Maroc

Contrôle laitier : comment mieux verrouiller le circuit ?

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Pour une plus grande adhésion des producteurs au contrôle laitier, plusieurs pistes de réinvention de cette opération ont été proposées lors de la 3e édition de la Journée maroco-allemande des bovins. Il s’agit de la généralisation de ce protocole, de la réalisation d’une analyse complète de ses constituants et de la transformation de données recueillies en informations utiles pour les producteurs.

Le contrôle laitier, mis en place en 1968, est-il toujours d’actualité pour l’exécution des programmes d’amélioration génétique au Maroc ? Cette question a été posée lors de la 3e session de la Journée maroco-allemande des bovins, tenue sous forme de webinaire les 10 et 11 décembre, à l’initiative du ministère fédéral de l’Alimentation et de l’agriculture allemand en collaboration avec le Centre de conseil agricole maroco-allemand (CECAMA). Au Maroc, où la production laitière s’est établie à 2,55 milliards de litres de lait par an, le contrôle laitier a toujours sa place et demeure une opération importante pour les producteurs afin d’améliorer la gestion de leurs troupeaux laitiers, mais aussi la génétique de leur cheptel. Et en comparaison avec l’année de démarrage du Plan Maroc vert en 2009, l’opération du contrôle laitier est passée, à titre indicatif, de 200 unités d’élevage à 700 unités contrôlées actuellement. Toutefois, le contrôle est appelé à se réinventer pour accompagner la filière laitière qui génère un chiffre d’affaires total de 9,1 MMDH. Parmi les pistes envisagées, figurent sa généralisation, à travers la réalisation d’une analyse de la composition du lait élargie à tous ses constituants pour une sélection génétique efficace, ainsi qu’une conduite alimentaire et sanitaire appropriée des troupeaux laitiers.


La modernisation de l’équipement
«La filière doit acquérir un équipement moderne pour effectuer l’analyse détaillée du lait, notamment les matières grasses, mais aussi les protéines, le lactose et d’autres paramètres», recommande le professeur Ismaïl Boujnane, de l’institut agronomique et vétérinaire (IAV) Hassan II. Aujourd’hui, le contrôle laitier au Maroc est limité à deux procédés. Il s’agit tout d’abord de la pesée du lait à travers sa quantité et le calcul du taux de matières grasses, d’où la nécessité d’intégrer les autres paramètres. À noter qu’il existe plusieurs protocoles de contrôle laitier, notamment le contrôle A, AT, B et C. Au Maroc, le protocole officiel appliqué par le ministère de l’Agriculture est le protocole A4. «Réalisé une fois par mois sur la totalité des vaches traites du troupeau, le contrôle laitier est exécuté par un technicien sans aucune participation de l’éleveur. C’est presque le contrôle le plus général à l’échelle internationale», explique Boujnane. L’une des pistes de réinvention consiste en l’analyse et le traitement des données issues du contrôle laitier. «L’une des raisons pour lesquelles les éleveurs n’adhèrent pas au contrôle laitier est le manque d’un retour d’information, afin qu’ils saisissent son intérêt à travers un traitement analytique. De ce fait, il est primordial de transformer les données recueillies en informations utiles et parlantes pour les producteurs», ajoute Ismaïl Boujnane.

Un système d’information s’impose
Déjà, une application baptisée «Halib» a été mise en place afin que les contrôleurs laitiers intègrent les données. Toutefois, la filière déplore l’absence d’un système d’information unifié dédié au contrôle laitier, ce qui empêche la profession d’apporter les ajustements et les solutions techniques nécessaires à ses activités. La Coopérative Souss d’amélioration génétique de bovins (SAGB), créée en 1988 et affiliée à la COPAG, figure parmi les structures les plus avancées en termes de contrôle laitier et de traitement des données par logiciel. L’une des forces de l’analyse de l’information issue du contrôle laitier est qu’elle fournit des données objectives sur la production laitière des vaches au cours de leur lactation. Cette opération permet aussi, selon les experts, de savoir où se situent le troupeau et la structure d’élevage et de procéder au suivi des objectifs d’amélioration (production laitière et productivité des vaches, composantes du lait, reproduction et santé, et d’autres paramètres).

La sélection génomique
Pour rappel, le contrôle laitier est un ensemble d’opérations conformes aux règles internationales édictées par le comité international dédié au contrôle des performances en élevage. À l’échelle internationale, c’est la sélection génomique qui est actuellement utilisée. Cette dernière valorise les informations issues de l’analyse de l’ADN obtenues grâce aux nouvelles technologies de génotypage (cartographie de l’ADN). Par ailleurs, le Maroc dispose d’un cheptel de 1,2 million de têtes femelles reproductrices dont 68% de races améliorées.
Au titre de l’exercice 2018, le Maroc a importé 20.744 têtes de reproducteurs bovins de races pures de pays concernés par les accords sanitaires. Il s’agit de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Autriche,
du Portugal, de la Belgique, de l’Argentine, du Canada et de l’Irlande. 

Yassine Saber / Les Inspirations Éco

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