Maroc

Bientôt l’ouverture des frontières au Maroc ?

Alors que les cas de contamination liés au Covid-19 sont en baisse, tout porte à croire que l’heure de l’ouverture des frontières est enfin arrivée. Pourtant ce n’est pas aussi simple que cela en a l’air.

Le 31 janvier est sans doute le rendez-vous le plus important sur l’agenda des Marocains. Et pour cause, ce jour coïncidera avec la fin de la suspension des vols de et vers le Royaume, sauf un nouvel prolongement de dernière minute de l’interdiction des voyages sur le territoire marocain. Une probabilité à ne pas exclure. «L’ouverture des frontières est importante mais demeure liée à la garantie des conditions nécessaires, à même de préserver la santé des visiteurs et des citoyens marocains», a indiqué Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger affirmant que chaque pays adopte ses propres mesures selon sa situation épidémiologique.


Une question en cours de discussion
«Le but est clair, à savoir l’ouverture des frontières, mais avec la garantie des conditions pour préserver la santé aussi bien des visiteurs que des Marocains», a insisté le ministre lors de la séance consacrée aux questions orales à la Chambre des représentants.
Bourita a fait remarquer que la question d’ouverture des frontières est actuellement en cours de discussion, relevant que «le Maroc surveille le développement de la situation épidémiologique dans les pays ayant ouvert leurs frontières et décidera de ce qui pourra être entrepris».

En dépit de l’importance de la question de l’ouverture des frontières, il est également important de continuer à surveiller le développement de la situation pandémique, a-t-il conclu. Et justement, selon les spécialistes, le danger serait désormais derrière nous. Un constat confirmé par le ministre de la Santé. Le pic des contaminations de Covid-19 a été «très probablement» atteint durant la semaine du 17 au 23 janvier, a estimé lundi le coordinateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique, Mouad Merabet.

L’ouverture des frontières, une question de survie
Selon le responsable sanitaire, «le pic des contaminations a été atteint à priori sauf surprise». Il a souligné que le variant Omicron était moins grave, mais que ceci ne signifiait pas qu’il n’était pas grave. «Au moins deux semaines difficiles nous attendent en termes de cas sévères, critiques et de mortalité », a-t-il averti. Le taux de positivité au niveau national stagne pour la deuxième semaine consécutive à 24,4%, une diminution ayant été observée dans les Régions de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Souss-Massa, a-t-il fait remarquer.

Le taux de reproduction du virus est de 0,98, alors que l’indicateur était supérieur à 1 depuis le 21 novembre 2021, soit plus de deux mois, a-t-il précisé. Le risque d’attraper la maladie est élevé, a-t-il mis en garde, appelant tout un chacun à faire attention et à porter le masque en continu, à veiller à l’hygiène des mains, à éviter les rassemblements et à respecter la distanciation sociale. D’autres spécialistes sont plus pessimistes. En effet, si les cas de contaminations sont en nette baisse après avoir frôlé les 10.000 personnes infectées par jour, les cas de décès seront probablement en hausse. Si Omicron qui représente plus de 90% des cas de covid-19 au Maroc est moins virulent que le Delta, il demeure tout de même un tueur. Si on a 1 mort sur 1.000 personnes, avec 9.000 infections par jour on va se retrouver avec probablement 9 décès, souligne un expert pour qui le nombre de décès déclarés officiellement peut différer du nombre réel de morts.

En attendant, les conséquences de la fermeture des frontières ne cessent d’accentuer les impacts de la crise sur les activités économiques du pays comme en témoignent les délais de paiement contractuels au Maroc qui restent longs, atteignant en moyenne 79 jours, selon une récente enquête de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface). L’étude révèle que les retards de paiement restent très répandus, puisque près de la moitié de son échantillon indique avoir connu un retard de paiement excédant trois mois au cours du dernier semestre, même si près de la moitié des entreprises semblent s’attendre, en 2021, à ce que les délais de paiement restent stables et plus du tiers à ce qu’ils augmentent. Récemment subventionnés de 2 milliards de DH, les opérateurs du secteur du tourisme qui adhérent parfaitement à ce constat, insistent aujourd’hui sur la nécessité de l’ouverture des frontières. Si le président de la Confédération nationale du tourisme Hamid Bentahar reconnaît dans le geste du gouvernement un effort louable, il clame aujourd’hui la nécessité d’ouvrir les frontières.

Autrement, explique-t-il, ces mesures qui sont le fruit de plusieurs réunions préalables tenues entre la ministre de tutelle, Fatim-Zahra Ammor, et la Confédération nationale du tourisme (CNT), ainsi que des concertations entre le ministère de l’Économie et des finances et le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), n’auront pas l’impact escompté sur le pays reste fermé aux touristes étrangers. La demande est là et les hôteliers ont les moyens nécessaires pour accueillir les visiteurs dans le respect des gestes barrières, indique notre interlocuteur pour qui le Maroc est l’un des rares pays au monde à encore garder ses frontières fermées aux voyageurs.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO


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