Maroc

CNSS : les syndicats épinglent le gouvernement

Les syndicalistes dénoncent une tutelle excessive et estiment que le conseil d’administration de la Caisse est considéré par l’Exécutif comme une chambre d’enregistrement. Les réponses du ministre du Travail et de l’insertion professionnelle.

Les syndicalistes représentés au conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) sont en colère contre le gouvernement et ils le font entendre. L’Union marocaine du Travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) ont claqué la porte de la réunion du conseil d’administration de la Caisse qui devait se tenir le 6 octobre. Seule l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), bras syndical du PJD, n’a pas suivi le mouvement. Les syndicalistes ne comptent pas, cette fois-ci, lâcher du lest. Ils dénoncent une tutelle excessive et estiment que le conseil d’administration de la Caisse est considéré par l’Exécutif comme une chambre d’enregistrement, vu que nombre de ses résolutions demeurent lettres mortes et ne sont pas respectées par le gouvernement. Ce sont principalement le ministre du Travail et de l’insertion professionnelle, Mohamed Amakraz, et le ministre de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun qui sont accusés d’être responsables du blocage. L’Union marocaine du travail, première centrale syndicale la plus représentative au Maroc, s’est d’ailleurs fendue d’un communiqué qui épingle le gouvernement pour le gel de plusieurs décisions de la plus haute importance. Même son de cloche auprès de la CDT qui tire à boulets rouges sur l’Exécutif. Même la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) ne semble pas apprécier que les résolutions du conseil d’administration de la CNSS ne soient pas mises en œuvre, car c’est une situation qui décrédibilise ledit conseil.


Les faits reprochés
Entre autres problèmes pointés du doigt, on peut citer la revalorisation des pensions de retraite de 5%, une décision qui a été prise par le conseil d’administration il y a une année, mais dont l’application, selon le gouvernement, nécessite un examen approfondi portant sur son impact sur l’équilibre financier de la Caisse. À cet égard, une étude est en cours et sera décisive pour la mise en œuvre de cette résolution. Les administrateurs issus des syndicats déplorent le retard causé par le gouvernement dans la mise en œuvre d’une résolution tant attendue par les salariés et les retraités. Les syndicalistes critiquent aussi le gel de l’amélioration de la couverture médicale qui devrait impacter directement la part restant à la charge des assurés à travers l’augmentation du taux de remboursement des dossiers maladie. Ils appellent aussi à l’arrêt de la gestion des réserves de la Caisse par la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). À cela s’ajoute, selon les partenaires sociaux, la nécessité de déterminer le sort des polycliniques relevant de la CNSS. Ce dossier, rappelons-le, sera confié à une banque d’affaires pour revoir séparément la situation desdites cliniques. Trois scénarios seraient en vue, dans ce cadre: la gestion déléguée, le partenariat public privé et la cession. Ce qui est certain, c’est que les syndicats se disent contre la privatisation de ces structures. Par ailleurs, le retard dans la révision de l’indemnité pour perte d’emploi (IPE) est aussi vertement critiqué alors qu’il est temps d’activer cette réforme en raison des répercussions négatives de la crise sanitaire sur le marché de l’emploi. Les modalités actuelles de l’IPE sont jugées trop restrictives. 

Jihane Gattioui / Les Inspirations Éco

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