Maroc

Environnement des affaires : le CESE plaide pour plus d’efforts

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Dans son rapport annuel, paru au BO du 17 novembre 2020, le Conseil économique, social et environnemental planche sur l’évolution de l’environnement des affaires et pointe du doigt les faiblesses qui freinent son amélioration.

Pour le Conseil économique, social et environnemental (CESE), l’année 2019 a été marquée par la mise en place de nombreuses réformes, dont l’objectif était de poursuivre l’amélioration du climat des affaires et de soutenir l’initiative privée.


Parmi ces avancées, le CESE cite la réforme des centres régionaux d’investissement (CRI), la modernisation des procédures et formalités administratives, l’adoption des lois relatives aux SA et SARL ainsi que celle relative aux sûretés mobilières. Des réalisations qui ont permis au Maroc d’améliorer significativement son classement dans le Doing Business 2020 en se positionnant au 53e rang, soit un bond de 7 places. Cela a rapproché le Maroc de son objectif de figurer dans le Top 50 des meilleures économies en termes de climat des affaires à l’horizon 2021. Toutefois, en dépit des avancées au niveau de l’environnement des affaires, ces dernières ne semblent se refléter suffisamment sur l’activité économique et l’emploi. En témoignent le faible taux de croissance du PIB et la persistance du taux de chômage à des niveaux élevés parmi les jeunes et les diplômés. Elles ne se reflètent pas non plus sur l’opinion que se font les entreprises nationales, en particulier les TPME, de l’environnement des affaires. Il faut dire que l’environnement des affaires au Maroc continue de présenter de nombreuses faiblesses, notamment en raison du fléau de la corruption, qui selon le CESE, continue à sévir au royaume en dépit des tentatives engagées, à l’instar de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption. À cela s’ajoute le retard en matière de délai de paiement, ce qui continue de menacer la viabilité des entreprises, surtout les TPME.

Pourtant, le délai moyen au niveau des établissements et entreprises publics (EEP) a connu un léger recul entre 2018 et 2019. Une diminution qu’il faut relativiser étant donné qu’il ne tient pas compte des délais cachés, en amont du dépôt de la facture. «En effet, il n’existe pas de mécanismes qui protègeraient les petits fournisseurs d’une éventuelle décision de l’ordonnateur public de retarder la date de réception de la facture pour différer l’activation de la phase de constatation du service fait», constate le CESE.

Pour leur part, les délais inter-entreprises privées demeurent excessifs. Les crédits inter-entreprises privées représenteraient près de 420 MMDH, soit quasiment l’équivalent du crédit bancaire octroyé aux sociétés non financières privées et aux entrepreneurs individuels à fin 2019.

«En plus de la lenteur de la généralisation de la digitalisation du processus de facturation, la difficulté de résorber les délais de paiement peut être attribuable, également, à la relation commerciale asymétrique entre petites et grandes entreprises qui conduit souvent à l’abstention des TPME de dénoncer les retards face à de grands clients, de peur de perdre leurs parts de marché», commente le département d’Ahmed Reda Chami.

Autre entrave à l’amélioration du Doing Business et non des moindres, l’accès au financement qui figure toujours parmi les premières préoccupations de l’entreprise marocaine, particulièrement les TPME. En dépit des efforts déployés, notamment, à travers le mécanisme des prêts garantis de Bank Al-Maghrib ou encore les produits proposés par la Caisse centrale de garantie (CCG), les difficultés d’accès au financement persistent. Pour y remédier et encourager l’entrepreneuriat, le programme de financement Intelaka a été lancé début 2020. Une initiative qui, selon le CESE, reste positive mais dont le succès est conditionné par la capacité à agir sur les différents facteurs menaçant la viabilité de l’entreprise, en dehors du financement.

De ce fait, les mesures complémentaires requises pour faire aboutir ce programme doivent viser entre autres l’amendement des autorisations réglementaires et administratives et agréments pour les secteurs non stratégiques en les remplaçant par un cahier des charges prédéfini et un contrôle a posteriori. Cela permettra de limiter les possibilités d’abus de pouvoir administratif et, par conséquent, de réduire les barrières à l’entrée pour les porteurs de projets. Les capacités des CRI et autres entités impliquées dans la réception des projets gagneraient aussi à être renforcées, pour qu’ils puissent offrir aux nouveaux porteurs de projets, en amont, une assistance technique de qualité en matière de montage et de préparation des dossiers. Un effort supplémentaire devrait également être fait au niveau de l’appui à l’export en faveur des TPME marocaines, et ce à travers l’assistance et le conseil par rapport aux débouchés à l’export (notamment en Afrique où le risque demeure élevé). 

Aida Lô / Les Inspirations Éco

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