Maroc

Gaz : Chariot revoit ses ambitions marocaines à la hausse

La compagnie britannique vient d’annoncer une augmentation significative de ses ressources gazières offshore dans le Royaume, suite aux évaluations indépendantes très concluantes de la société Netherland Sewell & Associates Inc sur plusieurs de ses sites d’exploration. Les quantités potentiellement disponibles sont telles que le patron de Chariot déclare que sa compagnie va «presser le pas pour développer au plus vite ces ressources énergétiques, en donnant la priorité à la demande croissante sur le marché intérieur et en fournissant potentiellement du gaz excédentaire à l’Europe». 

Du nouveau dans le secteur du gaz au Maroc. Alors que le Royaume est actuellement tourné vers l’importation de cette source d’énergie, via l’Espagne, pour faire fonctionner à nouveau ses centrales à gaz à cycle combiné de Tahaddart et d’Aïn Béni Mathar, fermées depuis fin octobre 2021, une bonne nouvelle vient de tomber du côté des sites d’exploration de la compagnie britannique Chariot.

En effet, la société pétrolière a annoncé, le 16 juillet, à la surprise générale, que ses ressources gazières au Maroc sont nettement plus importantes que ce qui avait été révélé initialement. La société se base, notamment, sur les évaluations indépendantes réalisées par Netherland Sewell & Associates Inc. (NSAI) sur le champ gazier d’Anchois au large de Larache et sur d’autres perspectives d’exploration sélectionnées dans la licence Lixus Offshore (Lixus) et la licence adjacente Rissana Offshore (Rissana).

Des ressources gazières plus importantes
Ces résultats font ressortir que, sur le gisement gazier d’Anchois, il y a une augmentation de 82% des ressources contingentes, de 76% des ressources éventuelles et de 49% des ressources potentielles sur trois cibles non forées avec une amélioration de la probabilité de succès géologique, allant désormais de 49 à 61%. Du coup, l’estimation basse des ressources passe de 5,7 à 10,2 milliards de m3, tandis que l’estimation haute est désormais à 18 milliards de m3 contre 10 milliards auparavant.

Sur le gisement Lixus, NSAI révèle que ses évaluations sur deux principaux prospects non forés (Maquereau et Anchois Ouest) montrent à la fois des améliorations du potentiel des ressources et une forte probabilité de succès géologiques, y compris au niveau du prospect Anguille nouvellement identifié, qui font tous partie de la même zone gazière tertiaire que le champ d’Anchois.

La probabilité estimée de succès géologique va de 30 à 52% et le total des ressources récupérables, restantes dans l’ensemble du portefeuille Lixus, s’élève à environ 4,6 milliards de m3. Ce n’est pas tout, puisque que, sur Rissana Offshore aussi, NSAI a donné de bons résultats. En effet, l’évaluation précoce des zones couvertes par la sismique 3D a fourni une ressource prospective importante.

Des ambitions reconsidérées
Bref, l’équipe de Chariot est aux anges. Son directeur technique, Duncan Wallace, a eu du mal à le cacher. Pour lui, «ce rapport d’évaluation indépendant confirme qu’à la suite du forage d’Anchois-2, nous disposons d’une base de ressources de plus en plus importantes à partir de laquelle nous pouvons accélérer notre développement gazier vers des flux de trésorerie importants et fournir du gaz pour répondre à la demande énergétique croissante du Maroc.

Ces mises à niveau des ressources, sur l’ensemble de notre portefeuille marocain, constituent une avancée significative. En plus de confirmer l’ampleur accrue de notre découverte à Anchois, cette évaluation indépendante a également corroboré l’opportunité multi Tcf qui se trouve dans le bassin de nos licences marocaines et a servi à réduire les risques d’un certain nombre de cibles futures à fort potentiel à Lixus.

Nous restons entièrement concentrés sur la mise en production d’Anchois le plus rapidement possible, et travaillons dur sur tous les aspects du plan de développement requis pour atteindre le FID. Nous nous engageons à réaliser la valeur de ce gisement de gaz ainsi qu’à continuer de prouver l’étendue significative de notre base de ressources plus large à partir du portefeuille marocain».

Ainsi, Chariot affiche de nouvelles ambitions, et a décidé d’accélérer ses plans de développement. La compagnie va, notamment, «presser le pas pour développer au plus vite ces ressources énergétiques, en donnant la priorité à la demande croissante sur le marché intérieur et en fournissant potentiellement du gaz excédentaire à l’Europe». Pour l’exploitation, il faudra encore s’armer de patience jusqu’en 2024.

Sami Nemli / Les Inspirations ÉCO

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