Maroc

Entretien. Comment l’Agence du bassin hydraulique assure le développement de la région ?

Entretien avec Abdelaati Qaimi, Directeur de l’Agence du bassin hydraulique de Draa-Oued Noun

Fraîchement mise en place (2019), l’Agence du bassin hydraulique Draa-Oued Noun a déployé ses efforts en matière de développement et de protection des ressources, du suivi quantitatif et qualitatif des ressources en eau, ainsi que la protection contre les inondations. Explications.


Comment l’Agence du bassin hydraulique assure le développement de la région ?
La sécurité hydrique est une clé de développement sur tout le territoire du notre Royaume. La mobilisation des ressources en eau conventionnelle et non conventionnelle et la gestion de la demande en eau pour répondre aux exigences des différents secteurs dans la région de Guelmim-Oued Noun est notre but ultime pour assurer son développement, surtout que la région est confrontée à une multitude de défis, à savoir : le développement démographique et économique, notamment agricole, face à un climat aride, la succession des années de sécheresse et la raréfaction de la ressource en eau. Notre stratégie est d’assurer une gestion durable et intégrée des ressources en eau pour faire face à ces enjeux. En effet, pour la gestion de l’offre, des projets structurants sont en cours de réalisation par les services centraux du ministère de l’équipement et de l’eau.

Quels sont justement ces projets structurants ?
Il s’agit du barrage de Fask qui est en cours de réalisation. Il est considéré parmi les plus grands barrages au Sud du Maroc et qui aura des retombées socio-économiques importantes dans la région. En effet, il contribuera au renforcement de l’alimentation en eau potable de la ville de Guelmim à travers la recharge de la nappe source des champs abritant les points d’eau qui desservent la population en eau potable. Ce barrage permettra également à améliorer l’irrigation des périmètres agricoles par épandage des eaux des lâchers, sans oublier la promotion de l’activité touristique de la région. Dans le milieu rural, l’Agence du bassin hydraulique de Drâa-Oued Noun (ABHDON) réalise des programmes de prospection des eaux souterraines moyennant l’exécution des forages de reconnaissance dans les zones dépourvues de ressources en eau. Les forages, dont les résultats sont probants, seront exploités pour mobiliser de l’eau en vue de faire face aux besoins de la population du milieu rural.  En termes de gestion de la demande, l’ABHDON est en train de bâtir le contrat de nappe de Guelmim qui est un outil de gestion intégrée des ressources hydriques. Il consiste en l’implication de tous les intervenants dans le secteur de l’eau à Guelmim pour participer à la gestion durable de cette ressource qui connaît actuellement un déficit considérable.

Selon vous, quel est aujourd’hui le poids de la région dans l’échiquier national ?
En vertu du dahir n 111-14 relatif aux Régions, la région joue un rôle primordial dans le développement du pays. La région exécute la stratégie de l’État au niveau de la région. Dans le secteur de l’eau, la région peut contribuer à la réalisation des petits barrages, des projets de protection contre les inondations, la réalisation des forages et la participation aux études de planification et de gestion des ressources en eau.

Quel a été le bilan de l’intervention de l’agence en 2020 ?
Bien qu’il s’agisse d’une agence fraîchement mise en place (2019), beaucoup d’efforts ont été déployés par l’Agence du bassin hydraulique Draa-Oued Noun en matière de développement et de protection des ressources, du suivi quantitatif et qualitatif des ressources en eau, de protection contre les inondations, d’aménagement des cours d’eau, de maintenance et de sécurité des ouvrages hydrauliques. Et ce, malgré le fait que l’agence ait connu plusieurs difficultés et obstacles liées à la gestion des eaux souterraines dans la région, à savoir la surexploitation des nappes du fait de l’augmentation des prélèvements d’AEP (alimentation en eau potable) et agricoles, de la salinité des eaux, de la régression des ressources en eau et de l’insuffisance des ressources financières et humaines.

Quelles ont été vos priorités pour l’année 2021 ?
Assurer l’alimentation en eau potable de la population d’une manière stable, à travers une gestion optimale des nappes en collaboration étroite avec les services de l’ONEE, est l’une de nos priorités. Nous travaillons aussi sur l’intensification des travaux de prospection des eaux souterraines dans les zones qui souffrent de manque d’eau potable. Par ailleurs, et de par nos missions nous continuons à préserver la nappe de Guelmim. Aussi nous avons démarré l’étude du contrat de nappe de Guelmim.

Quelle stratégie pour 2022 ?
Notre stratégie pour 2022 s’articule autour de la gestion intégrée et durable des ressources en eau, le développement de l’offre hydrique, la gestion de la demande et la valorisation de l’eau ainsi que la préservation des ressources en eau sur le plan qualitatif et quantitatif. Ceci n’est possible qu’avec la coopération de tous les partenaires intervenant dans le secteur de l’eau. L’ONEE, le Département de l’agriculture, le Conseil régional, la Chambre d’agriculture, les élus, les associations et les usagers d’eau…

Les spécificités hydrographiques de la région

Le réseau hydrographique de la région comprend des oueds dont le plus important est l’oued Drâa et tous ses affluents descendant de l’Anti-Atlas. Les crues de ces oueds constituent une importante ressource pour l’agriculture vivrière de toute la région. La ressource en eau permanente se situe dans les nappes souterraines qui assurent aussi bien l’alimentation en eau potable des centres urbains que l’irrigation. La carte hydrique régionale reflète une structure disparate en quantité et en qualité, entre les diverses zones géographiques. Si la province de Guelmim connaît une concentration des ressources, dans la plaine où se situe la capitale régionale, les zones de montagnes, sises au Nord et Nord-Ouest, accusent un déficit hydrique, tout comme les parties sahariennes du Sud et Sud-Est. Le long du littoral, la ressource est abondante mais connaît des degrés de salinité qui entravent son utilisation à l’état brut. Une attention particulière a été accordée à la mobilisation des eaux de surface, par la réalisation d’ouvrages de dérivation ou de retenue. Les objectifs visés par cette opération sont multiples, à savoir la recharge de la nappe phréatique, l’abreuvement du cheptel, la pratique d’une agriculture par épandage ou la protection contre les inondations, par le règlement du débit de certains oueds.

Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO Docs

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