Maroc

Elections. À Agadir, le RNI mise sur l’emploi

L’emploi et le développement économique de la ville d’Agadir s’imposent dans la prochaine campagne, ces deux attentes figurant au 1er rang des préoccupations des citoyens. En attendant la présentation des programmes des autres partis politiques, le RNI promet la création de 100.000 postes d’emploi, en faveur des jeunes. 

À deux jours du lancement de la campagne électorale pour choisir les membres des Conseils communaux, les questions de l’emploi et du développement économique d’Agadir s’imposent, d’ores et déjà, dans le débat. Ces deux attentes figurent ainsi au premier rang des préoccupations des citoyens de la ville pour le prochain scrutin municipal. Crise économique oblige, le marché de l’emploi s’est vu profondément impacter par la Covid-19.


Selon le dernier rapport annuel de Bank Al Maghrib, le marché du travail a connu, en 2020, une forte dégradation, avec une perte de 432.000 emplois, induisant une baisse sensible du taux d’activité à 44,8%. Le taux de chômage a enregistré une nette aggravation, s’établissant à 11,9% au niveau national et 15,8% en milieu urbain.

Au niveau local, et bien qu’il n’existe pas de chiffres officiels sur les retombées de la Covid-19 sur la situation de l’emploi et le marché du travail, il ne fait aucun doute que la pandémie a contribué à l’aggravation du chômage dans le chef-lieu du Souss.

Elle a sinistré certains secteurs névralgiques de l’économie locale. Dans le détail, c’est le tourisme et ses activités annexes qui sont le plus touchés. A Agadir, la Covid-19 a ramené le tourisme 40 ans en arrière, la destination ayant perdu près du tiers de sa capacité hôtelière, avec 3.000 lits passés définitivement à la trappe. De plus, 6.000 lits sont toujours fermés, sans perspective aucune de réouverture à court terme, avec les conséquences qui en découlent en termes d’emplois.

Viennent ensuite l’artisanat et les secteurs du transport et BTP ainsi que l’évènementiel. L’économie informelle, de son coté, n’est guère épargnée. En conséquent, des milliers d’emplois ont été détruits et de nombreuses entreprises ont été contraintes de baisser le rideau.

Le RNI décline sa vision

En attendant les programmes des autres partis politiques et leurs déclinaisons, le RNI a décliné une vision claire pour ces deux attentes précitées. Le parti de la colombe a ainsi pris l’engagement de créer l’équivalent de 100.000 postes d’emplois en faveur des jeunes de la ville d’Agadir.

Il s’agit, selon cette déclinaison consacrée à l’emploi, de la génération de 40.000 postes directs dans quatre secteurs émergents et 60.000 indirects dans d’autres activités économiques tels que le bâtiment et travaux publics (BTP), le commerce et les services.

A cela, s’ajoutent le positionnement sur de nouveaux secteurs, notamment les technologies de l’information, le digital et l’économie verte, dans le cadre du programme de cette formation, englobant cinq engagements et 25 mesures. Il va sans dire que l’ensemble des partis politiques seront évalués sur leurs capacités à rendre le territoire de la ville d’Agadir plus attractif durant les six prochaines années.

Il s’agit aussi d’attirer les investissements privés et retenir les personnes morales et physiques grâce des offres attrayantes émanant de la commune. Pour rappel, la ville a déjà bénéficié d’un programme de développement urbain (PDU) et de la première déclinaison régionale du PAI.

L’emploi, un argument crucial

Faisant partie des compétences partagées avec l’État, la promotion de l’emploi et le développement de l’économie locale constituent actuellement, et plus que jamais, un argument politique pour attirer les électeurs, lors de la prochaine campagne. Le RNI a ainsi intégré cette composante à son programme électoral présenté après la dépôt de sa liste, le 16 août dernier.

En effet, le parti de la colombe a ouvert le bal de la présentation des programmes communaux, à travers une liste constituée de 61 membres, dont 21 femmes. Selon les chiffres présentés par le RNI, le taux de chômage à Agadir Ida Outanane a grimpé de 5 points entre 2012 et 2019 (chiffres d’avant Covid-19), contre respectivement 2,9 à Casablanca, moins de 6,2 à Tanger-Assila et 4,2 à Marrakech. Le chef-lieu du Souss et sa région affiche un taux de croissance de seulement 2,3%, inférieur à la moyenne nationale (2,6%), selon la dernière note d’information relative aux comptes régionaux de l’année 2019.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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