Maroc

Croissance économique : Les avis restent partagés pour 2016

Un sondage online exclusif de Flm pour Les ÉCO fait ressortir un brin d’optimisme sur la croissance économique de cette année, malgré l’alarmisme des organismes de tutelle.


Malgré le consensus CMC/HCP sur une faible croissance du PIB en 2016, les 302 internautes qui ont répondu à la question de Flm, semblent partagés. Ainsi, 49% vont dans le sens du HCP et attendent une croissance autour de 1% quand 51% sont plus optimistes avec une prévision de près de 3%. En effet, les plus optimistes font confiance au gouvernement et estiment aussi probablement qu’il est encore tôt pour être si catégorique. De même, l’année électorale fait que le gouvernement peut être tenté de concentrer ses efforts d’investissement sur 9 mois. De l’autre côté, au niveau théorique, il est clair que 2016 sera une année difficile pour l’économie marocaine avec une sécheresse de plus en plus probable, la poursuite d’une croissance molle en France et une décélération des crédits bancaires en plus des effets de 4 ans d’orthodoxie budgétaire. Ainsi, la Banque centrale avait annoncé une croissance économique de 2,1% en 2016 dont seulement 2,7% pour la composante non agricole. Le CMC était allé plus loin en évoquant une croissance du PIB de 1,2% quand le HCP vient de diagnostiquer un chiffre de 1,3% avec un repli de l’activité agricole à 12,7% et une hausse de 2,2% pour les activités non agricoles.

En manque d’investissement productif
Par ailleurs, la sécheresse n’est qu’un élément parmi d’autres car le chiffre de croissance annuelle de 4,7% au dernier trimestre 2015, est flatteur vu que malgré sa hausse de 0,4 point de pourcentage, la croissance de la valeur ajoutée hors agriculture demeure faible à 2,1%. Ainsi, au-delà de la bonne ou mauvaise pluviométrie, la croissance de la composante agricole est plus proche de 2% même lors des bonnes saisons du secteur primaire. Cette situation s’explique par la faible croissance de l’investissement productif en lien avec l’orientation de l’effort public vers les infrastructures. Quant au privé, il semble plombé avec un taux d’utilisation des capacités de 70% en moyenne, ce qui n’incite pas à l’investissement. De même, la baisse des crédits bancaires à l’équipement (-0,3%) et la diminution de ceux destinés à la promotion immobilière (-9,4%) freineraient toute approche volontariste en la matière. 


 

Farid Mezouar
Directeur de FL Markets

Les ÉCO : Quelles sont les conséquences d’une faible croissance ?
Farid Mezouar : Tout d’abord, l’objectif de 3,5% du PIB comme déficit budgétaire, sera difficile à atteindre vu la stagnation attendue des recettes fiscales et l’impact mécanique du PIB sur ce ratio. Par ailleurs, il est fort probable que le taux de chômage aille plus loin que les 10% titillés cette année. Une telle situation alimenterait le cercle vicieux avec une atonie des dépenses de ménages, renforçant la faible croissance.

Comment inverser la donne de la croissance ?
La croissance des ménages ne peut supporter seule le poids de la croissance économique surtout en absence d’une nette embellie en matière de chômage ou de stimulus fiscal. Ainsi, le privé doit être incité à redoubler d’efforts d’investissements, notamment en trouvant une solution aux problèmes de financement et à la décélération du rythme d’octroi des crédits. Aussi, l’État pourrait réorienter ses investissements publics dans les infrastructures vers un secteur productif générateur d’emplois et de valeur ajoutée. 


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