seront conclus dans l’optique de réaliser 10 à 20 stations de dessalement. Il faut dire que le principal souci de l’Exécutif réside dans l’application à la lettre des mesures préconisées par le Plan national de l’eau. Ce programme, qui s’achève en 2027, reste un levier crucial permettant de généraliser le raccordement et d’assurer les sources d’approvisionnement en eau d’irrigation pour les surfaces agricoles.

L’enveloppe budgétaire allouée audit programme national, et qui s’élève à plus de 115 MMDH, devra servir à diversifier les sources d’alimentation en eau dans les milieux urbain et rural. À noter que la feuille de route, élaborée conjointement par le gouvernement et les Agences des bassins hydrauliques, devrait doter les divers intervenants de modes plus performants en vue d’assurer un approvisionnement normal, mais aussi de lutter contre les risques de sécheresse ou d’inondation, auxquels sont exposées plusieurs zones du pays. Parmi les principales actions projetées, figurent «l’établissement d’atlas des zones inondables et le renforcement des systèmes de suivi et d’alerte ainsi que la réalisation des travaux de protection contre les inondations», souligne le plan d’action établi dans ce cadre. Au programme, également, plusieurs mesures destinées aux bassins ayant un déficit chronique en eau, dans l’objectif de poursuivre le déploiement des programmes prioritaires et des mesures relatives aux systèmes de détection et d’alerte des risques d’inondations.

Le rôle pivot du Conseil supérieur de l’eau et du climat

En attendant la mise en place officielle du Conseil, qui s’est doté de son décret d’application, on peut, d’ores et déjà, noter que sa composition sera formée, pour moitié, par les représentants des départements ministériels et des organismes chargés de la gestion de l’eau potable et de l’énergie hydraulique, notamment les directeurs des bassins. La seconde moitié de la nouvelle instance sera, quant à elle, constituée par des membres issus des présidents des Conseils des régions ainsi que des représentants des établissements supérieurs et de la recherche, dans les domaines de l’eau et du climat. Les représentants des associations professionnelles des utilisateurs des ressources hydrauliques, et de celles en charge de l’environnement et du climat auront, également, un droit de siège au Conseil supérieur, aux côtés des experts qui seront agréés à en faire partie. L’une des principales mesures incluses dans le statut dudit Conseil réside dans la fixation des modalités de présentation de toute question afférente aux domaines de l’eau et du climat.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO

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