Maroc

Caractérisation des sols : l’OCP table sur 20 millions ha supplémentaires d’ici 2026

La restauration des sols africains figure parmi les principales actions menées par le groupe OCP dans le continent. La Fondation OCP, OCP Africa et l’UM6P sont pleinement engagés dans un ambitieux programme de caractérisation des sols et de cartographie de leur fertilité, initié en 2014. Six ans plus tard, le projet a été conduit avec succès au Togo, Madagascar, Burkina Faso, Éthiopie, Guinée, Nigeria, Sénégal et Mali. Il est en cours au Rwanda, Ghana, Cameroun. Pour les cinq prochaines années, l’objectif du groupe est de cartographier 20 millions d’hectares supplémentaires.

Beau bilan pour le programme de caractérisation et de cartographie des sols d’OCP sur le continent ! Selon les dernières statistiques fournies par le groupe, et arrêtées à fin décembre 2020, plus de 29 millions d’hectares de sols ont été couverts par les projets de caractérisation des sols, dont plus de 27 millions d’hectares avec cartes éditées. Dans le détail, 1.192.200 d’hectares ont été traités au Togo, 173.500 ha à Madagascar, 147.900 ha au Burkina Faso, 1.200.000 ha en Guinée et 16.000 ha au Rwanda. 234.000 ha de superficie sont en cours de caractérisation au Rwanda (34.000 ha dont 16.500 ha couverts), au Ghana (100.000 ha dont 30.000 ha couverts) et au Cameroun (100.000 ha dont 70.000 ha couverts).


En cartographie numérique des sols OCP a couvert 21 millions ha au Nigeria, 1,3 million d’hectares au Sénégal, 2 millions d’hectares au Mali. Le projet de caractérisation des sols a été accompagné par une formation en cartographie des sols au profit de 121 cadres des institutions agricoles du Rwanda, Madagascar, Cameroun et Ghana. À noter que la formation est assurée par l’UM6P. En Éthiopie, l’initiative d’agrégation des petits agriculteurs de la filière TEF (une céréale endémique à l’Éthiopie) dans les régions de Amhara et Oromia a été clôturée en 2020. Le projet intégré d’agriculture communautaire a enregistré 25.500 bénéficiaires d’actions de formation dont 9.250 en 2020, 2.300 parcelles de démonstration dont 450 en 2020, également une amélioration du rendement de cette céréale endémique de 65%. Par ailleurs, de nombreuses nouvelles formules d’engrais personnalisées ont été introduites, ce qui a permis d’augmenter considérablement les rendements. «Au Rwanda, le rendement de la pomme de terre a augmenté de 23%, 24% pour le maïs au Nigeria, 37% d’augmentation du rendement du maïs en Éthiopie, ou encore 35% d’augmentation de rendement du riz au Ghana», explique-t-on auprès d’OCP.

Approche holistique
Pour soutenir les fermiers du continent dans l’amélioration de leurs rendements, il est essentiel de connaître les besoins des sols et des plantes et d’apporter les éléments nutritifs nécessaires à travers des bonnes pratiques agricoles. À ce titre, OCP donne une place importante à la gestion intégrée de la fertilité des sols, qui reste un de ses programmes phares. Ainsi, le groupe a lancé sur plusieurs pays, à travers une démarche participative aux côtés de l’écosystème agricole africain et en partenariat avec les ministères de l’Agricultures des pays hôtes, une multitude d’initiatives pour la connaissance des sols pour une agriculture résiliente. Le groupe s’efforce d’apporter une réponse spécifique aux défis de l’agriculture africaine et fournir des solutions durables aux systèmes alimentaires africains, à travers notamment la cartographie numérique des sols. L’ambition en termes de cartographie numérique des sols est d’adopter une approche holistique qui permettra de couvrir de vastes zones agroécologiques à un coût optimal et dans un horizon de temps raisonnable.

Perspectives dans 5 ans
Pour les cinq prochaines années, l’objectif est de cartographier 20 millions d’hectares supplémentaires et d’élaborer de nouvelles formules d’engrais adaptés aux besoins des agriculteurs africains. OCP s’appuie sur son vaste réseau interne de spécialistes des sols, d’agronomes et d’agro-économistes qui maintiennent un contact permanent avec les agriculteurs, les instituts de recherche, les universités, les gouvernements et les acteurs du monde des affaires afin d’avoir une compréhension profonde des besoins des agriculteurs et les aborder avec toutes les parties prenantes dans une approche inclusive. OCP s’appuie également sur son écosystème direct (UM6P, Fondation OCP) pour initier des projets de cartographie numérique des sols, incluant plusieurs décideurs clés ainsi que les principaux acteurs de la chaîne de valeur de bout en bout : organisations d’agriculteurs, dirigeants communautaires, chercheurs agricoles, gouvernements, partenaires commerciaux, organisations internationales et universités. Grâce à cette approche, le groupe OCP construit des ponts entre les différentes initiatives et renforce les capacités locales, créant ainsi un impact durable.

Projets annexes
Parallèlement, le groupe OCP s’appuie sur des plateformes industrielles locales et renforce la distribution et les installations locales de stockage pour couvrir les besoins en engrais grâce à des projets de co-industrialisation au Ghana, au Nigeria et en Éthiopie. Dans des pays comme le Nigeria et le Rwanda, OCP collabore avec des partenaires locaux pour construire des unités de mélange d’engrais. De tels projets couvriront les besoins en engrais, rendront les engrais disponibles sur le continent et créeront des emplois. «Pour nous assurer que les agriculteurs et les acteurs de la chaîne de valeurs ont les services agricoles nécessaires pour prospérer, nous avons lancé Udongo, une plateforme numérique qui vise à renforcer les capacités des agriculteurs, leur accès aux intrants, aux services, au contenu éducatif sur les bonnes pratiques agricoles, au marché et aux outils de gestion agricole. Nous croyons fermement que dans un continent aussi diversifié, l’outil numérique jouera un rôle important pour diffuser efficacement et rapidement les solutions innovantes menant à un développement durable et perspicace de l’agriculture africaine», explique-t-on auprès d’OCP Africa.

Adaptation au contexte Covid-19

Dans un contexte international inédit de pandémie Covid-19 et de confinement des populations à l’échelle mondiale, la Fondation OCP a continué à assurer la continuité de ses actions menées au profit de ses partenaires en Afrique subsaharienne, notamment en termes de formation, d’échange scientifique et d’accompagnement de ses partenaires institutionnels locaux. Ainsi, une nouvelle offre de formation à distance a été développée avec l’école d’agriculture de l’UM6P, la plateforme RestoreAfricaSoils a été lancée, 9 webinaires ont été organisés. Dans ses efforts pour promouvoir la coopération Sud-Sud, la Fondation OCP s’efforce de renforcer les échanges scientifiques avec ses partenaires institutionnels avec la vision commune d’un développement agricole durable de l’Afrique. Avec le soutien de l’UM6P, la plateforme d’échange RestoreAfricaSoils a été créée pour faciliter les échanges scientifiques, la formation et les débats entre les chercheurs du CESFRA (Centre de recherche sur les sols et fertilisants en Afrique de l’UM6P) et les chercheurs des institutions partenaires de la Fondation OCP en Afrique.

Modeste Kouamé / Les Inspirations Éco

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