Maroc

Enseignement privé : le Conseil de la concurrence tacle les opérateurs

Le marché de l’enseignement privé au Maroc a connu de profondes mutations ces dernières années avec l’arrivée massive d’acteurs dans le secteur, lesquels se livrent une concurrence sans merci face à l’exigence des familles, de plus en plus soucieuses de l’avenir de leurs enfants. C’est le diagnostic du Conseil de la concurrence. Dans ce dossier  nous vous livrons l’état des lieux, les dysfonctionnements constatés ainsi que les recommandations du Conseil.

Sous l’effet de l’appétence grandissante des familles pour l’enseignement scolaire privé, le secteur s’est développé de façon notable dès le début des années 2000. En réalité, le recours à ce type d’enseignement ne date pas d’aujourd’hui et le rôle des établissements scolaires privés s’est vu renforcé au fil des ans. À la fin des années 1970, l’école privée permettait de donner une seconde chance aux élèves ayant un niveau faible. Ensuite, au cours des années 1980, en ligne avec les orientations adoptées par le pays en marge du programme d’ajustement structurel, le secteur a été encouragé en vue de participer à la réalisation des objectifs de généralisation de la scolarisation, rappelle un rapport du Conseil de la concurrence sur l’état du secteur.

Ainsi, face à la forte demande des parents, de plus en plus soucieux quant à l’avenir de leurs enfants, nombre d’acteurs se sont rués sur ce créneau, prometteur du reste. De ce fait, l’enseignement privé a connu une tendance haussière au cours des dix dernières années, en termes quantitatifs. Le nombre d’unités a connu un taux de croissance de 96,62% dépassant, ainsi, celui des établissements du secteur public qui dispose de 11.312 unités (15,54%). On dénombre plusieurs composantes dans le secteur privé, lequel comprend les institutions qui adoptent le système national d’éducation et d’autres qui prodiguent un enseignement conforme à des programmes et des modes d’enseignement étrangers. Les statistiques du ministère de l’Éducation nationale, au titre de l’année 2019-2020, font état de près de 7.000 établissements.

Parmi eux, 6.922 appliquent les programmes nationaux, lesquels ont réalisé, selon les représentants des associations professionnelles, un chiffre d’affaires de 19,8 milliards de dirhams (MMDH) en 2018. À cela s’ajoutent 54 établissements adoptant un mode d’enseignement étranger, dont 32 soumis au système français, 11 au système espagnol, 5 au système américain, 4 au système britannique et 3 au système belge. Quant au nombre d’élèves, et d’après les données du ministère, les établissements, soumis tant au programme national qu’à un mode d’enseignement étranger, ont accueilli plus d’un million d’élèves en 2019-2020, répartis entre les différents cycles (1.105.182 élèves, exactement). 37.000 d’entre eux sont inscrits dans les établissements étrangers présents au Maroc, représentant moins de 0,5% de l’ensemble des apprenants dans les différents cycles concernés. Le tableau de bord de la tutelle montre que les élèves scolarisés dans les établissements privés, nationaux et étrangers, constituent 15% de l’ensemble des apprenants.

Pour ce qui est du personnel de ces établissements, il a atteint, en 2019-2020, plus de 401.335 personnes, réparties comme suit : 45.755 cadres pour le corps enseignant, 23.744 agents en charge des tâches de transport, de gardiennage et de nettoyage, et 71.925 cadres administratifs et superviseurs pédagogiques. En termes de répartition régionale, la proportion des élèves de l’enseignement privé, par rapport au total des élèves inscrits dans le système national, a augmenté de façon différenciée, mais globalement à des taux plus faibles que ce qui a été enregistré pour le nombre d’établissements. À titre d’exemple, le nombre d’élèves du secteur privé dans les Régions Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès s’est établi à 20% en 2018-2019 (630.551 sur un total de 3.251.685 apprenants pour les trois régions).

Le nombre d’établissements privés dans la Région Casablanca-Settat a, quant à lui, dépassé celui des établissements publics en 2017-2018. S’agissant de l’offre pédagogique, les professionnels de l’enseignement privé rivalisent de programmes, de capital humain et d’infrastructures et équipements pour se démarquer de la concurrence. Pour ce qui est du capital humain, la plupart cherchent à recruter des cadres hautement qualifiés et à leur assurer une formation continue régulière. Ils privilégient, en outre, une politique basée sur l’octroi de salaires et de primes attractifs dans une optique de fidélisation du personnel enseignant. Concernant les programmes et les curricula éducatifs, certains établissements ne se cantonnent pas aux programmes imposés par le ministère de l’Éducation nationale et tendent de développer de nouveaux modules dérivés des pratiques internationales reconnues. Enfin, il faut signaler que les acteurs accordent une attention toute particulière à l’amélioration de leurs infrastructures et équipements ainsi qu’à leurs ressources pédagogiques et logistiques, y compris les nouvelles technologies de l’information.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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