Maroc

Élections : temps de parole et temps d’antenne, la Haca veille au grain

Le gendarme du secteur de l’audiovisuel devra garantir, durant la période préélectorale, un accès équitable de tous les partis politiques aux médias audiovisuels publics et privés, avec, en ligne de mire, le respect du pluralisme.

La Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a émis un nouvel avis par lequel elle fixe le cadre normatif de l’usage des médias pour la période s’étalant jusqu’au 7 septembre prochain. L’objectif du gendarme du secteur est de remédier aux carences qui pourraient entacher le rendement des opérateurs durant la campagne électorale qui démarre le 27 août. Il s’agit, principalement, d’assurer aux partis de l’opposition, un accès équitable aux médias audiovisuels, ainsi qu’aux journaux et aux magazines d’information, et de leur accorder un volume horaire qui soit proportionnel à leur base électorale. Ainsi, durant la période s’étalant du 27 août au 7 septembre, les partis politiques, non représentés au sein des deux chambres du parlement, pourront bénéficier de 20% du temps d’antenne, alors que ceux qui disposent actuellement de parlementaires se verront octroyer 30% du volume horaire prévu. Pour ces derniers, la HACA a réservé 50% du temps consacré aux interventions des candidats dans les supports médiatiques, toutes catégories confondues, concernés par cette décision.


Renforcer le pluralisme, le principal enjeu
Deux pistes sont préconisées par la HACA dans sa démarche d’amélioration de la contribution des médias au renforcement du pluralisme. La première vise, tout d’abord, à assurer une plus grande visibilité de la diversité linguistique et de la mise en œuvre effective des normes de parité dans la présentation des programmes des partis. La seconde ambitionne de renforcer l’intégration des personnes aux besoins spécifiques dans le plan de communication des partis politiques.

Pour les jeunes, des contenus numériques devront être élaborés en vue de cibler cette catégorie qui forme l’ossature de la base électorale. À souligner que le volet réglementaire sera également actualisé, notamment à travers des décrets conjoints des département de la Justice, de l’Intérieur et de la Communication, en vue de déterminer le temps d’antenne pour les interventions et les déclarations, ainsi que pour les émissions spéciales et les couvertures des rassemblements organisés par les partis politiques qui participent au double scrutin législatif et régional du 8 septembre prochain. Outre la réforme majeure autorisant les partis politiques à utiliser les emblèmes du pays durant la campagne, le dispositif réglementaire prévoit que l’ensemble des partis bénéficient d’un temps d’antenne équitable et régulier, ainsi que de conditions de programmation identiques, lors de la campagne électorale. La répartition du temps d’antenne entre les huit partis les mieux représentés au sein du parlement sera fonction de ladite représentativité. Enfin, un régime d’incompatibilité a été instauré à l’encontre de plusieurs catégories de candidats exerçant dans le secteur de la presse. L’invitation de personnalités politiques candidates, à des émissions consacrées aux débats politiques, sera également particulièrement encadrée. Le volet déontologique sera donc de rigueur durant la campagne préélectorale, avec fixation d’un cadre rigoureux, concernant la teneur des discours des partis politiques ainsi que l’usage des emblèmes de la nation.

Les contrôles renforcés

La pleine activation de la loi 11-15, qui a conféré à la haute autorité de nouvelles prérogatives, figurera en tête des priorités de la HACA durant cette période préélectorale. La HACA devra veiller à ce que tous les opérateurs publics et privés honorent, dans les contenus diffusés, leurs obligations en matière de respect des droits humains et des valeurs démocratiques. Parmi les questions délicates à traiter, on trouve la représentation des femmes dans l’espace public audiovisuel, qui demeure très en deçà des attentes. La piste la plus plausible en vue de remédier aux insuffisances constatées en matière de participation effective des femmes aux débats audiovisuels reste la mise en œuvre «d’un investissement dans des pratiques médiatiques fondées sur les valeurs de l’égalité citoyenne et proactives en matière de promotion de la participation des femmes à la vie publique, comme impératif de développement social et de progrès démocratique», indique la HACA dans son argumentaire. La haute autorité appelle à une pleine activation des diverses instances qui ont été créées, telles que les comités de parité au sein des deux chaînes publiques, et à redoubler d’efforts en vue de permettre à l’observatoire national pour l’amélioration de l’image de la femme dans les médias, de remplir les missions qui lui ont été dévolues.

Younes Bennajah / Les Inspirations ÉCO

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