Maroc

Dakhla ouvre ses portes aux investisseurs américains

La reconnaissance par les États-Unis de la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur son Sahara a ouvert une nouvelle voie aux échanges entre les deux pays. C’est dans ce contexte que se tient le Forum d’investissement américain à Dakhla.   

Susciter l’intérêt des investisseurs américains pour des projets d’investissement à Dakhla. Tel est l’objectif visé par les organisateurs du Forum d’investissement USA-Maroc (Investment Forum Dakhla), qui se tient dans un réceptif hôtelier de la perle du désert. Une destination dépaysante, proche de l’Europe mais qui est située sur le continent africain, idéalement à 3 h environ de la France, 1 h environ de Madrid, 7 h de Dubaï, 4 h d’Accra (Ghana), 10 h de Sao Polo, et environ 8 h de New York.

«Les gens venaient ici principalement pour le kitesurf, maintenant ils viennent pour le business !», souligne, d’entrée de jeu, Kamal Taibi, Ceo de Strateus Group, modérateur de l’évènement. En effet, Dakhla est prisée par les riders et de nombreux kitesurfeurs venus des quatre coins du monde pour ses spots divers et variés. Il faut dire que la glisse nautique, où la planche de surf et le surfeur sont entraînés par l’action du vent sur un cerf-volant, est un sport roi à Dakhla. Mais Dakhla, c’est aussi du soleil toute l’année, de quoi donner des idées à la dizaine d’investisseurs américains venus prendre le pouls de la région et s’enquérir des opportunités d’affaires, mais pas que dans le secteur touristique.

Ce Forum d’investissement vise donc à consolider la coopération bilatérale et à développer de nouveaux investissements directs américains dans les domaines de l’agriculture, des mines et des énergies renouvelables. En d’autres termes, cet évènement entend renforcer la synergie entre les secteurs tant privés que publics des deux pays.

«Augmenter la part des investissements américains au Maroc va permettre de bâtir les bases d’une compétitivité inclusive dans la région», fait valoir Lamine Benomar, wali de Dakhla Oued Eddahab. «Merci pour votre voyage, merci pour votre voyage dans la nouvelle Californie, qui vous offre des opportunités incroyables. Bienvenue dans le Hub africain», renchérit Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce.

Composition de la délégation américaine
«Dakhla et le Maroc représentent une opportunité incroyable pour les hommes d’affaires», souligne Philip Blumberg, Pdg de Blumberg et représentant de la délégation américaine. Il faut préciser que la délégation d’hommes d’affaires américaine est plutôt diversifiée, allant d’entreprises investissant dans les énergies renouvelables, comme BJM International INC, au fournisseur de logiciels informatiques pour professionnels du corps médical, comme Koios Medical, (entreprise basée à New York qui met l’intelligence artificielle au service de l’échographie afin d’aider à la décision clinique et aider les radiologues à interpréter les images échographiques), ou encore KTG Hospitality, (entreprise new yorkaise, également, opérant principalement dans le domaine de la restauration et des bars).

Présent avec une forte délégation, le groupe Blumberg s’est fait représenter par deux de ses ramifications : Blumberg Grain, une structure qui fournit des unités de stockage et des services de gestion pour la sécurité et la sûreté des aliments après la récolte, et Blumberg capital partners, spécialisée dans la gestion de portefeuilles.

À noter que cette dernière -qui déploie des offres innovantes pour répondre aux défis critiques en matière de ressources et d’infrastructures, tels que le stockage et la sécurité des aliments, les terres rares et les ressources stratégiques, la fabrication et la gestion des actifs immobiliers-, est un leader du marché qui s’est fait un nom dans la gestion des investissements, depuis 1979.

La délégation américaine comprenait également Richard Preter Fink et James Andrew Pickup, deux dirigeants du Middle East Investment Initiative (MEII), une organisation à but non lucratif qui a la particularité de mobiliser des ressources publiques et privées pour offrir des programmes de financement et d’assistance technique visant à stimuler une activité économique durable et la création d’emplois à long terme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA).

Convaincu qu’une base économique solide est une voie claire vers la stabilité sociale et politique, MEII rompt avec les modèles d’aide traditionnels et conçoit des initiatives innovantes de financement du développement qui favorisent les opportunités économiques et la dignité, et non la dépendance. Entre autres objectifs, elle entend offrir des programmes inédits de financement et d’assistance technique aux petites et moyennes entreprises (PME). À leurs côtés, figure Norpel (nom commercial de Northern Pelagic Group, LLC), représentée par deux de ses dirigeants.

Soulignons qu’en décembre dernier, Northern Pelagic Group, LLC (NORPEL) a ouvert une nouvelle usine de fabrication d’aliments pour animaux de compagnie, axée sur la production de protéines fraîches et congelées, destinées à être utilisées dans l’alimentation animale. Cette nouvelle installation, située dans le Nord-Est de la Pennsylvanie, est le premier site de NORPEL situé en dehors de New Bedford. On peut relever aussi, pour finir, la présence d’une structure de lobbying du nom de Third Circle et Centuri & Company, une banque d’investissement.

Un contexte favorable
Les relations bilatérales entre le Maroc et les États-Unis entrent dans une nouvelle dynamique de coopération. La reconnaissance par ces derniers, il y a une année de cela, de la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur son Sahara, a ouvert une nouvelle voie aux échanges entre les deux pays. C’est dans ce contexte, favorable au renforcement des liens économiques, que le Forum d’investissement américain au Maroc s’inscrit.

L’avènement de ce partenariat est une suite logique à l’impulsion des échanges économiques, diplomatiques et culturels qui lient les deux nations : ainsi, les échanges économiques ont été multipliés par cinq depuis 2005, dépassant les 3,3 milliards de dollars en 2020, en dépit de la crise sanitaire mondiale. Soulignons que plus de 150 entreprises américaines opèrent actuellement au Maroc.

Ryad Mezzour
Ministre de l’Industrie et du commerce

Ce forum s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de développement régional de Dakhla Oued Eddahab, signé devant le Roi, dans le cadre plus global de la mise en œuvre du Nouveau modèle de développement du pays, avec l’ambition de faire de cette région un Hub important au niveau continental. Une région qui dispose d’importantes capacités, ainsi que d’un potentiel considérable, évalué comme très prometteur par nombre d’investisseurs. C’est ce que m’ont également confirmé les membres de l’importante délégation américaine d’investisseurs participant à ce forum. Je suis convaincu qu’ils affineront leurs études au niveau des potentialités locales et qu’ils s’engageront aux côtés de nombreux autres investisseurs, de toutes nationalités, pour faire de la Région Dakhla Oued Eddahab un Hub pour l’Afrique, à même de participer au développement du pays et du continent.

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO

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